Le lancement des 10ᵉ Journées Camerounaises de Santé Numérique a scellé, ce 7 mai à Yaoundé, une alliance stratégique entre la recherche scientifique et l’action publique. En présence du représentant du Ministre de la Santé publique, le Pr Georges Wylfred Bediang a réaffirmé le rôle de la Société Camerounaise de Santé Numérique (Socasan) comme moteur d’optimisation des ressources sanitaires.
« La fracture numérique devient une réalité douloureuse pour des millions de personnes qui n’ont pas accès au numérique. » Cette déclaration, aussi brutale que lucide, a été martelée par le Professeur Georges Wylfred Bediang, éminent spécialiste de la santé publique et de l’informatique médicale, président de la Société Camerounaise de Santé Numérique (Socasan). C’était ce 7 mai 2026, à Yaoundé à l’occasion de l’ouverture solennelle des 10ᵉ Journées Camerounaises de Santé Numérique. En effet, sous le thème résolument ambitieux « Santé numérique et mise en œuvre de la couverture santé universelle : expériences, défis, opportunités et perspectives au Cameroun », cet événement scientifique d’envergure majeure, organisé conjointement avec la Société Camerounaise d’Informatique Médicale (Socim) et en étroite collaboration avec les départements ministériels en charge de la santé publique, des TIC et de l’enseignement supérieur, rassemble des experts venus de tout le Cameroun, d’Afrique et du monde entier. Le Pr Bediang a tenu à saluer chaleureusement ces délégations internationales : « Votre présence parmi nous est un honneur et témoigne de l’intérêt que vous portez à l’avenir prometteur de la santé numérique dans notre pays. »
Pourtant, le constat dressé par le président de la Socasan reste alarmant et sans concession. Dans les pays aux ressources limitées comme le Cameroun, les défis sont colossaux. Effectifs pléthoriques, infrastructures sanitaires vétustes et insuffisantes, personnel qualifié hélas limité, tous ces facteurs réduisent considérablement l’accès à des soins de qualité irréprochable. Mais le Pr Bediang refuse le défaitisme et rappelle avec force l’idéal sacré de la couverture santé universelle : « Cet idéal auquel nous sommes collectivement attachés reste une promesse que nous devons conquérir avec détermination, intelligence et solidarité. » Il a ensuite rappelé avec une éloquence saisissante l’engagement fondamental de la CSU : que chaque Camerounaise et chaque Camerounais, où qu’il vive, dans un village reculé de l’Atlantique, de l’Est ou du Nord-Ouest, qu’il soit riche ou pauvre, jeune ou âgé, puisse accéder sans risque financier aux soins dont il a besoin.
Ainsi, la santé numérique apparaît comme une solution puissante et incontournable. Le Pr Bediang l’a réaffirmé avec une conviction contagieuse : « La santé numérique, sans être une fin en soi, est connue et reconnue comme un outil puissant, un catalyseur, une opportunité historique de réduire les distances, d’optimiser les ressources, de renforcer la qualité des soins et de protéger les plus vulnérables. » Il a néanmoins ajouté une mise en garde essentielle, appelant à une prudence éclairée : « Encore faut-il savoir la déployer avec rigueur, sécurité, sûreté et éthique, avec une vision claire et des objectifs précis. » Ce choix thématique audacieux s’inscrit parfaitement dans l’actualité nationale et internationale. Le Pr Bediang a rappelé qu’en 2018, l’Assemblée mondiale de la santé a adopté la résolution WHA 71.7 sur la santé numérique, reconnaissant ainsi le rôle essentiel des technologies numériques pour renforcer les systèmes de santé, améliorer l’accès, la qualité et l’équité des services, et soutenir la concrétisation des objectifs de développement durable.
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Par ailleurs, le Cameroun est résolument en marche. Le gouvernement, sous le leadership engagé du ministère de la Santé publique, vient d’adopter le nouveau Plan stratégique national de santé numérique 2026‑2030. Ce plan ambitieux vise à transformer en profondeur notre système de santé grâce au numérique, afin d’améliorer l’accès équitable et inclusif aux soins, tout en renforçant la prévention sanitaire. L’Inspecteur Général des Services Administratifs Boukar Oumate, représentant personnel et dignement mandaté du ministre de la Santé publique, a tenu à rassurer l’assistance : « Je remercie les autorités camerounaises pour leur soutien constant, qui témoigne de la confiance placée dans nos capacités collectives à faire avancer la cause de la santé numérique dans notre pays. » Puis, dans un élan de gratitude et de solennité, il a ajouté : « En réitérant ma profonde gratitude à Monsieur le Ministre de la Santé publique, qui a bien voulu se faire représenter par le Directeur général des services sanitaires, je souhaite à tous les participants des échanges fructueux, porteurs de collaboration et d’engagement. »
Pendant trois jours intenses, experts et décideurs vont donc plancher sur des activités nombreuses et variées. Conférences plénières, sessions de dialogue institutionnel, panels d’experts, panels techniques de retour d’expérience, ateliers immersifs, communications orales captivantes et démonstrations pratiques se succéderont. Une assemblée générale est également prévue. Le Pr Bediang a lancé un appel vibrant et solennel à tous les acteurs présents, décideurs politiques, gestionnaires, professionnels de santé, informaticiens, financiers, secteurs public et privé, société civile : « Leur aide, leur engagement, leur coordination et leur action sont indispensables. » Il a conclu sur une note d’espoir déterminée : « Ces journées ne sont pas une simple rencontre scientifique de plus. Elles ont vocation à produire des résultats concrets, des recommandations actionnables, des collaborations durables, des financements mobilisés et des décisions éclairées. » La transformation sanitaire du Cameroun est en marche, résolue et numérique.
D.N.






