Depuis le 28 juillet et jusqu’au 1er août 2026, l’enceinte du Centre national de la jeunesse et des sports (Cenajes) de Bertoua à l’Est Cameroun, vibre au rythme de la troisième édition du Mô sayé koï.
Le bouche-à-oreille a fait son effet. Depuis trois jours, des familles entières arpentent les allées du Cenajes de Bertoua. « C’est une occasion unique de faire découvrir à nos enfants la vraie cuisine de chez nous », confie un père de famille visiblement ravie. Dans une ambiance colorée et chaleureuse, la troisième édition du festival d’art culinaire Mô sayé koï qui signifie en langue Gbaya « l’art de chez nous » qui a ouvert ses portes le 28 juillet dernier bat son plein. Dès l’entrée du Cenajes, les effluves épicés des couverts accueillent les visiteurs. Ici, pas de place pour l’ordinaire. Les stands décorés aux couleurs de l’évènement, regorgent des mets aussi variés que méconnus du grand public.
Les connaisseurs et les novices se pressent devant les marmites fumantes pour déguster des préparations qui font la fierté des Gbaya. S’agissant des menus, le Keleng Keleng ouvre le bal des spécialités culinaires. Ce plat traditionnel, préparé à base de feuilles verte s’accompagne de couscous de manioc. Non loin, le Yabanda, autre spécialité très prisée, est confectionné à partir des feuilles d’Okok. Sans épices particulières, il n’en reste pas moins un mets savoureux. Sur un autre couvert, les chenilles, légumes sautés agrémenté d’arachide mettent en valeur les produits frais du terroir. Les viandes de brousse occupent également une place de choix. Porc-épic, biche, lièvre et singe, selon les disponibilités et la réglementation en vigueur, sont préparés en sauce. Les grillades cuites de manière traditionnelle ne sont pas en reste et font le bonheur des gourmands, tandis que les Billées, ces délicieuses galettes de maïs, constituent l’accompagnement idéal.
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Une immersion dans les traditions
Bien plus qu’un simple rendez-vous gastronomique, Mô sayé koï se veut un espace de transmission des savoir-faire culinaires, de préservation des traditions et de valorisation des richesses culturelles du peuple Gbaya de l’Est. À quelques mètres des stands gastronomiques, un espace est consacré aux techniques traditionnelles de chasse en forêt. Plusieurs pièges artisanaux y sont exposés. Devant un public attentif, un maître-chasseur détaille le fonctionnement de chaque dispositif, expliquant les méthodes utilisées pour capturer le gibier dans le respect des pratiques ancestrales. Les démonstrations suscitent de nombreuses questions chez les spectateurs curieux. L’ambiance est également rythmée par les prestations du groupe de danse Sirta Mbartoua. Des stands de produits bio, présentés comme une solution simple et pratique pour le quotidien, complètent cette offre diversifiée. Dans un contexte où la mondialisation tend à uniformiser les goûts, ces femmes et ces hommes, souvent issus des associations culturelles locales, perpétuent avec passion un savoir-faire culinaire transmis de génération en génération. Pour les organisateurs, ce festival ambitionne également de susciter un intérêt renouvelé des jeunes générations pour les recettes ancestrales souvent menacées par l’évolution des habitudes alimentaires.
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En mettant en lumière les produits du terroir et les techniques traditionnelles de préparation, Mô sayé koï participe à la sauvegarde d’un patrimoine immatériel qui fait la singularité de la région. Placé sous le thème de la promotion et de la valorisation du patrimoine culinaire Gbaya en particulier et de l’Est Cameroun en général, cet événement est une véritable invitation à un voyage gustatif au cœur des traditions de la région. Parrainé par le Maire de la Commune de Bertoua 2ème, Omer Solla Pitol, ce rendez-vous suscite un regain d’intérêt des jeunes générations pour les recettes ancestrales.
Ange-Gabriel OLINGA BENG






