Face à la recrudescence des violences mortelles faites aux femmes, la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (CSTC) monte au créneau et appelle à une réaction urgente des pouvoirs publics et de la société.
En l’espace de deux semaines, plus d’une dizaine de femmes ont perdu la vie sous les coups de leurs conjoints ou partenaires. Plus de 60 à 70 cas de féminicides ont été recensés depuis le début de l’année 2026. Autant de drames qui suscitent l’indignation et relancent le débat sur les violences faites aux femmes et à la jeune fille au Cameroun. Face à cette recrudescence des féminicides, la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc) est monté au créneau. Dans une déclaration au ton particulièrement ferme, la Cstc condamne « avec la dernière énergie » la multiplication des féminicides.
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Pour l’organisation syndicale, ces actes ne sauraient être réduits à de simples faits divers. Ils traduisent, selon elle, une crise sociale qui touche directement les familles, la société et le monde du travail. « Chaque jour qui passe, nos écrans et nos rues se font l’écho des vies brisées », déplore la Cstc, dans la déclaration signée de son président, Célestin Bama Synguima. Qui revient sur les femmes, les filles et les mères « arrachées à l’affection des leurs » dans des circonstances d’une extrême violence.
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La centrale syndicale s’inquiète également de voir des espaces censés garantir la sécurité et la protection devenir des lieux de violence. Le foyer familial, tout comme le milieu professionnel, devrait être, selon la Cstc, un espace de « sécurité, de dignité et de paix ». L’organisation rappelle que les femmes jouent un rôle essentiel dans la vie économique et sociale du pays, aussi bien dans les foyers que dans les bureaux, les marchés ou les usines.

Au-delà de la tragédie humaine, la Cstc considère les violences faites aux femmes comme un obstacle au développement, à la justice sociale et au respect des droits fondamentaux. Pour enrayer cette spirale meurtrière, la centrale syndicale appelle à une prise de conscience collective et à une mobilisation de l’ensemble des acteurs sociaux et politiques. Elle réclame notamment un renforcement de l’arsenal répressif et une justice intransigeante à l’encontre des auteurs de violences, afin que les responsables de ces actes répondent pleinement de leurs actes devant les tribunaux.
La Cstc demande également une meilleure protection des femmes et des filles, aussi bien dans la sphère privée que dans l’espace public, ainsi que la mise en place de mécanismes de soutien psychologique et social pour les victimes et leurs proches. Dans son appel, la Confédération syndicale entend faire de la lutte contre les violences faites aux femmes une cause collective. « Le silence est complice. L’indifférence est coupable », martèle-t-elle, appelant les Camerounais à « briser le silence » et à se mobiliser contre ce qu’elle qualifie de « massacre. Trop c’est trop ».
Blanchard BIHEL






