Samuel Eto’o Fils : «C’est impossible de nous mettre de côté»

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Betoo. A peine avoir vu le jour, l’entreprise spécialisée dans les paris a nourri la polémique. Pas besoin de lire dans la boule de cristal pour comprendre le problème, c’est Samuel Eto’o. Ses détracteurs reprochent au goléador d’investir dans les jeux de hasard. Sauf que, explique le Directeur général de Betoo, Yves Kingue, toutes les entreprises de paris sportifs qui ont investi le Cameroun sont étrangères. Elles vident le Cameroun de ses ressources. 100% camerounaise, Betoo qui compte déjà cent employés Camerounais, vient proposer une nouvelle approche, avec un volet social. Face à la presse le 15 novembre courant à Douala, Samuel Eto’o, égérie et promoteur de Betoo a expliqué pourquoi il faut parier sur Betoo. (V.T.)

Qu’est-ce qui vous a séduit dans ce projet pour vous amener à le financer et à y associer votre image ?

Quand on fait un business c’est pour gagner. Le business plan était bien élaboré. J’avais l’opportunité de donner, une fois de plus, la chance à deux Camerounais qui ont décidé de se lancer dans cette affaire. J’ai pris la décision avec mon équipe de soutenir le projet. De l’autre côté je me suis dis, pour une fois qu’on peut consommer camerounais et que l’argent tourne entre nous, c’est quelque chose d’exceptionnelle. Autre raison, je côtoie certains patrons qui ont décidé d’investir dans le business des jeux du hasard. De plus, le plus grand sponsor de tous les grands championnats européens c’est une compagnie de pari sportif. J’aime ce pays, j’ai la volonté et le souhait d’offrir des opportunités aux jeunes camerounais pour une simple raison : le bien-être de nos concitoyens. D’autres diront qu’il s’agit de jeux de hasard, certes, mais si les Camerounais ne jouent pas chez moi ils iront jouer ailleurs. Si vous nous dites que ça ne marchera pas, je demanderais aux jeunes de travailler sur un autre business et s’il nous apporte un plus, je vais les accompagner. Mais je pense vraiment qu’il faut accompagner ce projet. Si ça ne marche pas, ce sera simplement du fait de la mauvaise foi de tous nos frères. Ce n’est pas comme à l’époque avec Set’Mobile où j’avais un Dg Blanc. Aujourd’hui j’accompagne un projet totalement camerounais, financé par un Camerounais. Je ne maîtrise pas le projet, mais j’accompagne parce que je leur fais confiance. Si ça ne marche pas je sais que je vais perdre, mais je souhaite que ça marche, pour pouvoir aider d’autres jeunes.

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Set’Mobile a connu l’échec qu’on sait. N’avez-vous pas de craintes avec cet autre projet ?

Je n’ai jamais eu peur, et je sais me relever. Je pense que si on veut rêver grand, si on veut faire de belles et de grandes choses, il faut avoir le courage de toujours aller de l’avant. J’ai trouvé deux jeunes Camerounais qui veulent rêver et j’ai apporté mon soutien de grand-frère. Nous avons des frères qui sont brillants mais qui sont en manque d’opportunités. Wilfried il y a dix ans n’aurait jamais cru qu’il serait mon manager. Je suis même sûr qu’il me regardait à la télé et se demandait comment faire pour m’approcher. Aujourd’hui il négocie mes contrats et il le fait mieux que les Blancs que j’avais autour de moi, et certains d’entre eux qui me volaient. Mais surtout, il (Wilfried) est Camerounais. Le Dg de Betoo est un brave camerounais, jeune. C’est ce que nous devons encourager. Le Cameroun de demain se construira avec cette jeunesse. On doit compter avec notre jeunesse, c’est impossible de nous mettre de côté. Nos parents nous ont permis, pour certains de faire de grandes études, pour d’autres de savoir jouer au football.

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Dans quelle formule Betoo soutiendra-t-il le championnat local ?

Ma seule exigence dans Betoo était que ces jeunes (les porteurs de projet) accompagnent nos clubs de football parce qu’ils sont les vrais acteurs du football. Ils m’ont apporté la garantie qu’ils le feront. Maintenant j’espère juste que leur entreprise marchera bien et qu’ils respecteront leur parole. Beaucoup de présidents de clubs investissent énormément d’argent dans le football, alors qu’ils ont les difficultés à se nourrir. Ils sont pourtant à l’origine de toutes les émotions que nous avons à travers le football. Ce sont des personnes qu’on oublie. Quand un Eto’o devient célèbre, on ne pense pas au petit président qui était derrière lui jour et nuit, lui filait 1000Fcfa pour que Samuel vienne aux entraînements. J’ai donné comme conditions aux jeunes de Betoo, de tirer les autres vers le haut s’ils réussissent, en commençant par les présidents de clubs qui offrent énormément mais qui ne sont pas toujours reconnus. A peine, ils ont le merci.

Combien a coûté le projet, du moins à cette date ?

Je ne suis plus dans les polémiques le Koat. Le plus important ce n’est pas l’argent, mais le projet que ces jeunes ont, tout ce qu’ils peuvent apporter à nos concitoyens comme aide, c’est ce qui est important dans ce business.

www.betoo.cm

Décryptée par Valgadine TONGA

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