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Zora Snake : «Je suis danseur mais je ne suis pas reconnu par le Minac».

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Danseur, chorégraphe, Zora Snake est le Directeur artistique du Festival de mouvements, danses et performances (Modaperf). Qui se déroule du 12 au 22 novembre 2020 à Douala, Dschang et Yaoundé. Dans cette interview accordée à La Voix Du Koat, Zora Snake parle de son art, ses péripéties, son évolution et de l’événement en cours.

Danseur, chorégraphe, Zora Snake est le Directeur artistique du Festival international de mouvements, danses et performances (Modaperf). Qui se déroule du 12 au 22 novembre 2020 à Douala, Dschang et Yaoundé. Dans cette interview accordée à La Voix Du Koat, Zora Snake parle de son art, ses péripéties, son évolution et de l’événement en cours.

 

LVDK : «Vaincre la peur et tenir le présent» est le thème de la 4ème édition du Festival International de danse Modaperf. Que voulez-vous transmettre comme message ?

Évidemment, nous voulons transmettre le message de la peur et la terreur  qui gangrènent actuellement le monde. Ça fait peur et ça crée une tension au sein de nos populations pour l’avenir. Nous invitons à travers cette thématique les populations du monde entier, pas seulement camerounaises à vaincre cette peur, qui ne sera ni la première ni la dernière,  la dominer et passer à autre chose de plus positif.

LVDK : Comment peut-on transmettre ce message par la danse ?

Justement, c’est à travers les programmations et les performances qui posent un regard sur la situation actuelle du monde et par rapport à ce qu’on voit par exemple dans le NoSo au Cameroun. Ces performances ont pour but premier de prôner la paix au Cameroun et dans le monde.

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LVDK : Dans l’imagerie populaire, la danse n’est pas considérée comme un art mais plutôt comme un divertissement ou un défoulement. Que font les professionnels comme vous pour changer cette perception ?

C’est la responsabilité de chaque danseur de changer cette image.C’est à nous, dans l’orientation de notre pensée artistique d’amener le public de voir les choses différemment.Vous pouvez le constater dans notre programmation, nous n’avons parlé nulle part de divertissement et d’animation mais plutôt des créations, cadre de réflexion, pensée évolutive, développement social, éducation et sensibilisation.

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LVDK : Modaperf est déjà à sa 4ème édition. Avez-vous l’impression jusqu’ici que la situation du danseur a évolué ?

Oui. Je le pense. Au regard de l’ouverture à l’international que ce Festival a donné à certains de nos artistes locaux, c’est quand même une évolution. Certes, il y a encore du travail à faire. Les choses restent encore difficiles. Il faut juste tenir et batailler encore dur. Pouvez-vous imaginer que moi-même en tant que danseur, je ne suis pas reconnu par le ministère des Arts et de la Culture du Cameroun ?  La preuve, il n’est pas partenaire du Modaperf, pourtant, c’est un Festival international reconnu à l’extérieur.

LVDK : Malgré la pandémie du covid19, avec ce que cela a entrainé comme difficultés financières, vous parvenez  à tenir l’événement dans trois villes différentes. Comment avez-vous pu réunir les fonds nécessaires pour l’organisation de ce festival?

Nous avons  notre partenaire, l’Institut français du Cameroun qui nous soutient depuis le début avec son espace, sa logistique et sa technique suivis d’un strict nécessaire pour que l’évènement se déroule dans la ville de Douala. Nous avons aussi nos partenaires et amis étrangers grâce auxquels nous avons pu réunir une somme de 4000€, environ 2 620 000 FCFA, qui nous ont permis de pouvoir organiser l’événement à Dschang et Yaoundé.

LVDK : Dans la plupart des festivals de danses, c’est la danse contemporaine qui est très souvent mise en avant. Dans votre programmation, avez-vous une place réservée aux danses patrimoniales?

Effectivement. Chaque année, nous programmons des compagnies traditionnelles. Et j’ai toujours exigé en ouverture qu’il y ait une complémentarité entre tradition et hip-hop. Car, c’est à partir de cette interdisciplinarité que nous montrons ce que le Cameroun a comme richesse. C’est pourquoi à notre niveau, nous ne parlons pas de danse contemporaine mais de création qui est valable pour les amateurs de la danse contemporaine comme ceux des compagnies traditionnelles.

LVDK : Avez-vous l’impression que le public adhère ?

Évidemment. Nous le constatons agréablement.

Entretien avec Félix ÉPÉE

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