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Cameroun : le choléra tue toujours

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L’épidémie est en pleine forme en ce moment. Les victimes sont enregistrées chaque semaine.

La pandémie du Covid-19 n’a pas renvoyé le choléra aux calendes grecques. La maladie poursuit ses ravages. Elle vit ses beaux jours en cette période. Dans la région du Littoral par exemple, il ne se passe pas une semaine, sans que des cas de décès ne soient enregistrés.

«La situation de l’épidémie du choléra fait état, depuis son déclenchement le 21/10/2021, de 10.322 cas notifiés, 902 cas confirmés, 200 décès dans les régions du Centre, de l’Est, du Littoral, de l’Ouest et du Sud-ouest», indiquait sur son compte Twitter, le 4 août 2022, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie. Ces chiffres relèvent bien évidemment de l’ordre de l’officiel. Il y a des cas de décès qui passent inaperçus, d’autres qui sont camouflés par les proches des victimes.

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«Mon oncle qui était comme mon père est décédé de choléra. Mais la famille a décidé de garder le secret pour sauver la face. Ça ne présente pas bien que l’on dise qu’une personnalité comme papa est morte de choléra. Non seulement il y en a qui auraient ri de nous, et l’enterrement aurait été fade, sans grande véritable présence des gens», nous confie Alexis. Sous cape, des personnels de santé nous avouent que la stigmatisation est l’un des éléments catalyseurs du choléra. «Le choléra c’est la maladie de la saleté, nous avouent-ils. C’est vrai, mais c’est aussi une source de stigmatisation des malades. Les malades et les proches en ont honte. Pourtant le choléra c’est une maladie comme une autre. Il faut de-stigmatiser la maladie. Le patient devrait pouvoir dire aujourd’hui que ‘’j’étais malade du choléra, maintenant je suis guéri’’.»

Stigmatisation

La honte de la maladie conjuguée à l’ignorance même de son existence, sont deux éléments clés de la survie de l’épidémie. Raison pour laquelle les responsables de santé publique conseillent de «composer le 1510 au moindre symptôme. L’appel est gratuit. N’attendez pas de vomir et de faire 6 fois la diarrhée en une journée, avant de vous rendre à l’hôpital. Si vous faites déjà là diarrhée 3 fois, appelez le 1510 pour des conseils, ou rendez-vous directement dans un établissement de santé publique. C’est toujours mieux de consulter pour être sûr si c’est un cas de choléra ou pas, que de rester à la maison et venir à l’hôpital à la dernière minute».

90% des malades arrivent malheureusement au stade sévère. Le personnel soignant fournit un effort surhumain pour sauver des vies, qui étaient déjà en train de décéder, parce que 9 personnes sur 10 arrivent tard. Il est à craindre l’épuisement du corps médical affecté à la prise en charge des cas de choléra dans les structures hospitalières camerounaises. Le trop plein de stress cumulé au manque de sommeil pour sauver les cas sévères, pourraient être source de démotivation à la longue.

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Prévenir vaut mieux que guérir. Pour le cas d’espèce, le Minsante conseille aux usagers d’observer les mesures d’hygiène. Il s’agit du lavage des mains autant de fois que possible, avec de l’eau propre et du savon ; du lavage des fruits. Il est aussi conseillé d’éviter les crudités, à défaut d’être sûr de leur qualité irréprochable.

𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧 : 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐨𝐥é𝐫𝐚 𝐭𝐮𝐞 𝐭𝐨𝐮𝐣𝐨𝐮𝐫𝐬

«Le choléra ne peut pas être combattu uniquement par les médecins. La population a un grand rôle à jouer. Elle doit observer les règles strictes d’hygiène et sensibiliser les enfants qui vont bientôt reprendre le chemin des classes. Le choléra est une maladie où on se déshydrate très rapidement. Un patient peut passer de l’état conscient à l’inconscience. Et la contamination est tellement facile et rapide qu’elle attrape tout le monde. Un malade peut se rendre dans un supermarché pour des courses. Il touche a des produits, et c’est ainsi qu’il y dépose des vibrions cholériques sur son passage. C’est pareil avec les arachides bouillies, les maïs que l’on vend et qu’on mange sans laver. La période d’incubation est de huit heures. Ça va très vite pour passer du stade léger au stade sévère. Pour les cas légers, le traitement est simple et c’est en solution buvable. Après 12 h, le patient est d’appoint. Mais quand ce sont les cas sévères, il y en a qui décèdent quelques minutes après être arrivés à l’hôpital. Ça veut dire qu’ils sont arrivés extrêmement tard.»

La prise en charge du choléra est gratuite au Cameroun. Le patient est pris en charge, son entourage aussi. Son domicile ainsi que le véhicule qui l’a transporté sont désinfectés.

Valgadine TONGA

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