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Hommage au Professeur TJADE EONE

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Hommage au Professeur TJADE EONE

Il est à peine 12h10mn, en plein midi d’un jour d’avril 2011. Je viens de terminer mon émission intitulée SOLEIL SOUS LES TROPIQUES (10h – 12h) sur Radio Campus 90.5Mhz Yaoundé. Je suis encore en studio en train de m’assurer que celle-ci a été bien enregistrée par Aimé Ndi, technicien de mise en ondes qui m’accompagnait ce jour-là, quand débarque subitement messieurs Henri-Séverin Assembe et Cabral Libii respectivement Chef de chaîne et Chef de chaîne adjoint de Radio Campus.

Ils vont m’interpeller et m’inviter à déférer à une convocation du Professeur TJADE EONE, Doyen de la faculté de communication à l’Université de Yaoundé II Soa… Pris de panique et vu l’air très sérieux de mes deux chefs, je leur ai demandé ce qui se passe et ce que j’avais fait de si grave pour être convoqué manu militari par le Pape de la Communication, ce Maître Suprême qui avait pour principales valeurs le respect strict de l’éthique et de la déontologie journalistique, ainsi que le travail bien accompli. Que se passe-t-il au juste? Ai-je demandé à mes chefs ? Et à eux de me répondre qu’ils n’en savent rien du tout, ils sont tous aussi surpris que moi…mais plus encore, ils aimeraient savoir si je n’ai pas gaffé à l’antenne au cours de mon émission car le professeur TJADE EONE n’a jamais convoqué un personnel de Radio Campus et encore moins sur ce ton.

Hommage au Professeur TJADE EONE

Pr Tjade Eone

Puis ils vont m’inviter à les suivre. Inquiet mais confiant, je les ai suivi. Entre le bâtiment de l’Esstic et le Rectorat de l’Université de Yaoundé I où se trouvait le bureau du Professeur, mille et une interrogations  m’ont traversées l’esprit à l’idée de comprendre ce que j’avais fait de si grave et ce qui allait se passer dans ce bureau là. J’étais sous bonne escorte avec à ma droite mon chef de chaîne et à ma gauche mon chef de chaîne adjoint.

Puis nous arrivons au bureau du Professeur, et grande est ma surprise de découvrir un visage joyeux sur lequel se dessine un sourire qui me rassure.

Vous allez m’inviter à approcher vers vous avant de me tendre la main que vous allez ensuite serrer avant de me dire vos premières paroles : “Mes félicitations fiston”. Ensuite, vous allez m’inviter à m’asseoir dans l’une des deux chaises juste en face de votre bureau, pendant que mes chefs se tiennent debout, de part et d’autre derrière moi. Je ne comprends toujours rien.

Puis vous allez prendre la parole pour me narrer l’histoire de la communication dans le monde…, de ses débuts à nos jours en France, de la presse écrite et les métiers de l’édition en passant par la télévision, non sans me parler de vos études en France avant que de faire un arrêt très marqué sur la radio, le média.

Puis, souriant, vous m’avez posé la question de savoir si c’est moi qui anime la tranche d’antenne 10h – 12h et je vous ai répondu par l’affirmative…puis vous m’avez à nouveau félicité avant de poursuivre par ces mots: “Vous avez une excellente diction et votre vocabulaire est soigné. Votre voix est parfaite. Je vous écoute tous les jours quand je pars de ma résidence pour rejoindre le bureau et je suis satisfait par ce que j’écoute”

Puis vous avez poursuivi par ces questions : “Vous venez d’où ? Et j’ai répondu que je venais de Douala par le concours du chef de chaîne; Êtes-vous étudiant en journalisme ? J’ai répondu par la négative. Puis à l’immédiat vous avez instruit aux Messieurs Henri Séverin Assembe et Cabral Libii de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que je sois inscrit en journalisme. “Vous êtes journaliste dans l’âme”, avez-vous poursuivie.

Vous-vous êtes ensuite levé, vous m’avez tendu la main que vous avez serré à nouveau avant de me féliciter une fois de plus. C’était terminé, nous avons quitté le bureau… j’étais tétanisé, inondé de joie.

Je vous fais l’économie du reste…

Quelques semaines plus tard, nous nous sommes revus à Matomb dans le cadre de la cérémonie d’installation de l’évêque de cette localité là et c’était la dernière fois que je voyais votre visage si expressif, sympathique et luisant.

La vie sur terre lance son compte à rebours dès la première seconde où vous respirez l’air de la nature. Qui vient vous rappeler qu’elle est maîtresse de toutes choses sur cette terre, tandis que la mort vient vous rappeler que le chrono est atteint, vous devez passer le témoin…tel un jeu.

Repose en paix PAPA

Repose en paix Grand Prof.

Repose en paix Grand Maître

Puissent nos Ancêtres t’accueillir et t’installer à la place qui est la tienne.

Ton fiston

Francis Hervé EYALLA SABA

Journaliste / Consultant médias

 

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