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Attractivité du tissu économique camerounais : PME, innovez ou mourez !

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Les capitaines d’industries et autres patrons d’entreprises ont pris part à la grande table ronde d’Afriland First Bank, autour de l’innovation et des valeurs immatérielles. Cette conférence présidée par le ministre des PME, s’est déroulée ce mercredi 17 juin 2026 dans le cadre du Forum économique Promote 2026.

« La PME à l’ère de l’économie de la connaissance ». Cette thématique très épurée a montré toute sa complexité et ses tentacules à travers les échanges des panélistes de haut-vol choisis pour l’occasion. Le modérateur, l’entrepreneur Me Jonathan Nyemb, pouvait déjà à lui tout seul faire l’affaire. Mais Afriland First Bank qui a organisé ce débat au Forum économique de Promote 2026 (Forep), a élargi le spectre. Autour de la table ce mercredi 17 juin 2026 au Palais des Congrès à Yaoundé, le Président-Directeur Général de l’entreprise de travaux publics Routd’Af, André Siaka ; l’Universitaire et économiste, Prof Désiré Avom ; le PDG de DOVV, Philippe Tagne Noubissi ; le Directeur général de Maviance, Dr Kwenty Azong-Wara.

 D’entrée de jeu, Richard Chendjou d’Afriland First Bank a planté le décor. « L’économie de la connaissance est un modèle économique dans lequel les activités reposent principalement sur l’exploitation des matières premières. Selon OCDE, des valeurs créées aujourd’hui, l’immatériel constitue 71%. Seulement 29% de valeurs matérielles. » Les valeurs immatérielles sont constituées de l’intelligence, la marque, la technologie, les brevets, l’innovation constante entre autres. « Les économies considérées aujourd’hui comme développées ont le plus fort taux de brevets. Exploiter l’intelligence immatérielle autour de ses activités, c’est comprendre les besoins du marché, la communication, la publicité et l’intelligence économique », a-t-il poursuivi.

Innovation, formation et l’immatériel sont les trois leviers à développer par les PME, pour leur croissance et leur survie dans le monde concurrentiel. Mais le constat, comme le révèle Me Jonathan Nyemb, c’est que seul 12% de nos Pme ont accès à l’innovation. Le Professeur Désiré Avom est catégorique : « Aucune économie au monde ne peut se développer sans innover.  Ailleurs, ce sont les Camerounais qui innovent mais ici au Cameroun, ils n’ont pas cette possibilité. L’innovation ce n’est pas surtout en entreprise qu’elle doit se faire, elle doit commencer à l’université, à travers des thèses développées par les étudiants pour fournir les pistes de solutions ». Le Président André Siaka émet quelques réserves : « L’innovation n’est pas seulement la création des brevets, c’est aussi la création de la valeur à travers l’innovation technologique. C’est un process dans lequel on ne peut pas éliminer les entreprises ».

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Invité à partager son expérience dans le domaine de l’investissement immatériel, le Directeur général de Maviance, Dr Kwenty avoue : « Nous nous sommes installés au Cameroun en 2012, c’est-à-dire très tôt. Nous étions donc incompris des Camerounais, même des banques. Il a fallu du le temps et nous avons quand même pu démocratiser les paiements électroniques des factures. Notre activité profondément immatérielle a été très difficile, nous avons été très patients. C’est surtout avec le covid 19 que les gens se sont véritablement lancés dans les paiements électroniques, et ont compris notre activité. »

Le pilier formation a aimanté les interactions. En 2021, 3 travailleurs sur 4 se sont formés sur le tas. Est-ce à dire que la formation est le parent pauvre en matière d’innovation ? A cette préoccupation du modérateur Me Jonathan Nyemb, le PDG de DOVV ponctue : « Nos enfants ne sont plus formés ils sont déformés. Il faut vraiment insister sur la formation, parce que c’est le parent pauvre de l’innovation. Ce sont les jeunes qui portent l’innovation. DOVV a bâti une entreprise qui doit beaucoup innover pourtant ce n’est pas encore le cas, parce que la formation n’est pas bien faite. Tout le monde aujourd’hui ne parle que de l’IA mais notre système éducatif d’aujourd’hui n’est pas arrimé. L’école d’aujourd’hui forme les chômeurs. On devrait déjà fait les états généraux de notre éducation au Cameroun. Ce système empêche les gens de s’exprimer, il vend plutôt les diplômes. Du coup à DOVV, nous reformons nos travailleurs afin qu’ils atteignent le niveau des autres. On annonce 800millions de pertes d’emplois d’ici 10 ans dans le monde. Est-ce que nous allons suivre le rythme, si nous continuons à les mettre à l’école d’aujourd’hui ? Nous devons fabriquer l’homme que nous voulons pour le Cameroun de demain. »

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A cette prise de parole fortement applaudie par l’assistance, André Siaka a souhaité pour le Cameroun, « un système éducatif où peu importe l’établissement, quand on en sort, on sait absolument faire quelque chose. Ça peut être des chanteurs, des peintres…, des gens qui savent faire quelque chose et qui n’attendent pas forcément d’être employés ».

Le Professeur Désiré Avom a encouragé les chefs d’entreprise à « prendre leurs responsabilités en prenant le défi d’accentuer le volet formation dans leurs entreprises ». Autre piste retenue, l’impérieuse tenue des Etats généraux de l’emploi au Cameroun.

Cette table ronde qui a réuni les capitaines d’industrie, était d’une grande importance. Le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Economie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekim a tenu à « remercier Afriland First Bank pour la thématique consacrée à la PME à l’ère de l’économie de la connaissance. L’étude qui a été conduite par un cabinet sur requête du ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du Territoire confirme que 76% des emplois formels au Cameroun, les biens sont le fait des petites et moyennes entreprises. 36% De notre PIB est également le fait des PME. La moyenne en Afrique au sud du Sahara, quand on prend le cas au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Kenya, nous sommes sensiblement à 32 et 24 de PIB ». Les PME portent le tissu économique camerounais, d’où l’importance pour elles d’innover pour devenir de plus en plus compétitives. Cette conférence suivie avec grand intérêt par les entrepreneurs est énième action d’Afriland First Bank, engagée depuis 40 ans déjà au côté des entreprises.

Valgadine TONGA

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