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Société métropolitaine de Douala : friction entre les administrateurs

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Suite à une procédure engagée par la Mairie de Douala, actionnaire minoritaire de la Smid S.A, une escouade de policiers a assiégé les bureaux de la structure. De quoi inquiéter les investisseurs.

Suite à une procédure engagée par la Mairie de Douala, actionnaire minoritaire de la Smid S.A, une escouade de policiers a assiégé les bureaux de la structure. De quoi inquiéter les investisseurs.

«En date du 12 février 2021 aux environs de 14h, une escouade de policiers des Esir, sans aucune réquisition du procureur de la République de la ville, et donc sans droit, a fait irruption au siège de la Smid S.A, accompagnée d’un collaborateur de Me Owona Suzanne, huissier de justice à Douala, prétendant exécuter une décision de justice. Mais n’ayant avec lui aucun titre exécutoire, comme l’a fait observer le conseil juridique de la société, et comme l’a admis l’officier de police qui conduisait les forces de l’ordre… N’ayant pas pu continuer à ce jour à faire usage illégal de la force publique, le Maire a désormais posté des agents de la police municipale aux entrées de la société (situation tendant à faire croire une fois de plus que la Smid S.A est un organe de la Cud) pour empêcher tout travailleur y compris ceux n’étant pas de la Smid S.A d’y avoir accès», relate Fabrice Tchingo Petton, Directeur général de la Société métropolitaine d’investissement de Douala (Smid S.A). Dans son communiqué daté du 13 février adressé aux administrateurs et aux actionnaires de la Smid S.A, le Dg dénonce une «voix de fait» du Maire de la ville Dr. Roger Mbassa Ndinè.  Qui estime que son statut de patron de la ville lui confère par ricochet celui de Pca de la Smid S.A.

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«Il y a incompréhension chez certaines personnes, explique un proche du dossier à La Voix Du Koat. Les gens pensent que la Smid a été créée sous la Cud. La Cud était juste garante de la Smid, en tant autorité publique, et selon la procédure Ohada. Ça aurait pu être une société privée. Maintenant, après sa création, la Smid qui est une structure privée se détache et fonctionne normalement. Ohada ne connaît pas la notion de fondateur, mais la notion d’actionnaire majoritaire. Et pour le cas précis, la mairie n’est pas actionnaire majoritaire. Pour être actionnaire majoritaire, il faut avoir 50% des voix plus 1, c’est-à-dire 51.»  La Smid c’est 2300 actionnaires. La Cud a 23% de capital, les autres démembrements de l’Etat ont 10%. Ils ont en tout 33%, donc ils ne sont pas majoritaires. Le privé a 67%.

Reddition des comptes

De l’avis de notre source, «la stratégie légale à adopter par le Maire c’est de poser sa candidature au conseil d’administration, constitué de 15 membres. Il n’a plus besoin d’être administrateur. En tant que maire de la ville, il est administrateur d’office. Il déploie juste son plan d’action devant les membres du conseil parce qu’il s’agit du business. Une société anonyme veut faire de l’argent. Ntone Ntone n’est plus à la Smid au nom de la Cud, mais en son nom personnel parce qu’il avait contribué en tant qu’actionnaire simple. C’est ainsi qu’après avoir perdu la mairie, il avait été destitué Pca. Etant déjà actionnaire, il avait été copté par les administrateurs. Qui avaient renouvelé son mandat de Pca pour trois mois, donc jusqu’en mars parce qu’il doit rendre des comptes

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L’assemblée générale du 25 mars 2021 est l’instance idoine pour toute réclamation, comme le corrobore l’Expert des questions économiques, expert formateur certifié Onudi en Diagnostic  et mise à niveau des entreprises, Dr. Jean-Marie Biada. «Le maire doit se conformer à la loi. Ils se battent pour l’argent qui est à la Smid pourtant cet argent ne sort pas des caisses de l’Etat. On est allé le prélever sur le marché financier. A l’époque c’était la Douala Stock Exchange. C’est la raison pour laquelle le régulateur du marché, Cosumaf (Commission de surveillance des marchés financiers de la zone Cemac), a l’œil dessus. La Smid n’est pas un démembrement de la Communauté urbaine de Douala, comme le sont la Voirie municipale ou la Société d’aménagement de Douala. Ce n’est pas le cas.» L’expert formateur certifié Onudi en Diagnostic  et mise à niveau des entreprises suggère : «Que les gens laissent tomber la température, puisque le 25 mars est dans quelques jours. Pourquoi cette agitation ? Le maire n’est pas comptable d’une quelconque gestion là dedans, parce que les gens brouillent souvent les pistes ainsi à l’effet de cacher ce qu’ils ont eu à faire. Il n’a pas géré. Il devrait rester tranquille, s’arrimer à la loi. Et puis, que lui donne le titre de Pca ? Il faut faire attention à la reddition des comptes. Tu ne peux pas bousculer pour prendre la tête d’une institution communautaire et croire que le tribunal va te sauver au moment de la reddition des comptes. C’est ta propre responsabilité qui sera engagée. Que chacun se calme et attende l’Ag du 25 mars pour la reddition des comptes ou le Pca présentera ce qu’il a fait

La secousse actuelle est une mauvaise publicité pour la Smid, qui vit des fonds des investisseurs. Encore que, selon Dr. Jean-Marie Biada, «il y a 15 administrateurs. C’est énorme. Quatre ou cinq c’est largement suffisant. Mais maintenant, aucun investisseur ne peut venir dans un tel environnement. L’investisseur a besoin de la stabilité sur cinq, dix ans par exemple. Mais quand il sait qu’on va changer tous les trois ou quatre ans, il a peur. De deux, il a même très peur de savoir qui a le pouvoir des signatures. On est en train de se battre, ça pousse à se demander la personne qui a le pouvoir des signatures. Ça doit être le directeur général, et non le Pca. Tel que c’est en train de partir, j’ai comme l’impression que c’est malheureusement le Pca. Quand la friction entre les actionnaires survient dans une structure, elle fait faillite quoi que faisant de bons chiffres

«Malgré ce regrettable coup de force, les dispositions sont en train d’être prises pour un retour rapide à la normale», a rappelé le Dg dans son communiqué dont ampliation est faite au Pca, à la Cosumaf et au ministre des Finances.

Valgadine TONGA

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