Ce mardi 29 septembre 2026, le Restaurant Cabaret Ô Saveurs, à Bonamoussadi, a servi de cadre au rendez-vous entre Sergeo Polo et la presse camerounaise. Venu de France pour présenter son maxi-single « Apparences », l’artiste a transformé la conférence en espace d’écoute, d’explications et de partages.
Les projecteurs s’allument, les journalistes prennent place, puis la musique s’invite dans la salle. Ce 29 septembre 2026 au restaurant Cabaret Ô Saveurs de Bonamoussadi à Douala, Sergeo Polo a pris ses aises. L’artiste est au pays pour bien plus qu’une simple présentation discographique. « Je suis venu au Cameroun spécialement pour cette conférence », lance l’artiste, qui entend expliquer, montrer et faire entendre ce qui se cache derrière son maxi-single Apparences. Sa rencontre avec la presse devient alors une scène ouverte sur son processus de création : un disque comme prétexte, la transmission comme fil conducteur et le rythme makossa comme pulsation de fond.
Pensé pour deux titres, « Maninga Mabé » et « Regard jaloux », « Apparences » ne revendique pas de rupture. Le premier morceau prend pour matière les faux-semblants des relations humaines. « Les gens qui nous entourent […] ne nous laissent pas toujours voir ce qu’ils sont vraiment », observe Sergeo Polo, qui évoque hypocrisie, jalousie et haine. Il précise toutefois qu’il ne s’agit pas de « régler des comptes », mais d’attirer l’attention sur « ces maux qui minent notre quotidien », rappelle celui qui se revendique comme héritier du Makossa Lover.
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Derrière le disque, deux années de travail. À la guitare, l’artiste construit une pré-maquette, puis sollicite l’arrangeur béninois Freddy A. et des musiciens. « Il faut aimer ce qu’on fait. Après l’amour de ce travail, il faut penser à travailler », résume-t-il. Pour lui, la composition n’est que le premier accord : « Il faut maintenant un arrangeur, il faut une belle orchestration pour que l’œuvre ait une âme, une grande âme. » Mixage et mastering achèvent cette chaîne de production qu’il partage sur les réseaux sociaux.
Mémoire du Makossa
Avec « Manina Mabé », Sergeo Polo revendique aussi un geste de transmission. Il rappelle l’origine qu’il attribue à la chanson, associée à Daniel N., et explique avoir conservé certains éléments tout en composant le refrain « Makom ma bobé. » La reprise devient alors une passerelle entre mémoire et création. Le makossa constitue le fil conducteur de son intervention. « Je milite pour que le makossa retrouve sa grandeur », affirme-t-il. Il annonce de nouvelles productions à partir de 2027 : « Je vais vous produire du makossa et on va danser le makossa », dixit l’artiste. Le patriarche Sale John rappelle la nécessité de préserver la « source » qui nourrit l’inspiration : « Pendant 30 ans, je suis en train de tenir sa source d’inspiration ». Sergeo Polo, lui, rend hommage à Sale John, annonce d’autres chansons avec lui, un projet avec Ngalè Jojo et de nouvelles collaborations internationales. Entre deux séquences musicales, l’artiste revient enfin sur « Mot’à loko », appellation née autour de « Mission Sensuelle » en 2022, avant de rappeler son identité de « L’Enfant du Pays ». Après « Apparences », il annonce concerts, émissions et un prochain clip pour « Regard jaloux ».
Au terme des échanges, le 29 septembre aura surtout permis de suivre, au plus près, le chemin qui mène de l’idée à la musique. Une composition, des arrangements, des voix, des instruments, puis cette part de transmission qui relie les générations. Avec Apparences, Sergeo Polo présente deux titres, mais ouvre également une séquence nouvelle de son parcours, entre collaborations annoncées et défense assumée du Makossa. Lui dont, la musique constitue une réalité qui s’impose, et qui se transmet lorsqu’elle continue d’être travaillée, interprétée et entendue.
Cheikh Malcolm EPANDA






