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Autisme au Cameroun : sensibilisation tous azimuts

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Autisme au Cameroun : sensibilisation tous azimuts

Samedi, 2 avril 2022 était la journée mondiale de la sensibilisation sur l’autisme. Enfants, parents d’enfants victimes d‘autisme se sont retrouvés à Douala, à l’initiative de Stéphanie Maty, présidente de l’association « You are not alone», pour partager leurs expériences quotidiennes et attirer l’attention de la communauté nationale sur cette pathologie.

Nadine Diwedi est mère d’un enfant autiste. C’est à l’âge de quatre ans qu’elle a été informée de la maladie de son fils. «Avant cela, je ne savais pas que cette pathologie existait», révèle-t-elle. Du coup, la prise en charge qui nécessite beaucoup d’attention et de patience n’a pas été facile pour elle ; comme c’est le cas d’ailleurs pour la plupart des parents qui font face à cette pathologie pour la première fois. Ils étaient nombreux ce samedi 2 avril 2022 au Centre d’accueil de Bépanda à Douala, à l’occasion de la journée internationale consacrée à la sensibilisation sur l’autisme. Une initiative de Stéphanie Maty, mère d’un enfant autiste et présidente de l’association «You are not alone» (Vous n’êtes pas seuls).

«La prise en charge au quotidien est difficile. Contrairement aux   autres enfants, il faut répéter dix  fois, voire, vingt fois pour que mon fils comprenne. Je vais vous prendre un exemple, j’ai mis quatre ans pour faire en sorte qu’il sache prendre son bain. Pendant ces quatre ans, je l’accompagnais tous les jours aux toilettes pour lui apprendre cet exercice. Aujourd’hui, poursuit Nadine, il sait se laver. Je voudrais dire aux autres parents de ne pas se décourager ».

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Au sein de la population, l’autisme est très souvent assimilé à un sortilège jeté sur leurs victimes. Pourtant,  comme le martèlent les professionnelles de santé, « l’autisme est une manière d’être,  un trouble neuro-developpemental qui affecte le cerveau d’une personne qui n’est pas neurotypique ( personne normale). Il affecte l’audition, le langage, le comportement. Aujourd’hui, on parle de trouble envahissant du comportement», explique Yannick Tchate Seumegne, rééducateur orthophoniste. Selon ce dernier, l’autisme n’est pas  une maladie parce qu’elle n’est pas causée par un agent pathogène.

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Pour le traiter, «il faut chercher à améliorer les compétences sociales du sujet autiste. Que ce soit un enfant ou une personne adulte. A partir de cette amélioration, on oriente la personne autiste vers ses difficultés ; quel que soit la forme d’autisme, le sujet autiste a un point fort. Cette modalité est développée par l’orthophoniste, l’orthothérapeute et les psychiatres. Avec l’accompagnement de leur propre famille», indique-t-il.  Aussi invite-t-il « les parents à souvent faire recours aux orthophonistes, à des neurothérapeutes qui sont des spécialistes. Je souhaite que le gouvernement s’attarde sur cette question et crée des cabines d’orthophonie, parce que 95% de parents en Afrique ne savent pas ce qu’est que l’autisme. Je voudrais saisir cette occasion pour encourager les parents de ces enfants ».

Le message que Stéphanie Maty voudrait adresser aux parents, «c’est d’abord d’accepter la condition de l’enfant. Une fois que vous aurez compris  sa condition, donnez-lui tout l’amour dont il a besoin. Cela nécessite du courage, de l’amour et de la patience». Des conseils qu’elle partage dans son ouvrage «Pourquoi mon fils». La dédicace a eu lieu au cours de cette célébration.

Blanchard BIHEL

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