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Peste des petits ruminants : le Cameroun appelle à renforcer les financements et la coopération régionale

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Réunis à Rome du 21 au 23 septembre 2026 dans le cadre d’une conférence mondiale consacrée à l’application de l’approche « Une seule santé dans les systèmes agroalimentaires », décideurs politiques, institutions techniques et partenaires financiers ont examiné les conditions nécessaires à l’éradication de la maladie et au contrôle de la fièvre aphteuse. Le Cameroun, représenté par le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, a mis en avant ses investissements dans la santé animale et appelé à une mobilisation des ressources au niveau national et régional.

La lutte contre la peste des petits ruminants entre dans une nouvelle phase. Décideurs politiques, institutions techniques et partenaires financiers ont examiné les conditions nécessaires à l’éradication de la maladie et au contrôle de la fièvre aphteuse. C’était du 21 au 23 septembre 2026 à Rome, dans le cadre d’une conférence mondiale consacrée à l’application de l’approche « Une seule santé dans les systèmes agroalimentaires ». Les travaux consacrés à la transformation des systèmes agroalimentaires à travers l’approche ‘‘Une seule santé’’ ont réuni le Premier ministre de la République Unie de Tanzanie, des représentants du Tchad, du Cameroun, du Bangladesh et du Burkina Faso, ainsi que la Banque mondiale, la Fondation Bill et Melinda Gates, l’IGAD, l’Union Européenne, l’Union Africaine et des organisations techniques internationales.

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Les échanges ont porté sur la vaccination, la surveillance sanitaire, les services vétérinaires, le financement des programmes de santé animale et la coopération entre les pays confrontés à la circulation des maladies au-delà des frontières. Le Cameroun a présenté les résultats obtenus à la suite des investissements réalisés dans le secteur de l’élevage. À travers le Projet de développement de l’élevage, le pays a mobilisé un emprunt auprès de la Banque mondiale afin de soutenir la santé animale et les producteurs. Selon le ministre Taïga, ces ressources ont notamment permis la vaccination gratuite de la quasi-totalité du cheptel de moutons et de chèvres pendant trois années successives. « L’évaluation des campagnes de vaccination à partir du PPR (Peste des Petits Ruminants, ndlr) Monitoring and Assessment Tool, le PMAT, situe le Cameroun au stade 3 de l’approche progressive de contrôle de la PPR », a souligné le ministre. Non sans attribuer ces résultats aux ressources publiques mobilisées, au travail des services vétérinaires et à la participation des éleveurs. Le dispositif vétérinaire privé a également fait l’objet d’un investissement public. Selon Dr Taïga, « le financement du gouvernement a permis l’installation d’une centaine de docteurs vétérinaires en clientèle privée. Cette mesure a contribué à renforcer l’offre de services, à favoriser l’insertion des diplômés et à améliorer les prestations proposées aux producteurs ».

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Pour le ministre camerounais, ces résultats doivent toutefois être préservés dans la durée. La circulation des animaux et les échanges commerciaux entre pays voisins constituent un facteur de vulnérabilité pour les programmes nationaux. Le Cameroun est notamment relié à plusieurs États par la mobilité pastorale et le commerce du bétail. « Notre responsabilité commune en faveur de l’éradication de la PPR est désormais de préserver les acquis dans les différents pays, surtout en Afrique et de poursuivre ainsi les efforts jusqu’à leur aboutissement », a déclaré Dr Taïga.

Réunis à Rome du 21 au 23 septembre 2026 dans le cadre d’une conférence mondiale consacrée à l’application de l’approche « Une seule santé dans les systèmes agroalimentaires », décideurs politiques, institutions techniques et partenaires financiers ont examiné les conditions nécessaires à l’éradication de la maladie et au contrôle de la fièvre aphteuse. Le Cameroun, représenté par le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga, a mis en avant ses investissements
Le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, Dr Taïga

Le ministre a appelé au renforcement de la coordination régionale. Selon lui, « les investissements consentis par un pays peuvent perdre une partie de leur portée lorsque les services vétérinaires et les programmes de lutte contre les maladies ne disposent pas des mêmes moyens dans les territoires voisins ». Il a ainsi demandé un financement durable des actions menées aux frontières et une meilleure prise en compte des communautés pastorales. Le représentant du Cameroun a d’ailleurs trois axes d’action : le premier axe porte sur le maintien des financements nationaux destinés à la vaccination, à la surveillance, au diagnostic et aux services vétérinaires, y compris après la fin des projets. Le deuxième concerne le financement d’actions coordonnées avec les pays voisins. Le troisième vise la mise en place de plans d’investissement associant les États et les partenaires financiers, avec une identification des ressources disponibles, des déficits de financement et des résultats attendus. Le ministre a cité l’UA BIRA, le PRAPS et les communautés économiques régionales parmi les structures pouvant contribuer à cette coordination avec la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) et l’OMSA (Organisation mondiale de la santé animale).

50 millions de l’Union Européenne

Les autres délégations ont présenté leurs propres expériences. La Tanzanie a mis l’accent sur le lien entre l’éradication de la PPR, la sécurité alimentaire et nutritionnelle, les revenus ruraux, le commerce du bétail et la résilience des systèmes agroalimentaires. Le Tchad a présenté ses investissements dans les campagnes de vaccination, les infrastructures vétérinaires et les services destinés aux communautés pastorales. Le Bangladesh et le Burkina Faso ont également exposé leurs priorités et leurs expériences dans la lutte contre les maladies animales transfrontalières.

La question du financement a occupé une place centrale dans les échanges. L’IGAD (Autorité Intergouvernementale pour le développement) a appelé à l’élaboration de plans d’investissement chiffrés et intégrés aux cadres nationaux et régionaux. L’objectif est de quantifier les besoins et de mieux mesurer les effets économiques des programmes consacrés à la santé animale. Chemin faisant, l’Union Européenne a annoncé une enveloppe supplémentaire de 50 millions d’euros pour une deuxième phase de soutien à l’éradication de la PPR en Afrique. Une mobilisation de 40 millions d’euros supplémentaires à travers des mécanismes de financement mixte est également envisagée.

L’Appel de Rome fixe l’horizon de l’éradication de la PPR à 2040. L’Union européenne est invitée à utiliser sa contribution comme financement catalyseur. La Fondation Bill et Melinda Gates et la Banque mondiale sont également appelées à investir dans des programmes fondés sur les données scientifiques et épidémiologiques. Les champions de la PPR devraient par ailleurs être associés au sommet Union européenne Afrique prévu en 2027 afin de maintenir la mobilisation politique et financière. Pour Dr Taïga, « les pays doivent investir, les partenaires doivent maintenir leur soutien et les régions doivent agir ensemble au niveau régional ».

Valgadine TONGA

 

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