Série sur la Police municipale de Douala et abus urbain / Acte 1

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Les usagers des routes de la ville de Douala sont habitués à subir des embouteillages dans l’agglomération urbaine, parfois à des endroits où ils s’attendaient le moins. Ces embouteillages sont à ce moment-là causés par des automobilistes, taxis, motos et toute autre voiture utilitaire, qui essaient de faire des manœuvres et retourner sur leur chemin, question de ne pas tomber dans les griffes des agents de la police municipale.

Les usagers des routes de la ville de Douala sont habitués à subir des embouteillages dans l’agglomération urbaine, parfois à des endroits où ils s’attendaient le moins

Roland Tsapi.

Sans crier gare, ces derniers investissent à volonté une partie de la route et se placent des deux côtés et procèdent à des interpellations en désordre, utilisant même la herse pour empêcher des véhicules de leur échapper. Et comme la ville de Douala s’étend sur plusieurs arrondissements, il arrive que les usagers les rencontrent 4 voire 5 fois sur leur chemin le matin en sortant. Les usagers de la route ne sont pas les seules victimes. Il y aussi les vendeurs à la sauvette qui installent les marchandises sur la chaussée, ou des propriétaires voient souvent leurs voitures embarquées pour la fourrière municipale, ou les roues bloquées par des sabots. Ces agents de la police municipale, qu’ils soient des communes d’arrondissement ou de la communauté urbaine de Douala, ont réussi à faire l’unanimité contre eux. A l’évocation de ce corps, tous les visages se ferment, à causes de divers actes d’abus qui leurs sont attribués. Qui sont-ils en réalité ? Ils font partie d’un corps dont la création est encadrée par la loi n° 2004/018 du 22 juillet 2004 fixant les règles applicables aux communes, dans les articles 86 et suivants.

L’alinéa 1 de l’Article 86 souligne que le maire est chargé, sous le contrôle du représentant de l’Etat, de la police municipale de l’exécution des actes de l’Etat y relatifs. L’alinéa 2 précise que la création d’un service de police municipale est autorisée par délibération du conseil municipal qui en fixe les attributions, les moyens et les règles de fonctionnement. L’objet de ce corps est d’assurer le bon ordre, la sûreté, la tranquillité, la sécurité et la salubrité publique. Quant aux missions de cette police, indiqués à l’article 87, elles consistent en «la sûreté et la commodité du passage dans les rues, quais, places et voies publiques, en l’occurrence le nettoiement, l’éclairage, l’enlèvement des encombrements, la démolition ou la réparation des édifices menaçant ruine, l’interdiction de ne rien exposer aux fenêtres ou autres parties des édifices qui puisse causer des dommages ou des exhalaisons nuisibles ; Le mode de transport des personnes décédées, des inhumations et exhumations, le maintien du bon ordre et de la décence dans les cimetières, sans qu’il soit permis d’établir des distinctions ou des prescriptions particulières à raison des circonstances qui ont accompagné la mort ; L’inspection des appareils et/ou instruments pour les denrées qui se vendent au poids ou à la mesure, et sur la salubrité des denrées comestibles exposées en vente ; la prévention, par des précautions convenables, et l’intervention, par la distribution des secours nécessaires, en cas d’accident et de fléaux calamiteux, tels que les incendies, les inondations ou tous autres accidents naturels, les maladies épidémiques ou contagieuses, les épizooties, la mise en œuvre de mesures d’urgence en matière de sécurité, d’assistance et de recours et, s’il y a lieu, le recours à l’intervention du représentant de l’Etat, auquel il est rendu compte des mesures prescrites ». L’Article 92 de la même loi indique qu’en l’absence d’un service de police municipale, le maire peut créer un service d’hygiène chargé de la police sanitaire de la commune. Une loi suffisamment claire. Et déjà on se demande où est le lien entre ces missions et tous les abus dont on les accuse de commettre dans  les rues et les marchés. Le sujet est suffisamment vaste et préoccupant pour que nous puissions en parler en un seul jour, nous y reviendrons dans les prochaines chroniques.

Roland TSAPI, Journaliste

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