Spectacle : explosif Julien Pestre !

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Le musicien-chanteur de nationalité française a fait grande sensation au cours de son spectacle en hommage à la musique  camerounaise, le samedi 18 mai à l’Ifc de Douala.

Complet ! Annonce l’affiche sur la page Facebook et  le site internet de l’Institut Français du Cameroun de Douala. Plus de places disponibles depuis 17 h. Quelques retardataires essaient de forcer la main aux organisateurs pour obtenir des tickets, sans succès. Ils se rendront compte de l’impossibilité lorsqu’autour de 20 heures les portes se referment devant eux. Julien Pestre est sur scène.

L’artiste, accompagné de musiciens camerounais (Darry kuika à la guitare basse, Castro Epanya à la batterie, Samy Mahop au clavier) bien connus déroule son répertoire de la soirée. Avec « Douala Sérénade », titre à succès de Manu Dibango en intro, habillé des voix de choristes (Kamille et Fifi Priso), il donne le ton de la soirée. On comprend. Pour un hommage rendu à la musique camerounaise, la révérence est faite d’abord  au plus grand. Jusque là aucun émoi. Julien est dans son élément qu’on lui connaît auprès de la diva Charlotte Dipanda, la guitare. Un clin d’œil est fait à Toto Guillaume à travers sa chanson «Bola mba maléa». Circonstance oblige, un hommage est rendu  à l’artiste  Axel Muna décédé, il y a une semaine, à travers son titre « Juventus ». C’est la stupéfaction générale. Le guitariste et auteur-compositeur français est d’une précision et dextérité qui surprend, que ce soit pour les paroles des chansons, que pour le jeu de guitare. L’artiste ne tergiverse pas. Beaucoup sont émerveillés, voire quasi baba face à la maîtrise par ce « Blanc »  de notre substrat culturel.

Julien Pestre fait Un Tour au Mboa. Concert au Cameroun

Julien Pestre fait “Un tour au Mboa”

Quelques classiques camerounais sont ainsi revisités avec beaucoup de rigueur dans presque tous les rythmes du pays. Bikutsi, Makossa, Assiko, Benskin, bottle dance,  et bien d’autres. Une diversité et une richesse que l’artiste loue avec un peu d’ironie pendant son spectacle. «Facebook nous ment. Les Camerounais s’aiment. Ils dansent indifféremment le Bikutsi, le Makossa, le Benskin,… »

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Après le tour musical des régions, Julien interprète  les deux titres de son nouveau single  « Basangwedi » un Makossa langoureux et « Me Nti Mayega », un Assiko ancestral respectivement en langue duala et bassa. Une manière pour cet artiste de présenter son opus au public et de montrer que son apprentissage et son imprégnation aux rythmes musicaux camerounais ont été bien assimilés.  Il clôture avec « Oh Koh », toujours un autre titre de l’icône Manu Dibango. Il est rejoint sur scène par Kaïssa Pakito,  artiste musicien, par ailleurs, ancien sans visas de Petits Pays, reconnu comme un des plus grands interprètes de Makossa sur la scène musicale nationale. Il met un peu de son piment dans la sauce de Julien. Le cocktail est plus que délicieux.

Un véritable régal pour les spectateurs qui se sont déplacés massivement pour ce voyage à travers les rythmes du pays. « Un  Tour au Mboa » comme l’indique le concept du spectacle a été un show en réplique à celui donné au mois d’avril dernier en hommage à la musique française sur cette même scène par des artistes camerounais. Une prestation, très loin des attentes, perçue comme une gifle à l’endroit de celle de la partie camerounaise. De surcroît, un très grand succès de Julien Pestre pour son tout premier spectacle solo en terre camerounaise.

Félix EPEE

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