L’association Artisan au Féminin a organisé du 16 au 28 mars 2026 une série de formations artisanales gratuites dans le Littoral, à destination d’une centaine de femmes issues de réseaux communautaires et de populations autochtones. Au programme, fabrication d’objets en bois et en carton pour favoriser l’insertion économique. Faute de financements, l’organisation lance un appel aux partenaires afin de pérenniser ses actions.
Destinées principalement aux femmes issues d’organisations communautaires, de centres de formation et de communautés autochtones, ces sessions du 16 au 28 mars 2026, se sont tenues sur plusieurs sites à Douala et à Malimba-Océan. L’objectif affiché par l’association est de renforcer les compétences artisanales des participantes et de favoriser leur insertion économique.
Le programme a été structuré en modules intensifs de deux jours consécutifs, de 9h30 à 14h30. La première session a eu lieu les 16 et 17 mars au Temple de Saker, avec des femmes issues de l’Union des Femmes du Cameroun (UFC). Du 17 au 21 mars, les formations se sont poursuivies au Centre de Promotion de la Femme et de la Famille (CPFF) de Bonamoussadi, réunissant successivement des membres du Mouvement pour l’Unité et la Promotion des Associations de la femme (MUPAC), de l’association ALYNEB ainsi que des participantes mobilisées par le réseau F2L.
Ces 27 et 28 mars, une dernière session est organisée à Malimba-Océan à l’intention des populations autochtones. L’ensemble des formations a rassemblé une centaine de participantes, incluant également des femmes retraitées.
Lire aussi :Entreprenariat féminin : le combat de Marcelline Zogo
Les ateliers ont porté sur trois modules pratiques. Le premier a initié les participantes à la fabrication de planches à découper en bois, couvrant les étapes du tracé, du chantournage et des finitions. Le deuxième module était consacré au montage de bijoux à partir de pièces de bois, permettant d’exploiter des chutes de matériaux et d’aborder la dimension esthétique de l’artisanat. Le troisième module a porté sur la fabrication de porte-bijoux en carton, un matériau accessible et peu coûteux.
Selon les responsables de l’association, ces choix visent à proposer des compétences immédiatement exploitables pour la création de petites activités génératrices de revenus. Les objets fabriqués relèvent de l’usage courant ou de la décoration, deux segments présents sur les marchés locaux.
Une formation établie depuis plus de dix ans
Créée à Yaoundé, Artisan au Féminin développe depuis 2014 un centre de formation dédié aux métiers du bois et de l’artisanat. L’association propose des parcours techniques dans des filières telles que la sculpture, l’ébénisterie, la tapisserie d’ameublement, la marqueterie ou la vannerie. Ces formations sont complétées par des modules de gestion d’entreprise, des stages en milieu professionnel et un accompagnement à l’installation des apprenants.
Ses actions ciblent prioritairement les femmes, les jeunes filles, les personnes handicapées et les populations autochtones. L’association organise par ailleurs des événements de valorisation, notamment le Salon du Bois et du Mobilier, et édite depuis 2017 un journal intitulé La Tribune de l’artisan.
Un appel à des soutiens financiers
Malgré la participation de plusieurs structures partenaires (UFC, MUPAC, ALYNEB, CPFF, F2L et les communautés de Malimba), qui ont mis à disposition gracieusement des espaces à Bonamunduru (Deido) et Bonamoussadi, l’association indique manquer de financements pour poursuivre et étendre ses programmes. Une présentation officielle des travaux réalisés a eu lieu le 25 mars au siège de la Région du Littoral, en présence des partenaires institutionnels. À cette occasion, Artisan au Féminin a renouvelé son appel aux entreprises, mécènes et institutions pour soutenir ses actions de formation et d’insertion.
Les responsables de l’association espèrent que la restitution officielle du 25 mars, associée à la visibilité offerte par ces ateliers, permettra de mobiliser les soutiens nécessaires à la pérennisation du programme. En attendant, les participantes repartent avec des compétences concrètes, susceptibles d’alimenter des activités génératrices de revenus au sein de leurs communautés.
Cheikh Malcolm EPANDA






