Les APE : L’hypothèque de l’avenir du Cameroun

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Les opérateurs économiques ont remis l’épineuse question des Accords de partenariat économique (Ape) sur le tapis ce jeudi 6 octobre 2016. C’était au cours d’une plateforme organisée par Entreprises du Cameroun.

Les APE : L’hypothèque de l’avenir du Cameroun

Pendant les échanges.

4 août 2016-6 octobre 2016. Deux mois déjà que les Accords de partenariat Afrique centrale-Cameroun et Union européenne sont entrés en application au Cameroun. Chez les opérateurs économiques, la pilule a toujours du mal à passer. Le constat a encore été fait ce jeudi 6 octobre 2016 à Douala, lors de la 5ème édition du «e.Talk by e.cam». Cette plateforme d’échange initiée par Entreprises du Cameroun (Ecam) a choisi comme fil conducteur des débats ce jour : «Aujourd’hui les Ape : Comment y faire face efficacement ?» Pas évident pour le vice-président d’Ecam, Célestin Tawamba d’entrevoir les solutions.

L’opérateur économique  n’est pas allé du dos de la cuillère pour dire son dégoût : «La position des acteurs économiques sur cette question des Ape est connue par l’Etat, bien qu’il a voulu prendre sur lui de signer cet accord. Nous-mêmes avons encore du mal à bien comprendre le but de ces Ape. Comment peut-on prétendre aller à l’émergence en ouvrant notre territoire aux entreprises qui vont uniquement venir prendre les produits finis.  Il n’y a pas de pays qui se développe s’il ne se protège pas. Les Ape c’est le directeur commercial de l’Union européenne.» Parlant au nom des Petites et moyennes entreprises, Célestin Tawamba conclue que les Ape sont un contrat de dupe. Il s’inspire du traité transatlantique. «L’Union européenne est en train de s’opposer à l’accord avec les Etats-Unis car la France estime que c’est un accord non équitable» et pas profitable aux entreprises européennes.




23ème économie mondiale

L’ingénieur financier Babissakana reconnait que «le mariage commercial entre le Cameroun -avec toute l’Europe constituée de 27 pays et l’Union européenne- n’est pas viable. Le déséquilibre est établi. Le déficit commercial à l’égard de l’Europe va se creuser. Il faut réévaluer les choses. L’Europe n’est pas notre amie.» Puisque les faits sont faits, il faut maintenant que l’Etat trouve les «mesures d’accompagnement de ces entreprises (camerounaises) qui sont menacées de fermer, du fait de cet accord. Il n’y a pas de solution miracle pour ne pas être frappé par les Ape», tranche l’expert.




Pour le président de l’Organisation nationale du cuir, Adamou Siddiki, le Nigéria est une piste à suivre. «Il va falloir que nous les opérateurs économiques et les industriels intégrions ces accords pour chercher à surmonter les handicaps qui sont nombreux.  On doit aussi chercher à capitaliser les atouts parce qu’il y en a quand même. Nous ne pourrons pas profiter pleinement de ces accords si dans la foulée, on ne met pas en place un partenariat définitif sur le plan commercial avec le Nigéria. Il faut y arriver. Ce pays est une opportunité pour le Cameroun car il propose des solutions pour notre économie. Ce géant voisin est quand même la 23ème économie mondiale. Les six Etats fédérés qui  sont limitrophes au Cameroun et ceux limitrophes à ces six Etats constituent un grand marché de près de 400 millions de consommateurs», argumente Adamou Siddiki. Célestin Tawamba soutient l’idée. Le représentant du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Pierre Célestin Ayomba a promis de retransmettre les doléances des entrepreneurs à sa hiérarchie. Pas suffisant pour rassurer les opérateurs économiques qui voient l’avenir tout en noir.

Valgadine TONGA   

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