Nécrologie : Il s’appelait… Jean Jacques Ewong

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Reporter-photographe à la notoriété outre atlantique et promoteur de l’agence d’images Aras press établie à Paris, l’homme qui a couvert plus d’une dizaine de phases finales de la Coupe d’Afrique des nations (Can) et cinq Coupes du monde, a rendu l’âme lundi 11 février 2019, à Yaoundé, vaincu par un malaise.

La nouvelle, pour assommante qu’elle est, tombe aux environs de 9h. Alors que les confrères de la presse sportive peinent à croire qu’il ne s’agit guère d’un fake news comme il en foisonne ces derniers temps sur la toile, c’est un post de Jean Claude Ngoo, le frère cadet du défunt, qui vient confirmer que celui qu’on appelait affectueusement « JJ » a effectivement tiré sa révérence. « J’ai le regret de vous annoncer le décès de mon grand frère Jean Jacques Ewong au Centre médical le Jourdain à Yaoundé à 5h 50 minutes », annonce-t-il laconiquement sur son mur Facebook.

S’en suit une pluie de messages de condoléances, de tristesse et surtout des témoignages nostalgiques puisées dans les moments passés en compagnie de l’homme qui exerçait sa profession de reporter-photo depuis plus de 20 ans avec une passion débordante. Entre surprise et stupéfaction, la (mauvaise) nouvelle, telle une traînée de poudre, va faire le tour du monde, provoquant une onde de choc dans les rangs de ses amis, ses confrères et même ceux des jeunes férus de la photographie qui se sont abreuvés à la source de Jean Jacques Ewong. La surprise est d’autant plus grande qu’il n’était pas malade, on imaginait mal que ce malaise qui l’a conduit à la clinique le Jourdain, le conduirait finalement dans la chambre froide d’une morgue.

Reporter-photographe à la notoriété outre atlantique et promoteur de l’agence d’images Aras press établie à Paris, l’homme qui a couvert plus d’une dizaine de phases finales de la Coupe d’Afrique des nations (Can) et cinq Coupes du monde, a rendu l’âme lundi 11 février 2019, à Yaoundé, vaincu par un malaise

Jean Jacques Ewong. A jamais!

Professionnel accompli

Beaucoup gardent de l’homme, le souvenir d’un professionnel accompli, un bosseur, un amoureux du travail bien fait, un esthète dont on salue aujourd’hui  la magie qu’il pouvait créer avec son appareil photo. C’était aussi un homme affable, disponible, sympathique, humble et toujours prêt à prodiguer des conseils à la jeune génération. Sans complexe, sans arrières pensée, sans fausse modestie. C’était une belle âme, un bonhomme sans histoire qui aimait ce qui faisait et marquait par ces qualités, les esprits de ceux qui avaient le bonheur et la chance de le côtoyer. C’est peut être pourquoi le célèbre journaliste africain et fondateur du site Mauritanie foot, Lassana Camara  pense que l’illustre défunt va manquer aux stades africains et surtout aux férus du football. « La mort d’un monument de la presse sportive africaine, le camerounais Jean Jacques Ewong, l’homme a couvert plus de 10 éditions de la Coupe d’Afrique, plus de 5 coupes du monde », peut-on lire sur sa page avec une photo de « JJ ». Ses voyages à travers l’Afrique et le monde avaient bétonné sa réputation et garni son impressionnant CV qui faisait saliver les bleus de la profession.

Un homme bon, un homme bien

Priscille Moadougou Atangana, journaliste à la Société de presse et d’édition du Cameroun (Sopecam) perd celui qu’elle appelait affectueusement « Molla des ways ». En guise d’hommage à cet aîné et ami, elle se remémore les multiples reportages qu’elle a réalisé avec l’aide de celui qui était en réalité « (…) un homme bon! Un homme bien. Il n’y avait jamais de problèmes en situation de reportage, mais des tas de solutions dont il était le seul à détenir le secret! Je ne citerais pas le nombre de fois qu’il m’a envoyé en inbox les photos retrouvées dans ses archives. Ce qui avait le chic de m’arracher un de ces fous rires ! Mais là, je ne peux plus rire. L’annonce de ton départ brusque m’a rendu ébaubie. Je ne te savais même pas au Cameroun. Il ne me reste que les souvenirs (..)», confie-t-elle sur sa page Facebook.

Ancien élève du Collège Vogt de Yaoundé, Jean Jacques Ewong bossait pour Aras Press, agence spécialisée dans le reportage, la photographie, la vidéo, l’événementiel, les archives photographiques –surtout-celles de l’équipe nationale fanion, a pour principal but, de mettre à la disposition de la presse, le maximum d’infos et de photos sur cette équipe qui est progressivement devenue un label. « Notre satisfaction vient d’abord du fait que nous assurons le droit de mémoire de la sélection nationale aux compétitions internationales. Car, depuis les années 90 on n’a pas beaucoup de photos de nos Lions », confiait-il. Repose en paix « JJ » !

Daniel NDING

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