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Succession à la chefferie de Nkokoé : le jeu trouble du préfet du Mbam-et-Inoubou

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Dans le canton Nkokoé, le pouvoir s’est toujours transmis de père en fils. Aujourd’hui, le préfet Jean Lazare Ndongo Ndongo veut ramer à contre-courant. Il organise une élection en lieu et place d’une désignation comme le veut la coutume dans cette chefferie de 2ème degré de l’arrondissement de Kiiki dans le département du Mbam-et-Inoubou. La population ne décolère pas.

Selon un recours gracieux adressé au préfet et transmis au ministère de l’Administration territoriale ainsi qu’au gouverneur de la région du Centre, les populations du canton Nkokoé dénoncent une « violation du principe de légalité administrative » et une « erreur de qualification juridique » de la chefferie.

Les auteurs du recours rappellent que la chefferie du canton Nkokoé (situé dans l’arrondissement de Kiiki dans le département du Mbam-et-Inoubou) a été instituée en 1952 autour de la lignée de feu Bidias A Ngon, reconnu comme premier chef de ce canton après intronisation traditionnelle. Depuis lors, soutiennent-ils, le pouvoir se transmet exclusivement au sein de cette famille selon des règles coutumières bien établies. Le document retrace ainsi la succession de Bidias A Ngon à son fils Ngon A Bidias, puis à Abah A Bidias avant que Me Bitang A Ngon ne soit désigné comme héritier légitime de la chefferie.

Lire aussi :Succession à la chefferie Bangou : des chefs traditionnels condamnent l’imposture de certaines élites  

Pour les requérants, cette désignation coutumière ne devrait pas faire l’objet d’une compétition élective, mais simplement d’une confirmation administrative conformément au décret n°77/245 du 15 juillet 1977 portant organisation des chefferies traditionnelles au Cameroun. « L’administration ne peut transformer une succession lignagère stabilisée en processus électif concurrentiel », soutiennent-ils.

Au-delà de l’aspect juridique, les populations évoquent un risque réel de tensions sociales si la procédure actuelle est maintenue. Elles dénoncent notamment le projet de délocalisation des consultations à Kiiki, loin du siège traditionnel du canton Nkokoé. Dans leur correspondance, les requérants mettent en garde contre « des incompréhensions profondes au sein des populations riveraines » et « un risque sérieux de trouble à l’ordre public administratif et coutumier ».

Le recours évoque également l’existence de pressions exercées par « certaines élites locales animées par des ambitions personnelles autour de cette chefferie ». Le précédent préfet est d’ailleurs présenté comme celui ayant refusé de céder à ces influences afin de préserver la paix sociale et les équilibres traditionnels. Cette situation alimente désormais un profond malaise dans le canton, où plusieurs habitants redoutent une instrumentalisation politique et administrative des institutions coutumières.

Face à ce qu’elles considèrent comme une tentative de remise en cause des règles ancestrales de succession, les populations du canton Nkokoé sollicitent l’intervention du président de la République afin de « protéger les chefferies traditionnelles prises en otage par certains hauts commis de l’État ».

Les requérants demandent notamment : la suspension immédiate de la procédure actuelle ; la reconnaissance de la désignation coutumière de Me Bitang A Ngon ; la requalification juridique de la chefferie comme chefferie lignagère existante ; le respect du siège traditionnel de Nkokoé pour toute consultation.

Blanchard BIHEL

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