Les travaux de présentation du projet Capro – Tri National de la Sangha (TNS) ouverts à Douala ce 03 mars 2026 avaient pour objectif majeur d’établir un état des lieux de la cacaoculture autour des aires protégées du Tri National de la Sangha qui englobe les écosystèmes forestiers du Cameroun, du Congo et de la Centrafrique, en identifiant les conditions d’une production durable compatible avec la conservation de la biodiversité. Il s’agit de restituer les résultats scientifiques de l’étude menée, d’enrichir des analyses par des échanges multi – acteurs, de partager les solutions opérationnelles.
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La problématique qui s’invite à ces travaux pose à la fois la situation des populations riveraines qui tirent l’essentiel de leurs revenus de la culture de cacao, la prise en compte des enjeux climatiques qui passe par la conservation de la biodiversité ainsi que la préservation des pratiques culturelles de ces populations.
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« Les travaux de Recherche que nous avons menés autour de ces aires protégées nous ont apporté plusieurs de solutions, des solutions non seulement pour renforcer la rentabilité économique des producteurs de cacao, mais aussi des solutions en matière de conservation des écosystèmes forestiers. Le modèle principal qui a été identifié est celui de l’agroforesterie hautement diversifié (la cacaoculture est pratiquée sous le couvert forestier, des espèces d’arbres fruitier et des essences indigènes forestiers sont maintenus dans la cacaoyère) et pour augmenter la rentabilité économique des producteurs de cacao, il est nécessaire de promouvoir une agroforesterie intensive. C’est un moyen d’augmenter le rendement des cacaoculteurs dans des superficies réduites. Selon les études, il est observable qu’entre 2020 et 2022 la production oscillait autour de neuf mille tonnes (9 000 t) par contre, entre 2022 et 2023, la production du cacao à dix-sept mille six cent tonnes (17600 t). Malgré cette augmentation, nous constatons que les revenus des cacaoculteurs demeurent faibles. Ces revenus restent faibles du fait de la non maitrise des techniques de production intensive en agroforesterie par les cacaoculteurs », affirme Dr Armando Kanou Chercheur dans la cadre du programme RESSAC du projet Tri-National de la Sangha.
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Il revient donc à doter ces cacaoculteurs des compétences nécessaires pour une maitrise des techniques de production de l’agroforesterie, un aspect qui interpellent l’ensemble des parties prenantes, la préservation de la biodiversité et l’arbitrage du conflit homme – faune, sont des intérêts sur lesquels il importe de veiller, l’état en premier. Un rôle qu’endosse la représentante du ministre des forets et de la faune à ces travaux, Rachel TCHASSO par ailleurs Chef service régional faune Littoral « Cette séance de travail arrive à point nommé, parce que nous optons pour une cacaoculture avec zéro déforestation, avec les résultats des Recherches restitués au cours de ces travaux, ces résultats nous apprennent que l’agroforesterie joue un rôle aussi important que les écosystèmes de forêts secondaires dans le cadre de la production de carbone. Tout comme nous restons attentifs au développement des populations riveraines des forêts en même temps que celles-ci contribueront à la préservation de la biodiversité ».
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Ensuite, arrive la question du financement de la mise en route et de la vulgarisation des nouveaux modèles de culture de cacao, dont le principal est l’intensification de l’agroforesterie dans les pratiques des cacaoculteurs de l’espace forestier couvert par le projet Capro – Tri National de la Sangha. Là aussi, les assurances sont données par la Coordonnatrice Adjointe CIFOR – ICRAF- Cameroun Pr Marie Louise AVANA TIENTCHEU : « Je me sens réconfortée par ce que qu’il ne s’agit pas d’un nouveau process pour eux, par ce qu’en fait, nous ne leur apportons rien de nouveau, c’est leur approche normal de culture de cacao, mais, on essaie de voir ensemble comment avec une meilleure gestion de cette pratique (agroforesterie) ces populations peuvent être emmener à ne plus agrandir leurs plantations, l’approche qui est proposée c’est de stabiliser les plantations à travers une amélioration de rendement, à travers des chaines des valeurs de cacao, autre modèle, c’est de renforcer des capacités de gestion de fond, de manière à leur éviter la prévente de leur production à vil prix. Un accompagnement dans l’accès aux microcrédits, toute chose qui devraient les aider à traverser les périodes difficiles et attendre patiemment sécher leur cacao jusqu’aux standards pour une vente valorisante »
Crapo – Tri National de la Sangha est un projet pilote qui est en cours d’implémentation et dont les résultats des études scientifiques qui sont restitués à Douala vont remodeler les pratiques de la culture du cacao dans les espaces forestiers de la Tri National de la Sangha. Les travaux qui prennent fin le 04 mars 2026 sont porteurs des attentes, de par des recommandations pour une gestion durables de la filière cacao avec au bout, une meilleure conservation des aire protégées. Précisons que la Fondation Tri-Nationale de la Sangha est un mécanisme financier dédié au soutien durable du Tri-National de la Sangha inscrit dans le patrimoine de l’UNESCO, elle a pour mission de garantir un financement pérenne pour une conservation des aires protégées tout en soutenant le développement durables des communautés riveraines de ce paysage forestier transfrontalier entre la Cameroun, le Congo et la Centrafrique.
FLESS






