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Secteur minier : le Cameroun accélère sa mue industrielle et s’attaque à l’exploitation illicite

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En conférence ce 9 juin 2026 au Salon de l’action gouvernemental (Sago), le ministre par intérim des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), le professeur Fuh Calistus Gentry, a dressé un bilan d’étape capital. Entre l’entrée effective du pays dans le cercle fermé des nations minières mondiales et une reprise en main du secteur artisanal, le gouvernement camerounais affiche sa fermeté pour maximiser les recettes de l’État.

L’année 2025 restera gravée comme celle du grand basculement pour l’économie camerounaise. Pendant la conférence au Sago, qui propulsait au-devant de la scène le chef du département des mines, ce dernier a fièrement rappelé que le Cameroun a officiellement intégré le club restreint des pays miniers grâce à la mise en production de cinq projets d’envergure. Les échanges de ce mardi 9 juin 2026, ont permis d’apprendre que parmi ces joyaux industriels figurent les gisements de fer de Mbalam-Nabeba et des Mamelles de Kribi, ce dernier étant développé par le géant Sinosteel.

Le projet de bauxite de Minim-Martap a reçu une attention particulière. Ce mégaprojet se déploie actuellement à travers neuf volets stratégiques englobant la mine, le transport, le terminal minéralier et la transformation locale en alumine. Le chronogramme est désormais précis : les premiers wagons techniques sont déjà visibles, la dernière vague de matériel ferroviaire est attendue pour juillet prochain, et la toute première exportation de bauxite de l’histoire du Cameroun indépendant est projetée pour septembre prochain. Fort de cette dynamique, le gouvernement ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et annonce déjà le lancement de cinq nouveaux projets miniers d’envergure pour cette année 2026.

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Le grand ménage dans le secteur de l’or artisanal

Au-delà des grands projets industriels, le ministre a mis un point d’honneur à clarifier la stratégie nationale concernant la restructuration de l’exploitation artisanale, souvent pointée du doigt pour ses dérives. Cette réforme, qui repose sur cinq piliers fondamentaux allant du cadre législatif et environnemental aux innovations technologiques et à la collecte par semi-mécanisation, vise à générer des recettes publiques immédiates.

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Désormais, l’État impose des règles strictes pour encadrer la semi-mécanisation. Pour obtenir le feu vert gouvernemental, les entreprises doivent contractuellement garantir, de concert avec l’État, un rendement minimal de 5 kilogrammes d’or par mois pour le minerai primaire, et de 3 kilogrammes pour le minerai alluvial. Le ministre a balayé les doutes en affirmant que ces seuils de rentabilité font l’objet d’une démonstration scientifique imminente qui validera la viabilité économique de cette réorganisation.

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La justice aux trousses des exploitants illégaux à l’Est

Face au phénomène d’évaporation des ressources aurifères, notamment dans la riche région de l’Est, l’exécutif passe à l’offensive judiciaire. Fuh Calistus Gentry a révélé qu’un grand coup de pied a été donné dans la fourmilière de l’exploitation illicite. À ce jour, sur une liste noire de 200 entreprises publiées par ses services, au moins 110 sociétés font d’ores et déjà l’objet de poursuites judiciaires devant les tribunaux, et de nouvelles vagues d’assignations sont programmées dans les prochains jours.

Selon le membre du gouvernement, l’écart abyssal constaté entre l’or réellement produit sur le sol camerounais et les volumes déclarés à l’importation à l’étranger s’explique uniquement par la fraude et les fausses déclarations. Cette traque judiciaire et la réorganisation des méthodes de collecte ont un but ultime : redonner le contrôle de la ressource aux nationaux. La législation camerounaise réserve en effet un minimum de 51 % des parts aux nationaux dans toute coentreprise de semi-mécanisation.

En luttant contre l’illégalité, le ministère entend réintégrer les citoyens camerounais au cœur d’un circuit économique transparent dont ils étaient jusqu’ici exclus par les réseaux clandestins.

Line TCHAKOUNTE

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