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Présidentielle 2018 : Akere Muna fait le procès de Biya sur la gestion de la crise anglophone

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Le candidat à la présidentielle du Front populaire pour le développement(Fpd) a, au cours de la convention liée à la présentation de son programme et de la vision du Cameroun futur, dressé un bilan sans complaisance de la situation socio-politique actuelle avec chiffres à l’appui en guise d’illustrations. Le déroulement de cette convention, à laquelle près de 3000 militants et sympathisants ont pris part au palais des congrès de Yaoundé, a eu lieu durant toute la journée du samedi, 22 septembre 2018, date marquant l’entame de la campagne électorale pour le scrutin du 7 octobre prochain.

"Notre pays(le Cameroun) est sinistré. Aujourd'hui, on a 200.000 personnes déplacées internes, 600.000 réfugiés au Nigeria, 70 à 80.000 élèves qui ne vont pas fréquenter les établissements scolaires dans les régions du Nord-Ouest et
Akere Muna fait salle comble au Palais des Congrès.

Notre pays(le Cameroun) est sinistré. Aujourd’hui, on a 200.000 personnes déplacées internes, 600.000 réfugiés au Nigeria, 70.000 à 80.000 élèves qui ne vont pas fréquenter les établissements scolaires dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest et 50.000 militaires tués“. Tel est le bilan statistique de la crise socio-politique contemporaine fait par Akere Muna à l’entame de la conférence de presse. Le candidat à la présidentielle du Front populaire pour le développement(Fpd) fait cette évaluation parce que Paul Biya a, d’après le prétendant à la magistrature suprême, échoué sur toute la ligne. “Biya a échoué dans la résolution de la crise anglophone parce qu’il n’a rien fait pour mettre un terme à ce problème. C’est pourquoi la crise perdure jusqu’à présent“.

Autant le coordonnateur national du Mouvement “Now” analyse l’incidence de la situation socio-politique actuelle, autant il relève l’impact économique de la crise anglophone sur les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest Cameroun. “Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest représentent 40% du Produit intérieur brut(Pib) du Cameroun. Ces zones anglophones sont, pour le pays, ce que le Cameroun est pour la zone franc. Déjà 100 milliards de Fcfa de perdu depuis 2016. On a perdu entre 6000 et 8000 emplois“. Akere Muna pense, de toute urgence, qu’il est l’homme de la situation susceptible de régler le contexte socio-politique s’il accède au pouvoir au soir du 7 octobre 2018. Il est impératif de restaurer la paix, clame l’ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats: “Il faut la paix élection ou pas élection. J’ai la chance de bien connaître ce système et d’avoir côtoyé toutes les institutions internationales de notre pays. Il faut un sursaut et je suis confiant que nous aurons ce sursaut le 7 octobre prochain“.

"Notre pays(le Cameroun) est sinistré. Aujourd'hui, on a 200.000 personnes déplacées internes, 600.000 réfugiés au Nigeria, 70 à 80.000 élèves qui ne vont pas fréquenter les établissements scolaires dans les régions du Nord-Ouest et
Akere Muna face aux médias, après la convention.

L’ancien président de Transparency international entretient donc l’espoir de vaincre l’élection présidentielle prochaine et de régler la crise anglophone. Bien de leaders politiques membres de la plateforme pour la Nouvelle République soutiennent, dans la même veine, la thèse suivant laquelle Akere Muna est le candidat anglophone qu’il faut pour parvenir au sursaut dont parle le postulant à la présidentielle. Victorin Hameni Bieleu, président national de l’Union des forces démocratiques(Ufdc), défend cet argument et s’inspire de ce qui s’était passé à la présidentielle 1992. “En 92, il y avait un candidat anglophone(Ni John Fru Ndi), chairman du Social democratic front (Sdf), que nous avions soutenu et qui avait gagné. Mais comme le système en place avait tripatouillé les suffrages, il nous a volé cette élection“, argue Hameni Bieleu. Qui demande, in fine, aux militants et sympathisants massés dans la salle du palais des congrès de voter pour Akere Muna, le candidat qui, d’après le leader national de l’Ufdc, rassure.

L’entrée en scène des amazones de la plateforme

Deux dames leaders féminins ont emboîté le pas à Jacques Maboula, coordonnateur de la plateforme pour la Nouvelle République, à Hameni Bieleu, ainsi qu’à Me Yondo Black Madengue, figure de la contestation lors des années de braise, qui ont, tous les trois, défilé sur le podium et entretenu le public. La première à haranguer la foule de militants et sympathisants de la plateforme est Habiba Issa. La présidente nationale de l’Union des populations du Cameroun(Upc) a décrié la litanie des tares qui jonchent les bureaucraties étatiques. Corruption, prévarication, mal gouvernance, népotisme, favoritisme, sectarisme, tribalisme d’État, faux et usage de faux, sont, entre autres, des scories que la figure de proue féminine a dénoncées. E exige, par conséquent, que P. Biya ne soit plus élu le 7 octobre prochain. “Paul Biya doit être remplacé. Il mérite la retraite politique. Comment pouvez-vous voter, une fois encore, pour un homme de 86 ans à la tête du Cameroun? Il faut qu’il se repose et cède le pouvoir. Akere Muna est l’homme qu’il faut à la place qu’il faut“, a soutenu Habiba Issa, qui a drainé un contingent de milliers de militants et sympathisants du parti historique des dix régions camerounaises. Lire aussi :Présidentielle 2018/Candidats : Qui est Akere Tabeng Muna (ATM) ?

"Notre pays(le Cameroun) est sinistré. Aujourd'hui, on a 200.000 personnes déplacées internes, 600.000 réfugiés au Nigeria, 70 à 80.000 élèves qui ne vont pas fréquenter les établissements scolaires dans les régions du Nord-Ouest et
Me Bernard Muna (à gauche) et Me Yondo Black Madengue (à droite).

Autre tête de proue des amazones ayant tenu en haleine l’auditoire parfois en transe, c’est Alice Sadio. La présidente nationale de l’Alliance des forces progressistes(Afp) est montée sur scène et appelé ses pairs et tout le peuple camerounais à accorder les suffrages à Akere Muna, le fondateur d’un nouveau Cameroun. Pour la secrétaire générale de la plateforme pour la Nouvelle République, Akere Muna est le seul leader capable d’implémenter les leviers de la bonne gouvernance, en l’occurrence ceux relatifs à la gouvernance démocratique, à la gouvernance économique ainsi qu’à la gouvernance d’entreprise. Relativement à la gouvernance d’entreprise, Akere Muna se dit, d’ailleurs, prêt à attaquer certaines entreprises, par exemple des entreprises chinoises, qui s’enrichissent au Cameroun sur le dos des travailleurs camerounais. “J‘ai parlé de ces entreprises qui croulent sous le poids fiscal. Il y a des entreprises qui s’enrichissent au Cameroun sur le dos des Camerounais. J’indexe les entreprises chinoises basées dans la région de l’Est, où les travailleurs exercent sans contrat. C’est pas normal. Il faut arrêter cela“.

Entamée vers la fin de la matinée, la convention liée à la présentation du programme du candidat du Front populaire pour le développement(Fpd) et de la vision du Cameroun futur s’est achevée dans la nuit et a vu la participation de la quasi-totalité des leaders politiques membres de la plateforme pour la nouvelle république et des acteurs éminents de la société civile, à l’instar de Me Yondo Black Madengue. Cet avocat de renommée internationale a contribué, antérieurement, à la formation de Akere Muna. La tête emblématique de la contestation au début des années 90 a, d’ailleurs, relevé que l’élève Akere a dépassé, aujourd’hui, le maître qu’il est, reste et demeure vu sa stature internationalement reconnue.

Serge Aimé BIKOI

Lire aussi :Akere Muna : «Cinq langues locales enseignées obligatoirement dès le primaire, et au secondaire, on choisira entre deux langues locales»

Extrait de l’allocution d’Akere Muna…”Election ou pas élection, il faut la paix”

ATM est né en août 1952 à Ngyen Mbo, département de Momo dans la région Nord-Ouest du Cameroun. Il est le fils de Solomon Tandeng Muna
Akere Tabeng Muna.

“Je voudrais dire et vous faire comprendre que notre pays est sinistré. Les gens ne se rendent pas compte. Aujourd’hui où je vous parle, on a 200.000 personnes déplacées internes, et l’exode que nous voyons dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest va nous amener à atteindre 500.000, voire 1million de déplacées internes. L’heure est grave, ce n’est pas tout. On a quasiment 60.000 réfugiés au Nigéria. Et ce n’est pas tout. On a environ 70.000 à 80.000 élèves qui n’ont pas fréquenté. On est à presque 600 personnes tuées, militaires et civils confondus. Les gens ne pensent pas au volet économique. Le Nord-Ouest et le Sud-Ouest représentent 40% du Pib du Cameroun, donc ces régions sont pour le Cameroun, ce que le Cameroun est pour la zone Cemac. Beaucoup d’entre vous avez lu le rapport du Gicam l’année dernière. On a enregistré une perte de 56milliards. Cette année, on va avoisiner les 100milliards Fcfa. On aura la chute de plusieurs denrées. N’oubliez pas que le 1/5ème du maïs du Cameroun vient du Sud-Ouest, soit environ 300.000tonnes. On a perdu entre 5000 et 6000 emplois. Et ce n’est pas tout.

Quel est le coup de la guerre ? On peut dire ce qu’on veut, mais tous les Camerounais le savent, il faut la paix. Election ou pas élection, il faut la paix. C’est pour ça que je pense, comme un Camerounais qui a la chance de connaître bien ce pays, bien ce système, d’avoir trempé pendant presque trente ans dans les principaux maux de ce pays –la corruption, la mal gouvernance-. Je connais très bien notre système politique. J’ai côtoyé tout le système international avec qui le Cameroun traite. Je pense que j’ai le devoir de mettre ces connaissances au service de mon pays. C’est ce que je recherche à faire, pas seul, avec les Camerounais de mon pays. Notre pays se meurt. Il faut un sursaut, et je suis conscient que nous aurons le sursaut le 7 octobre.

Un des piliers sur lequel le Maep (document de 400 pages produit par vingt consultants, sur l’évaluation du Cameroun dans tous ses aspects, et qui forge le programme du candidat A.Muna, Ndlr) est bâti c’est la gouvernance d’entreprise. Je parle des entreprises qui croulent sur le poids fiscal. Le regroupement d’entreprise c’est l’extérieur et l’intérieur. Comment est-ce qu’une société peut être citoyenne ? Il y a des sociétés au Cameroun, qui sont beaucoup d’argent, sur le dos des Camerounais. Je vais nommer clairement, les sociétés chinoises. Dans l’Est il y a ce problème, au Centre, vers Bafia, il y a des gens qui travaillent sans contrat de travail. Ça c’est la gouvernance d’entreprise.”

Décrypté par Valgadine TONGA

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