Présidentielle 2018 : Un militant du Rdpc appelle Paul Biya à ne pas être candidat

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Pierre Marie Bebga demande à son illustre camarade, président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais de jeter l’éponge. Le militant de la sous-section Yaoundé 2ème l’a relevé dans une lettre ouverte envoyée au président de la république en date du 22mai 2018.

«Après 35ans de règne sans partage à la tête de notre pays, vous représenter à l’élection présidentielle de 2018 serait suicidaire pour le Cameroun». C’est la phrase essentielle de la lettre ouverte de Pierre Marie Bebga, laquelle jette un pavé dans la marre, en demandant à Paul Biya de ne pas se présenter à la prochaine échéance électorale. «Camarade président national, pendant votre magistère, vous avez fait ce que vous avez pu. Aucune œuvre humaine n’étant parfaite, la nation ne vous en tient pas rigueur. J’estime aujourd’hui qu’il est grand temps de passer la main», soutient le militant de sous-section Rdpc de Yaoundé 2ème. Ce transfuge du Mrc justifie sa position en faisant savoir au président de la République que le Cameroun n’est pas sa «propriété et ne saurait l’être», et que «le Rdpc est un héritage commun».

Pierre Marie Bebga demande à son camarade, président national du Rdpc de jeter l'éponge. Le militant de la sous-section Yaoundé II l'a relevé dans une lettre ouverte. «Vous avez fait ce que vous avez pu. Aucune œuvre humaine n'étant parfaite, la nation

Paul Biya s’adresse au peuple Camerounais (Archives).

«Nous ne vous  voterons pas, vous candidat en 2018», clame Bebga qui dévoile les critères de choix du meilleur candidat du parti au pouvoir, qui mérite de se présenter à la présidentielle. D’après cet acteur politique, il est idoine d’élire :

  1. Un président capable d’appeler chaque membre du gouvernement par son nom
  2. Un président qui s’adresse, de manière régulière, à des compatriotes et non deux fois par an (31 décembre et 10 février)
  3. Un président qui mettra en application l’article 66 de la Constitution un an après sa prise de fonction
  4. Un président qui nous rendra la décentralisation effective un an après sa prise de fonction
  5. Un président capable de sillonner régulièrement les 10 régions camerounaises pour écouter, dialoguer et agir
  6. Un président qui nous remette en phase avec notre histoire, la reconnaissance totale et un statut officiel des pères fondateurs de notre République, de tous nos martyrs et de tous nos héros. Aussi veut-il un président soucieux du rapatriement des restes du tout premier président de la République du Cameroun, Ahmadou Ahidjo.

P.M. Bebga conclut à la thèse suivant laquelle «il ne votera pas pour Paul Biya parce qu’il a trompé le peuple en lui arrachant, par la ruse, ce que lui-même lui a donné de plus cher, à savoir et la liberté d’expression confisquées par l’odieux système des investitures et autres consensus qu’il impose lors des élections». Bebga est le 3ème militant du Rdpc à demander au président national du Rdpc de ne plus se représenter comme candidat à la présidentielle. Au départ, c’était Tobie Ndi, alors conseiller municipal de la commune d’arrondissement de Ngomedjap, qui avait exprimé le vœu de challenger son camarade. Mais sa candidature avait été rejetée lors des assises du congrès ordinaire du parti du flambeau ardent. Le 2ème à exiger le départ de P.Biya de la tête du Cameroun, c’est Bonaventure Saint Eloi Bidoung, à l’époque conseiller municipal de la commune d’arrondissement de Yaoundé 6ème, aujourd’hui 1er adjoint au maire de ladite commune. Bidoung avait, en 2015, été opposé au défunt maire Paul Martin Lolo lorsqu’il avait demandé à son camarade de ne plus se représenter comme candidat à la présidentielle. Même le comité central du parti au pouvoir avait tancé Saint Eloi Bidoung pour avoir visé le poste de président de la République.

Serge Aimé BIKOI

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