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Entreprenariat jeune : le groupe Bolloré accompagne l’industrie textile

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Des personnes comme Michèle, l’association camerounaise Kaba en a formé et perfectionné une trentaine. L’objectif étant de développer le secteur du textile au Cameroun et dans la sous-région, tout en créant des débouchés. Un projet à grande échelle qui a captivé le jury du programme international Earthtalent du groupe Bolloré. Le président de Kaba, Joël Epiphane Wega, a soumissionné et son dossier
Signature de convention de mécénat Btl-Kaba.

La dotation de 10.000 euro à l’association camerounaise Kaba vise à développer et professionnaliser le secteur tout en pourvoyant les emplois à la jeunesse.

Michèle Ngwissi est une passionnée de la mode. Une passion qui l’a conduite à la filière Industrie de l’habillement pour une formation académique. A la fin de sa formation, elle s’est lancée dans ce que savent faire ses mains, la couture. Sauf que la pratique lui a fait prendre conscience qu’elle manquait encore d’adresse. Sous Kaba, elle a comblé ses lacunes.  «Je suis arrivée à Kaba il y a un an en tant que styliste-modéliste à peine diplômée. J’ai bénéficié d’une formation en stylisme et modélisme. J’ai appris à manipuler les textiles dont j’ignorais même les noms. Aujourd’hui j’ai progressé et je suis chef d’atelier de Kaba. Je transmets mon savoir à d’autres apprenants. A Kaba, j’ai également soigné la finition de mes vêtements. Je vends plus de produits aujourd’hui qu’avant, parce que la production est de la qualité. J’arrive maintenant à subvenir à mes besoins, à ceux de ma famille. Mon projet est d’ouvrir ma propre structure grâce à ma formation à Kaba, et de continuer à transmettre les connaissances reçues.»

Des personnes comme Michèle, l’association camerounaise Kaba en a formé et perfectionné une trentaine. L’objectif étant de développer le secteur du textile  au Cameroun et dans la sous-région, tout en créant des débouchés. Un projet à grande échelle qui a captivé le jury du programme international Earthtalent du groupe Bolloré.  Le président de Kaba, Joël Epiphane Wega, a soumissionné et son dossier a été retenu par le Directeur général de Bolloré Transport et Logistics Cameroun, Mohamed Diop. Le comité siège de Bolloré à Paris a par la suite octroyé une enveloppe lourde de 10.000 euros au projet Kaba.  La signature de la convention  de Mécénat Bolloré Transport et Logistics (Btl)-Kaba a été actée le 17 novembre 2020 dans les locaux de la direction générale de Blt Cameroun, sise à Douala.

Lire aussi :Compétitivité : le Groupe Bolloré célèbre l’innovation

«Jeunesse dynamique»

«Notre objectif majeur avec ce partenariat est de digitaliser, d’autonomiser les chaines de production textile, d’amener plusieurs métiers de l’industrie textile à travailler avec nous de manière à les développer. Nous voulons par exemple mettre ensemble les métiers de la couture, du marketing, de l’achat, de la distribution», dixit Joël Epiphane Wega. A 26 ans seulement, la force de son engagement et sa vision ne laissent pas indifférent. «Nous savons que le Cameroun est doté d’une jeunesse dynamique, d’une jeunesse talentueuse et entreprenante. Sans flagornerie, je pense que beaucoup de pays envient au Cameroun les talents de sa jeunesse. C’est donc un plaisir de vous accompagner, parce que votre projet a été choisi parmi tant d’autres. Nous avons été impressionnés par le dynamisme des promoteurs.  Votre projet touche la jeunesse», argumente Mohamed Diop. Non sans promettre une palette d’accompagnements, en sus de la dotation : «On cèle un partenariat aujourd’hui, mais on va vous accompagner. En fonction de votre développement, on va vous aider. On peut voir même demain au niveau de Vivendi si on peut vous aider au niveau de la communication. Nous vous aiderons à la dimension de vos efforts, notre souhait étant que demain vous soyez des modèles pour d’autres jeunes camerounais et africains, et que nous ayons l’honneur d’être à vos côtés sur les plus grandes tribunes internationales

Le programme international Earthtalent by Bolloré a été lancé en 2008. Le leitmotiv est de soutenir la jeunesse. Les dossiers des organisations soumissionnaires doivent impacter l’intérêt général. Ils doivent bien évidemment provenir des 109 pays où Bolloré est présent. Grâce au prix Earthtalent, Kaba va former en 2021, 80 jeunes du Cameroun, du Congo Brazzaville, de la Rdc aux métiers du textile ; moderniser l’atelier principal par l’achat d’équipements ; développer le réseau de distribution par la création de nouvelles offres de produit (tenues professionnelles et commerciales). Chef d’entreprise, Flavien Kouatcha est un fidèle abonné de Kaba. «Ils sont professionnels, ils respectent le client et ils sont respectueux des délais. Leur chef d’atelier Michèle a fait le vêtement de mon mariage en 4 h de temps. J’avais commandé un vêtement de l’étranger, sauf que la veille du mariage, je me suis rendu compte que la chemise ne me suffisait pas. Je l’ai appelé à 2h du matin. Elle m’a cousue la chemise et je me suis marié à 9h. J’ai été subjugué.  Depuis lors, j’ai pris un contrat d’abonnement. Il me livre tous les mois des vêtements, en fonction des évènements auxquels je dois participer

«Bolloré via Earthtalent ambitionne financer cette année 2021, plusieurs meilleurs projets. L’élément capital est qu’ils soient pourvoyeurs d’emplois», informe Mohamed Diop. A vos dossiers !

 Valgadine TONGA

 

Joël Epiphane Wega : «60% de notre production se distribuent en ligne»

Des personnes comme Michèle, l’association camerounaise Kaba en a formé et perfectionné une trentaine. L’objectif étant de développer le secteur du textile au Cameroun et dans la sous-région, tout en créant des débouchés. Un projet à grande échelle qui a captivé le jury du programme international Earthtalent du groupe Bolloré. Le président de Kaba, Joël Epiphane Wega, a soumissionné et son dossier

Pourquoi avez-vous nommé votre association Kaba ?

Kaba déjà reflète la tenue traditionnelle des femmes du Littoral au Cameroun. C’est la raison pour laquelle nous avons choisi ce nom, parce qu’il reflète assez la diversité culturelle que nous voulons apporter dans notre marque. Nous sommes beaucoup plus focalisés sur la partie atelier et production. Nous travaillons avec des partenaires comme Carrefour, qui exposent nos produits. Nous privilégions le commerce en ligne parce que nous sommes jeunes, nous sommes sur le digital. 60% de notre production se distribuent en ligne, que ce soit national et international. Même la communication que nous avons avec nos clients à l’international se fait en ligne parce qu’ils nous font confiance. Quand ils passent un bon de commande, ils sont sûrs que peu importe le pays où ils se trouvent, ils recevront leurs produits textiles. L’association a deux types de clients : les clients corporate qui sont les entreprises et les individus. Dans le premier cas, nous sommes à plus d’une vingtaine répartie dans cinq pays, et les clients individuels qui sont un peu plus difficiles à suivre. Mais s’il fallait les évaluer en termes de produits vendus, nous sommes à près de 8500 pièces produites depuis le début du projet.

Qu’est-ce vous a incité à créer Kaba ?

Kaba c’est d’abord une volonté de développement. Ayant une formation d’ingénieur, ma logique et celle de l’association tournait autour d’un questionnement : comment développer les métiers qui représentent notre communauté ? Lorsque vous vous promenez dans les quartiers de Douala, il est difficile de ne pas voir un atelier de couture mais depuis que le Cameroun est une nation, avons-nous pu développer cette activité ? La réponse était non. L’association Kaba cherchait comment changer  en 2020 le métier des couturiers dans les ateliers. Il s’agit d’un projet de développement avant tout. Aujourd’hui nous sommes dans la culture, mais demain nous pourrons être dans un métier qui nécessite un développement technologique ou social.

L’association Kaba compte combien de membres ?

Aujourd’hui les membres du bureau sont au nombre de cinq. Depuis 2014 nous avons l’occasion de travailler avec près de sept ateliers dans la ville de Douala. Nous avons un déploiement sur cinq pays, c’est-à-dire au Cameroun, au Congo Brazzaville, au Congo démocratique, au Canada et en France. Donc au-delà des personnes formées dans l’association, des jeunes entrepreneurs et des clients bénéficient également de notre expertise pour mettre sur pied un commerce dans leur pays de résidence. Jusqu’ici, nous avons accompagné une trentaine de jeunes artisans dans différents ateliers de la ville, ainsi que sept anciens artisans.

Comment vous organisez-vous pour porter assistance aux acteurs du secteur du textile ?

Aujourd’hui nous avons développé  une démarche de proximité, ça veut dire que nous allons dans les différents quartiers et marchés, faire les enquêtes pour connaître les tailleurs de référence. On essaie d’insérer ces tailleurs professionnels dans des ateliers pour entretenir la logique du partage d’expériences. Quand on le fait, étant donné que leur métier est centré uniquement sur la couture, nous au niveau de l’association essayons de mettre dans leur process les notions de logistique, d’achat des matières premières. L’objectif étant qu’il fasse grandir leurs activités à la fois sur le plan national et international.

Les textiles Kaba sont-ils 100% camerounais ?

Nous sommes dans une démarche de mondialisation. Les artisans sont 100% Camerounais, mais la matière première vient d’Asie, du Mali, du Nigéria… Le Cameroun gagne parce que ce sont les artisans camerounais qui produisent.

Décrypté par V.T.

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