Ce chercheur-praticien du secteur minier a décroché la note de 18/20, assortie de la mention Excellente, pour ses travaux sur la régulation de l’orpaillage dans la localité de Batouri à l’Est.
C’est dans la salle coréenne de l’Institut des relations internationales (Iric) niché sur la colline d’Obili à Yaoundé, que Zakari Yaou a planché mardi 11 août 2026, sur un sujet aussi sensible que stratégique. « La régulation de l’orpaillage à Batouri et le rôle des acteurs locaux ». Face à un jury composé d’universitaires et de spécialistes des politiques publiques, le candidat a défendu avec brio un mémoire qui se situe à la croisée de l’économie, du droit, des relations internationales et du développement local.
S’appuyant sur une expérience de terrain nourrie par une double casquette de chercheur-praticien du secteur minier, Zakari Yaou a livré une analyse approfondie des défis auxquels est confrontée l’exploitation aurifère artisanale dans le département de la Kadey. Ses recherches démontrent qu’en dépit des avancées introduites par le Code minier de décembre 2023, la régulation de l’orpaillage en Afrique centrale, et particulièrement à Batouri, reste entravée par d’importantes difficultés de contrôle, de coordination et d’application des normes. La localité de Batouri qui concentre à elle seule 37,3% de la production nationale d’or, est le théâtre d’une activité minière artisanale intense, mais souvent anarchique. Le candidat a mis en lumière les failles d’un système où la loi peine à s’imposer face à la réalité du terrain.
Au-delà du constat, Zakari Yaou propose des pistes de solutions concrètes. Ses travaux mettent en évidence l’importance d’une meilleure collaboration entre les artisans miniers, les autorités administratives locales, les autorités traditionnelles et les organisations non gouvernementales. Cette synergie explique-t-il, apparaît essentielle pour améliorer la gouvernance minière, renforcer la protection de l’environnement et favoriser une exploitation aurifère plus durable. L’efficacité de la régulation conclut-il, ne dépend pas seulement de la qualité des normes, mais aussi de leur application concrète et de l’implication effective de tous les acteurs sur le terrain. Une position qui fait écho aux préoccupations exprimées ces derniers mois par les autorités, alors que le gouvernement multiplie les opérations de sécurisation des sites miniers à l’image de celle menée en juillet dernier sur le site aurifère de Kambélé.
Un parcours exemplaire
Cette double expérience de chercheur-praticien du secteur minier, a permis à Zakari Yaou de porter un regard concret sur les défis de la régulation de l’orpaillage, la protection de l’environnement, la gouvernance des ressources naturelles et la contribution du secteur minier au développement local. À travers son mémoire de Master professionnel, il a ainsi mis son expérience de terrain au service de la réflexion académique et de la recherche de solutions pour une exploitation aurifère plus responsable, organisée et bénéfique aux communautés.
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Au terme des délibérations, le jury a unanimement salué la qualité du mémoire et la prestation du candidat. Avec 18/20 et la mention Excellente, Zakari Yaou signe une entrée remarquée dans le cercle des spécialistes des politiques publiques appliquées au droit international minier et aux industries extractives. Un succès qui témoigne de la qualité de la formation dispensée à l’Iric, établissement de référence en matière de relations internationales, et de la pertinence d’une recherche ancrée dans les réalités du terrain.
Ange-Gabriel OLINGA BENG






