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Abolition de la peine de mort : le Cameroun non partant

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Près d’une centaine de condamnés sont dans les couloirs de la mort selon les chiffres avancés par des organisations de la société civile.

Abolie tout autour de lui, notamment au Tchad, en République centrafricaine, en Guinée Equatoriale, au Congo, le Cameroun reste le seul pays dans la sous-région à maintenir la peine de mort. Régulièrement prononcée aussi bien dans les juridictions de droit commun que dans les juridictions militaires, elle n’est tout de même pas exécutée. La dernière exécution  remonte en 1997. Tandis que, les dernières sentences prononcées datent d’un mois, le 10 septembre 2022, à l’encontre des auteurs de l‘attaque terroriste de l’établissement Mother Francesca School à Kumba, dans le Sud-Ouest. A l’instar de ces derniers condamnés, ils sont près d’une centaine de personnes dans les couloirs de la mort selon les chiffres avancés par des organisations de la société civile.

Les chiffres officiels en la matière sont un secret précieusement conservé par les autorités en charge de la Justice. «A l’état actuel, la peine de mort est prononcée par des juridictions camerounaises, aussi bien par des juridictions de droit commun que par des juridictions militaires. Mais, elle n’est pas exécutée depuis 1997. Mais il faut garder à l’esprit que l’inexécution de la peine de mort repose sur la seule volonté du chef de l’Etat qui, à n’importe quel moment peut demander la reprise des exécutions et en ce moment, toutes les personnes qui sont sous une sentence de peine de mort seront exécutées», a fait observer Me Nestor Toko. C’était lundi 10 octobre lors de la conférence de presse donnée par l’association Christ Éduque, Soigne, Loge orphelins et démunis, (Ceslord).

Cette association qui milite pour l’abolition de la peine de mort, lançait son projet baptisé «accompagner les efforts de la société civile dans le processus d’abolition de la peine de mort au Cameroun». C’est la région du Nord qui a été choisie pour abriter cette campagne qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de la 20ème de la journée mondiale contre la peine de mort qui se célèbre le 10 octobre. «La peine de mort est réelle et les organisations de la société civile ne réagissent. Nous allons leur montrer comment elles peuvent intervenir. Nous allons sensibiliser l’opinion publique, les magistrats, les lamibé, les parlementaires et les médias», renseigne Elisabeth Boufin, secrétaire exécutive du Ceslord.

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La peine de mort, selon les abolitionnistes, va à l’encontre du droit à la vie pourtant garantie et consacrée dans la loi fondamentale. «L’un des arguments sur lequel nous nous fondons pour porter notre  plaidoyer  repose sur le fait que, la peine de mort est contraire à la Constitution. Nous savons que la Constitution est la loi suprême. Et elle garantit le droit à la vie. Puisque la peine de mort est prévue par des lois inférieures à la Constitution et au regard de la hiérarchie  des normes juridiques, nous pensons que l’abolition de la peine de mort est nécessaire», Me Nestor Toko.

Peine de mort pour les démunis

A cela s’ajoutent des erreurs judiciaires car «la justice n’est pas à l’abri d’une erreur. Il y a des personnes qui initialement condamnées à la peine de mort, ont été innocentées.  Pour cette raison,  nous pensons que la peine de mort doit être purement et simplement abolie», ajoute l’homme de droit. Selon lui, la peine de mort porte aussi les germes d’une justice partiale qui viserait essentiellement les démunis.

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«La  plupart des personnes qui ont été condamnées à la peine de mort sont celles qui étaient financièrement démunies. Et la peine de mort semble être discriminatoire parce qu’elle frappe beaucoup plus des personnes sans ressources financières, des personnes qui n’ont pas des moyens de s’offrir les services d’un avocat compétent pour assurer leur défense. Par conséquent, nous estimons que cette justice ne rend pas véritablement service. Elle est une justice sélective, elle est une justice discriminatoire», analyse-t-il. Près d’une vingtaine d’infractions sont passibles de peine de mort. Ce qui fait dire à ces derniers que «nous sommes tous des éventuels condamnés à mort»

Blanchard BIHEL

 

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