La capitale régionale de l’Est a abrité ce mardi un atelier technique marquant le lancement officiel de la phase 2 du Programme d’Inclusion Économique des Jeunes (PFS-AIE). Fruit d’un partenariat entre le gouvernement camerounais et la Banque mondiale, ce dispositif ambitionne de transformer 500 jeunes de la ville en acteurs économiques autonomes grâce à un accompagnement structuré et un appui financier de 275 000 de francs Cfa.
La rencontre stratégique entre autorités administratives, partenaires au développement et les acteurs locaux tenue à Bertoua jeudi, 08 octobre 2026, avait pour but de poser les jalons de la mise en œuvre de la composante « Inclusion économique des jeunes », du Projet filets sociaux adaptatifs et d’inclusion économique (PFS-AIE) dans la ville de Bertoua. Présidant les travaux, le Gouverneur de l’Est Cameroun, Grégoire Mvongo, a souligné l’importance de ce projet qui s’inscrit dans la continuité de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). « Il ne s’agit plus seulement d’atténuer la vulnérabilité des ménages par des transferts monétaires, mais de créer les conditions structurelles d’une insertion économique durable des jeunes les plus défavorisés », a-t-il indiqué, rappelant les résultats satisfaisants de la première génération du projet Filets sociaux qui a touché plus de 385 000 ménages entre 2013 et 2022. Selon les explications techniques fournies par le coordonnateur national du projet Michelin Njoh, le programme cible les jeunes camerounais âgés de 18 à 35 ans, résidant en zone urbaine et évoluant dans le secteur informel.
Pour la ville de Bertoua, c’est 500 jeunes vulnérables qui seront sélectionnés à l’issue d’un processus rigoureux incluant sensibilisation de masse, inscription en ligne, présélection, formation en gestion et validation des plans d’affaires. En effet, chaque bénéficiaire recevra une subvention de 275 000 francs Cfa, versée en deux tranches. (175 000 puis 100 000 francs Cfa), via mobile money. « L’objectif central est de transformer chaque bénéficiaire en acteur économique autonome, capable de générer des revenus stables pour sa famille et de contribuer au tissu économique local », a précisé Odilia Hepga, la représentante de la Banque mondiale au Cameroun.
Enjeu stratégique
La région de l’Est, frontalière à la République Centrafricaine, joue un rôle crucial dans l’accueil des déplacées internes et des réfugiés. Dans ce contexte, l’inclusion économique des jeunes revêt une dimension particulière. « Permettre à un jeune d’acquérir des compétences ou de développer une activité viable, c’est renforcer les liens entre populations hôtes et réfugiées », a souligné la représentante de l’institution financière internationale. Le programme repose sur une méthodologie éprouvée visant à créer des passerelles durables avec le secteur privé local. (Entreprises, coopératives et microfinances). Les données de la phase 1, lancée en 2024 dans les villes de Douala, Yaoundé, Bafoussam et Bamenda, sont encourageantes. Sur les 15 000 bénéficiaires, 69% étaient des femmes, et plus de 7 000 emplois ont été créés, a-t-on appris. Le PFS-AIE qui s’étendra jusqu’en 2028, bénéficie d’un financement de la Banque mondiale et vise à terme une intégration dans les budgets de l’État camerounais.
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Pour la région de l’Est, l’enveloppe globale s’élève à 3,7 milliards de francs Cfa, couvrant divers programmes. (Transferts monétaires ordinaires d’urgence, travaux à haute intensité de main-d’œuvre et inclusion économique). Les travaux de l’atelier de Bertoua se sont poursuivis par l’identification des lieux et quartiers de concentration des jeunes défavorisés, afin de garantir le succès des campagnes de sensibilisation à venir. Les autorités locales, les associations intervenants dans le domaine et les différentes sectoriels ont été invités par le Gouverneur de l’Est à s’impliquer pleinement, pour faire de cette phase 2 un modèle de réussite pour la jeunesse de cette région.
Ange-Gabriel OLINGA BENG






