Jean Baptiste Sipa… le Baobab est tombé

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L’un des précurseurs de la presse privée au Cameroun, qui a tout donné au journalisme, s’en est allé en fin de matinée, ce mercredi 10 juillet 2019.

Quelle nouvelle ! C’est à n’en point douter le coup fatal qu’il fallait assener à la presse camerounaise en cette année. Le destin n’a pas fait dans la dentelle. Comment trouver les mots adéquats, simples et à la fois lourds de sens, comme il nous l’a enseigné au quotidien Le Messager ? Aussi simple, hélas, Jean Baptiste Sipa, ou «Coach» comme on aimait l’appeler au Messager, est mort. Venu au monde dans l’environnement simpliste de Bayangam (dans l’Ouest du Cameroun), le 2 juin 1938, Coach a mené une existence on ne peut plus simple, sans jamais se préoccuper de grades, de son ancienneté dans la presse pour écraser les bleus. Et c’est simple, dans la tranquillité de son domicile à Pk 11 à Douala qu’il a quitté ce monde de vaniteux.

A l’arrivée de La Voix Du Koat sur les lieux à 13h, l’ambiance est calme. Il n’y a presque personne, le deuil venant juste de se déclarer. Quelques manœuvriers s’affairent à réparer la porte pour la fermer.  Dans la maison, un plat contenant une fourchette est posée sur la table. Sur le réchaud, est déposée une marmite contenant du haricot vert  qui était son aliment recommandé, depuis son Avc il y a quelques années. Coach vivait uniquement avec son petit-fils Herman, qui avoisine les 18 ans. «Ce matin, il se portait bien. Il est même sorti avec un emballage plastique acheter quelque chose à la boutique d’à côté. Il est revenu bien portant et s’est assis dans le fauteuil, derrière son plat posé sur la table. Quelques instants après, un câbleur du quartier passait par là est venu le saluer, mais il l’a trouvé couché et inerte. Il est sorti m’appeler. Nous avons constaté qu’il était inerte. On a appelé sa fille. Quand elle est arrivée, nous l’avons amené à l’hôpital, où on a constaté son décès», raconte Herman.  On le savait malade certes, mais ça n’empêche pas la douleur. «Il avait fait un Avc en 2008. Il avait gardé quelques séquelles, mais il était revenu fort et avait renoué avec les productions intellectuelles, même si le rythme avait un peu baissé. Depuis lors, il n’avait pas développé une maladie particulière. Au contraire, avec son Ong Article 55, il travaillait avec d’autres membres de la société civile. On a travaillé ensemble lundi soir à Douala, à Un Monde Avenir», raconte, dépité, Roland Tsapi.

L’un des précurseurs de la presse privée au Cameroun, qui a tout donné au journalisme, s’en est allé en fin de matinée, ce mercredi 10 juillet 2019. Quelle nouvelle ! C’est à n’en point douter le coup fatal qu’il fallait assener à la presse camerounaise en cette année. Le destin n’a pas fait dans la dentelle. Comment trouver les mots adéquats, simples et à la fois lourds de sens, comme il nous l’a enseigné au quotidien Le Messager ? «Ce matin, il se portait bien. Il est même sorti avec un emballage plastique acheter quelque chose à la boutique d’à côté. Il est revenu bien portant et s’est assis dans

Ici, s’abreuvaient les jeunes à la source de J.B. Sipa

Coordonnateur de l’Ong Un Monde Avenir, Philippe Nanga est l’une des  premières personnes à apprendre et à faire écho de la triste nouvelle. «On a travaillé sur un projet lundi 8 juillet jusqu’à 22h. Il a dû me laisser parce qu’il ne se sentait plus bien. Je l’ai accompagné prendre un dépôt. Je lui ai dit de se reposer. J’appelais ce matin pour me rassurer que ça va, et c’est sa fille qui a décroché pour me dire qu’il vient de décéder. Et que le corps est même encore à la maison. C’était aux environs de 12h», narre Philippe Nanga. Qui reconnaît que ce n’était plus la grande forme depuis quelques temps. «Il avait toujours des malaises, il était fatigué, ce qui est compréhensible, vu son âge. Il m’avait confié il y a deux ans qu’il résiste, mais que je ne sois pas surpris d’apprendre un matin qu’il est décédé

«C’est un baobab de la presse camerounaise. Quand on parle de la presse privée, voilà un des précurseurs», soutient  le journaliste-chroniqueur Germain Ekwe. Et d’ajouter : «Il a été à l’Effort Camerounais, il a été Directeur adjoint de la Gazette. Il a été chroniqueur, conseiller, coordonnateur, Directeur de publication au Messager pendant de longues années. Il a collaboré à Football Elite que j’ai eu le privilège de créer avec mon ami Atangana Fouda. C’est une légende camerounaise qui disparaît.» Germain Ekwe qui a notamment collaboré des années avec Coach au Messager nous apprend qu’étant à l’Effort camerounais, «il a été envoyé en stage de recyclage de journalisme en France par Monseigneur Albert Ndongmo avant de revenir au Cameroun. Il n’a pas fait l’école de journalisme. Il a été formé sur le tas. Il avait vraiment la vocation de ce métier. Je suis à son école

Du haut de ses longues années de pratique du journalisme, Jean Baptiste n’a pas goûté aux geôles, parce qu’il maîtrisait l’essence, les sens et la mesure des mots. Lors d’un séminaire de renforcement des capacités des médias en mai 2017, ce pédagogue né disait encore à ses jeunes confrères : «Quand on est bon journaliste, on est un instrument de la société. Quand vous dites la vérité dans la politesse, le respect, on a de la difficulté à se saisir de vous. Les Camerounais sont très patients avec nous parce que ce que je lis, vois, écoute tous les jours entraînerait chaque jour l’emprisonnement d’un journaliste, dans ce pays où on ne veut pas dépénaliser les délits de presse. Quand vous avez la jouissance de la parole publique, vous n’avez pas le droit de dire n’importe quoi.»

Qu’il me soit permis, de te dire à travers mes faibles mots, Adieu Coach !

Valgadine TONGA                                                              

Lire aussi :Citoyenneté : Les journalistes débattent sur leur implication

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