De Japoma à l’Université Teikyo au Japon, le roi Jamil Songue Madiba porte la voix du Royaume Bakoko Wouri et donne une visibilité internationale à la tradition Sawa et à la royauté camerounaise.
À travers une exposition universitaire, patrimoine, symboles et parole royale deviennent les supports d’un dialogue entre le Cameroun, et partant, l’Afrique et le Japon. Le voyage de Sa Majesté Jamil Songue Madiba ne transporte donc pas seulement un homme. Le King Bakoko Wouri fait ainsi voyager une mémoire, les signes d’une royauté et une part de la tradition Sawa. À Teikyo, le patrimoine Bakoko change d’espace, de public et d’échelle.
L’enjeu dépasse la présentation d’objets culturels : ouvrir au Japon un espace de dialogue avec une culture africaine vivante, en faisant du patrimoine Bakoko un trait d’union entre transmission, recherche, jeunesse et coopération internationale. C’est dans cette perspective que, le 27 juillet 2026, le Professeur Takaaki Yoshioka, de la Faculté d’économie de l’Université Teikyo, proposa au Roi Jamil Madiba Songue une coopération entre le Yoshioka Laboratory et le Royaume Bakoko. La démarche prévoit la présentation au public japonais d’objets historiques, l’artisanat et l’artefact culturel, pour faire découvrir autrement le Cameroun, donc la tradition Bakoko Wouri à travers ses mémoires, ses savoir-faire et les symboles d’une royauté vivante.
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De la mémoire Bakoko à la scène internationale
Au Musée général de l’Université Teikyo, à Hachioji, une culture enracinée dans le Wouri entre dans un nouvel espace de visibilité. Le Royaume Bakoko y apparaît avec son histoire, ses traditions, ses symboles et son souverain. L’enjeu est aussi celui du regard : montrer une culture africaine à partir de ses propres signes et de ceux qui en portent aujourd’hui la mémoire. Le patrimoine Bakoko quitte ainsi son seul espace d’origine pour rencontrer un public japonais et un environnement universitaire.
Au cœur de cette rencontre se trouve S.M. Jamil Madiba Songue. Son portrait, associé aux représentations du royaume, de son environnement et de ses expressions culturelles, devient l’un des visages de cette mémoire exposée. La chefferie traditionnelle apparaît ainsi moins comme une institution tournée vers le passé que comme un espace de transmission capable de dialoguer avec l’université, la jeunesse et la recherche. Le Roi devient, dans ce dispositif, un acteur de médiation culturelle.
Une scène nouvelle pour le King Bakoko
Depuis son accession au trône, le 28 février 2023, après le décès de son père, le Roi Madiba Songue Salomon, Jamil Madiba Songue inscrit son action dans une dynamique de promotion du patrimoine et de l’identité camerounaise, avec des passerelles notamment vers le Bénin. Le rendez-vous japonais prolonge cette ouverture. À Teikyo, le souverain n’est plus seulement dépositaire d’une tradition dans son territoire : il devient aussi l’interlocuteur d’un dialogue entre deux univers culturels. Ouverte le 26 septembre 2026, l’exposition « Exposition d’un Roi africain : À la découverte de l’Afrique à travers le peuple Bakoko – Mpo’o et Sawa » donne corps à cette rencontre.
Chapeaux, hosshu ou chasse-mouches, colliers, textiles, photographies et documents audiovisuels composent le dispositif. Un message vidéo du Roi accompagne les travaux des étudiants du Yoshioka Laboratory sur le thème « Relier le Japon et l’Afrique ». La culture n’est donc plus seulement racontée. Elle est montrée, documentée et incarnée. Derrière les objets se dessine une autre dimension : celle de la coopération. Patrimoine, éducation, recherche et développement durable se rencontrent autour d’un même projet. Le patrimoine Bakoko devient un langage pour parler du Cameroun autrement : par ses peuples, ses traditions, ses autorités, ses savoir-faire et ses mémoires.
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La diplomatie culturelle prend alors une forme concrète, dans un musée, autour d’objets, d’étudiants, de chercheurs et d’un souverain traditionnel. Les promoteurs présentent l’exposition comme une « première historique ». Au-delà de cette formulation, elle marque surtout un changement d’échelle : une culture issue du Wouri trouve place dans une université japonaise et rencontre un public nouveau. Le véritable déplacement n’est peut-être pas celui des objets qui franchissent les frontières, mais celui du regard porté sur une culture. À Teikyo, le Royaume Bakoko entre dans l’université avec ses symboles, son histoire et son Roi. À travers Jamil Madiba Songue, la tradition Sawa gagne ainsi un nouvel espace de visibilité, entre mémoire, transmission, recherche et diplomatie culturelle.
Cheikh Malcolm EPANDA






