Joseph Sonkoue : «Les véritables difficultés au Cameroun, c’est d’abord l’information»

0

Opérateur économique camerounais résident en Allemagne et président de l’Ong Afriboom (spécialisée dans les voyages d’affaires du Cameroun vers l’Allemagne), il apprécie le Centre de développement de la PME créé par le Gicam le 17 avril 2018.

Comment accueillez-vous le Centre de développement de la PME du Gicam ?

C’est la présentation du projet aujourd’hui. Quelqu’un de la diaspora se rend compte qu’il a désormais une porte d’entrée spécialisée pour l’accueillir pour des besoins d’investissement, d’orientation, de soutien, d’accompagnement, etc.  Je ne suis pas dans le plein et dans le fond du sujet pour pouvoir déjà donné des détails concrets, mais j’ai personnellement été bien accueilli ici au Gicam. Je me sens franchement concerné par ce centre, je me rends compte que les instances qui dirigent le Gicam me donnent déjà des canalisations. On prévoit déjà des réunions précises pour discuter sur les possibilités de coopération. On verra comment l’expertise d’Afriboom ou les relations peuvent être engagées. Je vois les choses très positives et de manière optimiste. Et pour une initiative comme celle-ci, il faut voir comment soutenir, accompagner, apporter sa plus-value pour pouvoir la rendre opérationnelle. Donc c’est dans cette optique qu’Afriboom serait de forte utilité.

Opérateur économique camerounais résident en Allemagne et président de l’Ong Afriboom (spécialisée dans les voyages d’affaires du Cameroun vers l’Allemagne), il apprécie le Centre de développement de la PME

Joseph Sonkoue.

En tant que Camerounais de la diaspora, quelles sont les difficultés que vous rencontrez généralement ici au pays ?

Les véritables difficultés sur le territoire, c’est d’abord l’information. On ne vous dit pas exactement ce qu’il faut faire, à quel moment et pourquoi. Et parfois vous avez l’impression qu’on ne vous a pas donné la bonne information pour après venir vous faire croire que vous avez la bonne info. Donc il y a d’abord une question de base de travail. On commence par où ? Quelles sont les incitations à l’investissement concret ? Qui sait vraiment de quoi il est question ? Et c’est pour qui ? Voilà des questions auxquelles il faut répondre.

Quand je discute par exemple avec un opérateur économique qui se lance dans l’agriculture, qui produit du maïs, du manioc, qui essaie de discuter avec le gouvernement, qui reçoit même déjà des subventions, on lui promet 60 millions, mais on lui donne 3 millions. On lui demande de rechanger la forme de son institution qui était déjà une S.A. Vous voyez donc que c’est un chaos qui ne peut pas faire avancer. Il faut déjà travailler ça. Il faut savoir organiser et structurer et que le gouvernement et le secteur privé, tel que nous le vivons ici au Gicam, puissent vraiment poser une base assez claire, qui permette à quelqu’un qui s’engage de se fier à une institution qui l’aide vraiment de bout à bout et c’est avec ça que l’initiative privée va décoller, ainsi que les startups et les débutants. La structuration, c’est aussi l’équipement. Quel équipement pour quel besoin ? C’est ça l’apport de l’Allemagne ici. C’est où nous pouvons, de manière précise, apporter un soutien technique et parce que tous les financements du monde, toutes les institutions, toutes les recommandations et conseils ne vont rien apporter si on ne maitrise pas les équipements, si les équipements n’apportent pas leurs rendements, si les personnes ne sont pas compétentes, ne sont pas avérées, n’ont pas les expériences nécessaires et ne sont pas régulièrement entrainées pour pratiquement renforcer leurs capacités. C’est quand les machines fonctionnent qu’elles produisent des produits, qu’elles occupent des personnes, qu’on peut payer des salaires, qu’on peut vendre des marchandises, qu’on peut rentrer dans les investissements. C’est ça ma proposition ferme et précise. A coté de ça, il y a la sensibilisation de la diaspora, et les réseaux d’entreprises germano-camerounaises d’Afriboom. Nous apportons cette connotation spécifique liée aux équipements parce que c’est ça que j’ai vu en Allemagne, c’est ça qui offre des jobs, qui crée les emplois, qui renforce et qui crée de la richesse.

Cela signifie-t-il que le Gicam a vu juste en créant ce centre ?

Je dirai qu’il devait être créé depuis hier, si je parle allemand. Vaut mieux plus tard que jamais et nous y sommes déjà. Je crois que le Gicam va maintenant rassurer dans la mise en opération de cette grande aventure. On a quand même des formations professionnelles, on a des établissements chez nous. C’est le pragmatisme, c’est l’approche de l’entrepreneuriat, c’est-à-dire solutionner les problèmes de l’entreprise qui vont faire la différence parce que le Gicam regroupe des entreprises et ces entreprises ont besoin des solutions concrètes liées à leurs besoins immédiats. Il serait important de calquer et de répondre à ces aspirations du tic au tac, pour parler comme tout bon Camerounais, et c’est là dessus que nous allons mesurer les performances du Gicam.

Propos recueillis par Didier NDENGUE

Share.

About Author

Laisser un commentaire

  • SANTE

    Près d’une vingtaine d’instituts hospitaliers publics ont déjà bénéficié de dons d’entreprises françaises basées sur le territoire camerounais. Président des Ccef, Pascal Louchelart souligne : «Cette action est annonciatrice d’une série d’autres qui seront menées par le réseau des Conseillers du Commerce Extérieur de la France au Cameroun. Nous travaillons pour doter davantage le personnel de santé d’équipements...(Cliquez sur le lien pour lire la suite)
    Sortez couverts ! Portez un masque ; protégeons-nous et protégeons les autres ! Ces messages de sensibilisation ont plus que jamais tout leur sens en ces jours où la menace du Coronavirus fait frémir au Cameroun. Les statistiques donnent froid au dos et sonnent comme une course vers un record en termes de contamination. Les derniers chiffres font état de 112 cas, 14 guéris et 3 décès enregistrés hier, vendredi 22 mai 2020...(Cliquez sur le lien pour lire la suite)
    Il s’est fait connaître, vers les années 1995, à l’échelle nationale et internationale avec ses remèdes notamment contre le Vih Sida, à base de plantes. Le Camerounais Dr Richard Fru présente aujourd’hui une gamme de produits pour barrer la voie au covid-19.
    Malgré l’indifférence du gouvernement camerounais, l’expert de la médecine orthomoléculaire soigne depuis des mois, les malades du Covid-19. Aujourd’hui, il présente une solution buvable à base de plantes naturelles, pour prévenir et soigner les patients du Covid-19. «Ces deux nouveaux produits destinés au grand public permettent de créer une immunité collective acquise et rompre définitivement la chaîne de transmission du Covid-19»...(Cliquez sur le lien pour lire la suite)
    L'Unicef répond à l'appel du premier magistrat de la ville de Douala, Roger Mbassa Ndine, qui a mis sur pied une stratégie de riposte. La cérémonie de remise de ce don par l'Unicef s'est tenue  le 24 avril dernier à Bonaberi à l'esplanade de la sous-préfecture. Constitué de 70 cubitainers de  1000 litres chacun, des chasubles pour les équipes qui descendront sur le terrain
  • DIPLOMATIE

    Sommet Afrique-France 2020 : Stéphanie Rivoal séjourne au Cameroun
    La Secrétaire générale Stéphanie Rivoal veut notamment se rassurer de la participation conséquente des entrepreneurs camerounais au Sommet Afrique-France 2020 qui se tiendra à Bordeaux. Stéphanie Rivoal a rencontré ce lundi 2 mars 2020, le ministre de l'Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, pour s'enquérir du contenu technique de la participation...(Cliquez sur le lien pour lire la suite)

    La Secrétaire générale Stéphanie Rivoal veut notamment se rassurer de la participation conséquente des entrepreneurs camerounais au Sommet Afrique-Fran...

    Read More
    Droit financier communautaire : la Cemac vulgarise les mécanismes
    Séminaire de vulgarisation du droit financier Communautaire et de sensibilisation sur les procédures de la Cour des Comptes de la Cemac. C’est autour de ces travaux de trois jours que les premiers responsables des institutions, organes et institutions spécialisées, et acteurs financiers de la zone Cemac (Communauté des économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale) s’affairent depuis le 3 décembre courant. Le centre des conférences de Sipopo de Malabo en Guinée Équatoriale accueille l’évènement. Il est question de former les acteurs impliqués dans la gestion des ressources mises à la disposition des institutions de la sous-région. Comme l’a expliqué dans son discours inaugural Juan Carlos Owono Ela Mangue,Les travaux de Malabo en Guinée Équatoriale ont débuté le 3 décembre 2019.

    Séminaire de vulgarisation du droit financier Communautaire...

    Read More
    Affaire Nexttel : le Vice-premier Ministre vietnamien en route pour le Cameroun
    Dans une récente parution, La Voix Du Koat informait le public de la visite officielle au Cameroun, du 1er au 3 novembre 2019, du Vice-premier Ministre vietnamien. Vuong Dinh Hue sera à la tête d’une délégation de neuf personnes. Au menu de ce voyage diplomatique, deux questions : la coopération bilatérale et les décisions liées au règlement des différends dans l'entreprise commune NexttelDans une récente parution, La Voix Du Koat informait les lecteurs de la visite officielle au Cameroun, du 1er au 3 novembre 2019, du Vice-premier Ministre vietnamien. Vuong Dinh Hue sera ...
    Read More
    Grand dialogue national : la France et la Francophonie encouragent la «libre expression»
    Elles se sont prononcées ce jeudi 12 septembre 2019 sur l’actualité majeure au Cameroun. À travers un tweet, la France laisse entendre qu’elle est attachée au « dialogue et à ...
    Read More
    Revendications anticoloniales : Martin Dibobe célébré en Allemagne
    Premier Noir conducteur de train dans les années 1900 à Berlin, ce Camerounais d’origine et militant anticolonialiste a été honoré le 22 juillet 2019 par le gouvernement du Land avec une deuxième plaque au centre administratif de Berlin. Le gouvernement du Land de Berlin et de la ville de Berlin, capitale de la République fédérale d’Allemagne, a pris la résolution de retirer des noms de rues célébrant d’anciens esclavagistes et colonisateurs pour les remplacer par des noms d’anciens défenseurs des libertés fondamentales, des activistes de l’égalité des droits et des militants ou résistants anticolonialistes. Un acte que le professeur Kum’à Ndoumbè III considère comme une victoire suite à plusieurs années de luttes et d’injustices subites par les peuples colonisés d’AfriquePremier Noir conducteur de train dans les années 1900 à Berlin, ce Camerounais  d’origine et militant anticolonialiste a été honoré le 22 juillet 2019 par le gouvernement du Land avec une ...
    Read More