Recueillement, débats identitaires et passation de pouvoir : le 4ᵉ Congrès de la Dynamique des Jeunes Bakoko (Dyjeba) s’est achevé sur l’installation de Cécile Sandrine Loè Mefouet, nouvelle présidente, sous le sceau de l’innovation dans la continuité. Une édition mémorable où la jeunesse Bakoko a prouvé qu’elle savait grandir ensemble sans renier ses racines.
Il est 6h30 ce samedi 25 avril 2026, et l’air frais du large, caresse déjà la petite cité balnéaire. Devant le Micotel, quartier général du 4ᵉ Congrès de la Dynamique des Jeunes Bakoko (Dyjeba), une marée humaine s’ébranle en silence. Le pas est lent, le recueillement palpable. La procession s’étire dans les rues encore ensommeillées jusqu’à une tombe sobre, fleurie pour l’occasion. Ici repose l’une des leurs, disparue en 2020. Une gerbe, une prière, des larmes retenues. Le congrès s’ouvre par un hommage vibrant. Comme un symbole : avant de construire l’avenir, la Dyjeba honore ses racines.
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Puis, retour au Micotel. L’atmosphère change de registre. Dans la salle de conférence, c’est l’effervescence. Les nouveaux bureaux des différentes familles défilent, sous le regard scrutateur des commissaires aux comptes. Statuts, mandats, régularité : tout est épluché. Le ton monte parfois, signe que la démocratie interne est bien vivante. Puis vient le plat de résistance : un débat sans filtre sur le mariage intracommunautaire. Le sujet brûlant délie les langues. « Nos valeurs se perdent si nous ne savons plus nous unir entre nous », lance une congressiste. « L’amour ne se commande pas, mais la culture se préserve », rétorque un jeune cadre. Les échanges sont vifs, nourris, parfois croustillants. On s’interpelle, on s’applaudit. La Dyjeba se cherche, mais elle se trouve.
Le mariage communautaire
Dimanche 26 avril. Le clou du spectacle. Devant un parterre d’autorités administratives, de têtes couronnées et d’invités prestigieux, le président sortant Jean Eudes Karel Mitende se lève. Visage serein, voix posée, il livre un bilan administratif et financier sans fard, assorti de recommandations pour ne pas laisser les projets « dormir dans les tiroirs ». L’émotion le submerge à peine lorsqu’il parle de gratitude. Il part « le sentiment du devoir accompli ».
L’instant solennel bascule dans l’éclat avec la remise des diplômes d’excellence. Le fondateur de la Dyjeba, tel un patriarche, distingue les membres infatigables. Tonnerre d’applaudissements. Mais c’est l’investiture du nouveau bureau qui électrise la salle. Leurs Majestés Honoré Mbokè, Désiré Bebe Nkomba, et Mgr Gabriel Anda Toko s’avancent. Les mains s’élèvent, les voix bénissent. Un sceau spirituel puissant pour un mandat placé sous le signe de « l’innovation dans la continuité ». La nouvelle présidente, Cécile Sandrine Loè Mefouet, prend les rênes avec un discours percutant, promettant un nouveau souffle sans renier l’héritage.
Mais un congrès de la Dyjeba ne se vit pas seulement en »Sanja et Kaba Ngondo ». En marge des joutes intellectuelles, place à la sueur et au sable chaud. Sur un terrain de fortune, un match de football fratricide oppose les congressistes à la jeunesse locale de Mouanko. Courses folles, tacles appuyés et rires tonitruants : la cohésion se forge aussi dans l’effort. Puis cap sur la plage de Yoyo, joyau de sable fin. On se baigne, on fraternise, on refait le monde sous les cocotiers. Le pari est donc réussi : rassembler l’élite et la base, en un même week-end, pour un cocktail détonnant de travail, de spiritualité et de fête. La photo de famille finale, immense et bigarrée, suivie d’agapes fraternelles et de grillades partagées, scelle définitivement une édition qui fera date. La Dyjeba a prouvé qu’elle savait grandir et réussir ensemble.
Nick De YEMY






