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Insécurité : des brigands prennent en otage Douala

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Insécurité à Douala : Deido élimine les microbes

Ils ont fait une descente musclée hier dans plusieurs artères de la capitale économique camerounaise.

Dans la soirée du 3 juin 2021, aux environs de 19h, les riverains des quartiers Bilonguè, Dakar, Brazzaville, Kombi à Douala, ont vécu la terreur. Des hommes armés de machettes, de couteaux, de lattes ont fait irruption dans ces zones de l’arrondissement de Douala 3ème. «Ils passaient de boutique en boutique, de maison en maison et réclamaient de l’argent, les téléphones. Si tu regimbes ils te découpent», nous raconte encore tout effrayé un témoin, qui a requis l’anonymat de peur de représailles.

«Ils ont fait le tour des quartiers, en prenant tout leur temps, sans que les policiers du commissariat du 8ème arrondissement n’interviennent. Nous étions livrés à nous-mêmes», s’insurgent un riverain sous cape. Depuis ce vendredi 4 juin 2021, la police poursuit les rafles dans ces quartiers. «Le problème c’est que les bandits ont fui depuis hier après leur forfait. La police va les retrouver comment ? Et même si elle les retrouve et les conduit en prison, ils seront libérés par la suite. Ils ne mettent jamais du temps en prison. Ils sont enfermés constamment mais ressortent très vite. Ce sont eux qui nous terrorisent. On n’est pas du tout en sécurité», poursuit notre interlocuteur.

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Cette prise d’otage par les hors-la-loi renforce la psychose qui consume la capitale économique du Cameroun depuis quelques années. Récemment, ce sont les habitants aux environs du stade Japoma qui essuyaient tous les jours des cambriolages durant la nuit. «Ils ont mis 1h30 pour forcer la porte, en vain. Ils sont partis chercher un produit pour les aider à y arriver et sont revenus. Entre temps, j’appelais à l’aide mais plus personne ne sort maintenant. Chacun craint le retour. Finalement ils sont entrés et se sont servis. Après ils ont bu du vin avant de s’en aller. Ils ne sont pas pressés. C’est le dialogue. Aujourd’hui, pour qu’ils ne cassent plus les portes, on leur ouvre quand ils frappent. Nous sommes traumatisés, surtout qu’ils ont des armes à feu. Ils tirent toujours en l’air lors de leur départ, généralement quatre coups de feu. Et quand tu oses sortir, ils te demandent d’attendre ton tour», confiait encore un habitant à www.lavoixdukoat.com .

Il y a eu le phénomène de microbes en 2020 qui, armés de machettes, dictaient leur loi de nuit comme de jour dans des artères de la capitale. Leur tentative d’infester le Deido avait été interceptée par les jeunes du quartier, sortis en masse pour défendre leur village. Sa Majesté Frédéric James Ekwalla Essaka Ekwalla Deido II, avait d’ailleurs martelé par la suite qu’à «Deido il n’y a pas de poltron. Nous ne sommes plus à l’ère où chacun doit prendre la machette pour faire ce qu’il veut. Aujourd’hui, nous avons eu raison de nous lever parce qu’on a piétiné notre territoire. Personne ne peut nous faire trembler. Nous sommes arrivés à l’heure où l’ordre doit régner. Nous nous armons de courage pour défendre notre territoire.»

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Cette montée en flèche de l’insécurité est en totale contradiction avec la sortie du gouverneur du Littoral. Samuel Dieudonné Ivaha Diboua avait écrit dans son communiqué du lundi 10 mai 2021 : «Des informations circulent de plus en plus dans les réseaux sociaux faisant état de la présence des bandits armés dans certains quartiers de la ville. Après recoupement, il en ressort toujours qu’elles sont montées de toutes pièces pour alarmer désespérément nos paisibles populations.  Il met en garde les auteurs desdits messages, véhiculés dans les réseaux sociaux à des fins inavouées. Par conséquent, il invite les populations à vaquer normalement à leurs occupations.» Les brigands viennent à nouveau de désavouer le gouverneur.

Valgadine TONGA

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