Agriculture: les péripéties de l’ agro-industrie au Cameroun

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Si les entrepreneurs reconnaissent que l’agriculture est la racine du développement d’un pays, ils regrettent que l’ agro-industrie ne représente que 11% du Pib du pays.

Si les entrepreneurs reconnaissent que l’agriculture est la racine du développement d’un pays, ils regrettent que l’ agro-industrie ne représente que 11% du Pib du pays.

Soutenir les producteurs locaux.

Aucun pays ne s’est développé en faisant fi de son agriculture. Au Cameroun, on prend peu conscience de cette réalité. L’industrialisation de l’agriculture a encore bien du retard, malgré des ressources variées (coton, cacao, café, riz, banane, plantain, bois, manioc…). Comment booster l’agro-industrie au Cameroun ? La question s’est posée ce jeudi 1er juin 2017 à l’ouverture de la deuxième édition du Club Afrique Développement, initiative de la SCB, filiale du Groupe marocain Attijariwafa Bank. Fil conducteur des échanges, « Agro-industrie : Défis et contribution à la croissance économique nationale». On aura appris que l’agro-industrie (agriculture dont la finalité c’est l’industrie) représente 11% du Produit intérieur brut (Bip) et 33% de la production industrielle. Elle emploie  plus d’un million de personnes. Ce qui, bien évidemment, est insignifiant. D’autant plus que le pays est le deuxième massif forestier d’Afrique, avec près de 17 millions d’hectares de forêts exploitables. Sur les 6,2 millions d’hectares  de terres arables, seulement 20% sont exploitées.

Le président d’Entreprises du Cameroun (Ecam), Protais Ayangma, constate que «l’agriculture est le parent pauvre de l’économie, pourtant c’est le cacao qui nous a nourris. Tous les parents veulent que leurs enfants deviennent des ingénieurs, des banquiers, et non des agriculteurs. Il est paradoxal qu’on ait autant de terre arable et un fort taux de chômage», regrette ce patron. A côté de ce facteur démotivant, «il y a le problème du machinisme. L’Etat pourrait avoir un pack de matériels agricoles mis à la disposition des agriculteurs.» Protais Ayangma évoque en outre les tracasseries que rencontrent les investisseurs pour accéder aux terres, «l’accès au financement est un problème crucial», s’indigne-t-il.

1000 Milliards de produits alimentaires importés

Ce n’est pas Célestin Tawamba, Président Directeur général (PDG) du groupe Cadyst Invest qui le démentira. Lui qui a essuyé au début de sa carrière les refus des banques pour le financement de ses projets. «Si les banques refusent de financer les entreprises ou les créateurs de start-up, qui vont-elles financer ? J’ai commencé avec 25 tonnes  de farine. Aujourd’hui je suis à la tête d’un groupe qui a 55 milliards de chiffre d’affaires et qui embauche 1200 personnes

L’économiste en chef du Groupement Inter-patronal du Cameroun (Gicam) Vincent Kouete, quant à lui, sollicite les pouvoirs publics pour «la protection des acteurs locaux face aux entreprises étrangères qui ne respectent d’ailleurs souvent pas les normes. Les investisseurs locaux connaissent une concurrence exacerbée des produits étrangers.»  Inspecteur  général, Martin Yamkwa indique à propos que le Cameroun importe par an 1000 milliards de produits alimentaires. Christophe Eken, président de la Chambre du commerce, de l’industrie, des mines et de l’artisanat du Cameroun (CCIMA), de son côté, propose comme solution, l’accès facile aux terres arables, l’intensification et la valorisation des recherches agronomiques…

Si les entrepreneurs reconnaissent que l’agriculture est la racine du développement d’un pays, ils regrettent que l’ agro-industrie ne représente que 11% du Pib du pays.

Le Club Afrique Développement travaille pour la mise en relation les entreprises et les banques pour le développement du continent. Créé en 2016, le Club compte déjà 100 dirigeants camerounais. Il a ses représentations au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, en Tunisie, en république démocratique du Cameroun, au Gabon, au Mali et au Maroc.

Valgadine TONGA

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