À Yaoundé, la présentation ce jeudi 24 septembre 2026, de l’État des Forêts du Bassin du Congo 2025 a donné lieu à un appel à renforcer le lien entre recherche scientifique, décisions publiques et financement de la gestion des ressources naturelles. Le document stratégique, présenté au siège de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale, Comifac, analyse notamment la mise en œuvre des conventions et accords internationaux relatifs aux forêts et à l’environnement.
« L’Etat des Forêts du Bassin Du Congo est un document qui présente l’état des lieux de l’exploitation forestière, de la conservation, de la gestion durable des forêts et de la biodiversité et comment est-ce que les différents Etats d’Afrique Centrale mettent en œuvre les différents accords internationaux qui ont été signés de manière à bien conserver les ressources et à gérer durablement nos ressources forestières et environnementales ». Cette précision du Secrétaire Exécutif de la Comifac, Hervé Martial Maïdou, face aux médias ce jeudi 24 septembre 2026 au siège de l’institution à Yaoundé, rentrait dans le cadre du vernissage de l’édition 2025 de l’Etat des Forêts, EDF.
La huitième édition de l’État des Forêts s’inscrit dans un processus engagé depuis plusieurs années par l’Observatoire des Forêts d’Afrique Centrale, organe technique de la Commission des Forêts d’Afrique Centrale (Comifac). Le rapport rassemble des données provenant des pays du Bassin du Congo et examine les effets des engagements pris dans les domaines de la biodiversité, du changement climatique, de la désertification, du commerce des produits issus de la biodiversité et des droits liés à l’environnement.
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Pour Richard Eba’a Atyi, éditeur en chef de l’ouvrage, l’enjeu porte sur le passage des engagements internationaux à leur mise en œuvre dans les pays. Il explique que l’analyse montre une différence entre les instruments dont l’application est assortie de mécanismes de contrainte et ceux qui disposent de mécanismes de suivi ou de sanction limités. Richard Eba’a Atyi soutient que « quand les accords sont contraignants, quand la non mise en œuvre est sanctionnée, il y a effectivité, les Etats réagissent ». À l’inverse, ajoute-t-il, « quand ce n’est pas sanctionné, il y a tendance à être un peu laxiste ». Le chercheur cite le fonctionnement de l’Organisation internationale des bois tropicaux comme un exemple des difficultés liées aux obligations des États. Il relève que certains pays bénéficient de financements liés à cette organisation tout en ne respectant pas certaines obligations de contribution.
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La question du financement de la recherche a occupé une place centrale dans les échanges. Les experts de la Comifac, du Lanscape Alliance, de l’Union Européenne…ont profité de la fin des travaux de ce jour, en présence des députés et sénateurs du Réseau des Parlementaires pour la Gestion Durable des Écosystèmes Forestiers d’Afrique Centrale (Repar), pour mettre l’emphase sur la problématique du financement. La Comifac souhaite désormais préparer l’édition 2027 avec une participation accrue des États. Son appel porte sur la contribution des onze pays de l’espace Comifac et sur la mobilisation des parlementaires auprès des institutions nationales. Le coordonnateur du Centre d’excellence de l’OFAC, Dr Abdon Awono, renouvelle son souhait, afin que les experts des onze pays puissent contribuer à cette prochaine édition.
« Aujourd’hui c’est la cérémonie de vernissage. Je tiens à préciser que ce processus a commencé depuis deux décennies environ. La première version était sortie en 2008 et nous sommes à la huitième édition, la version 2025. Et pendant tout ce processus la Comifac a été accompagnée par un soutien très efficace et consécutif à l’OFAC à travers différents projets et c’est d’ailleurs l’occasion pour moi d’adresser, au nom des Etats, nos remerciements, notre gratitude à l’Union Européenne qui a accompagné ce processus depuis deux décennies environ. J’espère bien qu’ils vont continuer à nous soutenir dans cet exercice. Alors vu l’importance de ce document stratégique et de décision pour les Etats, je lance un appel à tous les Etats de pouvoir contribuer dans la version 2027, 2027 qui commence déjà, nous l’avons lancé aujourd’hui. Les Etats doivent apporter leurs contributions, parce que les partenaires peuvent se retirer un jour », ponctue le Secrétaire Exécutif de la Comifac.
Dr Hermann Evariste Taedoumg de Landscape Alliance Cifor-Icraf est un des experts ayant contribué à la production de l’EDF 2025. Il invite les États à prendre des dispositions pour soutenir financièrement la recherche afin d’obtenir « des résultats fiables qui vont aider dans les négociations internationales pour améliorer les conditions de vie de nos communautés. Quand on prend le programme Budgétaire au niveau des États, il n’apparaît pas de chiffre exact pour la recherche scientifique ». Pour la Commission des Forêts d’Afrique Centrale, il est urgent de changer de paradigme.
Cette démarche intervient alors que les parlementaires réunis à Yaoundé travaillent sur le rôle des données scientifiques dans la gouvernance environnementale et la mobilisation des financements climatiques. Les travaux du REPAR portent notamment sur l’utilisation des données dans la décision publique et sur les mécanismes de financement liés au climat.
L’État des Forêts 2025 devient ainsi un support de dialogue entre chercheurs, administrations, parlementaires et partenaires. L’enjeu de l’édition 2027 sera de maintenir cette production de données et d’élargir la participation des États, alors que la Comifac prépare aussi son Plan de Convergence 2026 2035 consacré à la gestion des forêts, à la biodiversité, au climat et au développement durable dans le Bassin du Congo.
Valgadine TONGA






