Le Groupe Somdia refuse la CNPS reprenne la Sosucam. Le PDG Olivier Parent impose le milliardaire camerounais William Nkontchou. Les travailleurs et syndicalistes estiment que si Sosucam a coulé sous Somdia, le repreneur qu’il veut imposer fera certainement pire. Ils proposent une union des deux candidats (le consortium de Nkontchou et CNPS-Kenya).
L’opération de cession des parts de Somdia (détenues par le Groupe Castel) dans la Sosucam n’a pas fini de livrer ces épisodes. Mardi 11 août 2026, à l’occasion de la sixième session du comité stratégique de pilotage du processus de cession des parts de la Somdia-Sosucam, les syndicats (CSTC, CTUC, CSAC, CSIC) ont participé pour la première fois aux travaux. C’était suite à une demande d’audience déposée à la Primature. L’ordre du jour portait uniquement sur les préoccupations des travailleurs, présentées par l’Intersyndicale. Le Président du Comité Mbotto Edimo Fréderic -Conseiller spécial N°1 des services du Premier Ministre-, a donné la possibilité aux syndicalistes d’exposer sur Le Livre Blanc. Un document volumineux qu’ils ont rédigé en deux mois, contenant toutes les préoccupations des travailleurs, le diagnostic de la Sosucam et les solutions pour le redressement de l’entreprise.
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Dans sa prise de parole en distanciel, le PDG de Somdia Olivier Parent a dévié l’ordre du jour et révélé, à la surprise de l’assistance et même du président du Comité que « le consortium de Nkontchou est candidat » qui va reprendre la Sosucam. Olivier Parent a été clair sur le fait qu’il ne soutient pas la deuxième candidature, celle de la CNPS associée au Kenya, « arrivée tardivement » selon lui. Le PDG de Somdia a avoué soutenir William Nkontchou parce qu’il travaille avec lui depuis 6 mois. Il a confié avoir « déjà pris certains engagements » avec l’homme d’affaires camerounais. Une déclaration qui n’a pas été du goût de l’assistance. « Il devait faire preuve de réserve, de neutralité. On ne peut pas être juge et parti. De plus, si avec Somdia, la Sosucam est tombée en faillite, qu’est-ce qui nous prouve que le Consortium de Nkontchou va relever la barque ? Si Somdia tient vaille que vaille à imposer Nkontchou, c’est dire qu’il sera toujours en arrière-plan », arguent des leaders syndicaux.
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Livre Blanc
L’Intersyndicale propose plutôt « aux deux candidatures de faire bloc. Ils ne sont que deux candidats : CNPS et Kenya, le consortium Nkontchou et Somdia. Qu’ils s’associent, pour une meilleure cohésion et la paix sociale ». Pour couper court, le président du Comité a rassuré qu’aucune candidature n’est encore validée. La séance a été ajournée pour une date non indiquée. Le temps pour les candidats d’étudier le Livre Blanc fournit par l’Intersyndicale, et de se prononcer.
Les syndicats sont sortis de la salle avec un gout d’inachevé, inquiets de la suite de cette affaire, qui se transforme en un serpent de mer. Peut-être qu’ils auront satisfaction, à l’issue de la séance de travail de négociation convoquée par le PDG de Somdia. Les travailleurs sont impatients de ce rendez-vous, dans les plantations de Mbandjock et Koteng. « Les syndicats n’imposent pas un repreneur. Nous sommes une force de proposition. Nous proposons des idées pour le bien-être des travailleurs. Nous attendons de chaque repreneur, un projet social. La liberté syndicale est à mal dans cette procédure. Nous craignons aussi pour nos emplois et nos vies, parce que visiblement, cette affaire à trop d’enjeux. Nous remercions le gouvernement qui a finalement compris notre place dans la procédure. Nous avons d’ailleurs été surpris de la courtoisie du président du Comité. Qui ne nous a pas intimidés ni traités avec condescendance comme le font certains. Le gouvernement doit aussi veiller à l’application de la liberté syndicale. » Si dans les bureaux et les hautes sphères, on ne parle que de cession, les plantations mènent leur vie.
Revendications syndicales
Sur le terrain, le calme, bien que pas rassurant, règne. Les travaux d’intercampagne (entretien des usines et des plantations pour la préparation de la campagne) ont repris. Plus de 1000 travailleurs saisonniers ont été rappelés dans les plantations à cet effet. La Direction générale de la Sosucam a organisé en juin la cérémonie d’aurevoir aux retraités. Elle a lancé la campagne des crédits scolaires. La Direction générale tient également les réunions statutaires mensuelles avec les délégués du personnel, et la rencontre trimestrielle entre elle et les présidents des syndicats.
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Les syndicalistes estiment que, malgré ces turbulences, si leurs recommandations sont prises en compte, la campagne sucrière de cette année se passera bien. Voici quelques-unes : le maintien de tous les travailleurs en poste, avec leur ancienneté ; la prime de cession pour tous les travailleurs, la prime d’austérité pour les travailleurs qui ont subi les mesures d’urgence ; les avantages des riverains, pour le maintien de la paix sociale autour de l’entreprise ; la restitution de l’IRPP (impôt sur le revenu des personnes physiques) retenus indument pendant près de 7 ans , sur le non logement des travailleurs; la négociation des droits de séparation éventuelle/définitive ; la situation des quotes-parts minoritaires. L’Intersyndicale réclame la mise sur pied d’un fonds de garantis de 5milliards Fcfa pour payer tous les droits-suscités. Elle demande aussi au repreneur de poursuivre la collaboration avec les organisations socio-professionnelles.
Valgadine TONGA






