Crise anglophone : Je suis Florence Ayafor !

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Kidnappée, torturée et filmée pendant sa décapitation par une bande armée séparatiste en fin septembre dernier, la jeune gardienne de prison incarne du fond de sa tombe, l’image d’une victime des atrocités enregistrées dans le conflit qui sévit dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Horreur et consternation ! Choc émotionnel, scène insoutenable, insupportable… Ce sont les «so-called ambazonian figters » alias « Ambaboys » qui ont marqué nos consciences individuelles et nationales en postant le 30 septembre dernier, une vidéo montrant les tortures suivies de la décapitation et du dépeçage du corps de Florence Ayafor, fonctionnaire de l’administration pénitentiaire en service dans le Nord-Ouest. La pauvre femme dont l’image effroyable de sa mise à mort a fait le tour des réseaux sociaux laisse derrière elle deux orphelins de moins d’un an d’âge. Une innocente de plus, une innocente de trop. Une victime de ces monstres qui se réfugient derrière une cause politiquement questionnable pour poser des actes attentatoires au plus haut niveau à la dignité humaine. Un acte qui a jeté l’effroi et a suscité l’indignation au sein des populations et de la classe politique qui ont exigé une enquête impartiale, indépendante et rapide.

Que justice soit faite !

C’est d’abord les Etats-Unis qui sont montés au créneau pour dénoncer cette barbarie à travers un communiqué signé le 11 octobre dernier. Sous la plume de l’ambassadeur du pays de Trump au Cameroun, les Américains condamnaient ce crime qu’ils qualifient d’ « horrible agression ». Dans la foulée, le diplomate adressait ses « sincères condoléances à sa famille » non sans exprimer le vœu de voir jaillir la vérité sur cette autre atrocité.  « Nous exhortons les autorités à mener une enquête approfondie et équilibrée sur cette atrocité. Mais aussi, à traduire les auteurs devant la justice dans un procès transparent et équitable», avait-il écrit.

Plus de 15 jours après cet acte odieux, la famille veut connaître la vérité. Ainsi Me Dominique Fousse a déposé une plainte contre X au nom de la famille. Cette procédure vise à faire la lumière dans cette affaire. Les faits visés par la plainte sont « acte de terrorisme, torture et assassinat ». C’est un collectif d’avocats (l´Universal Lawyers and Human Rights Defence) qui  va donc plaider le dossier. Et cette dizaine de robes noires veulent la vérité. Ainsi les coupables de ce crime devront répondre de leurs actes, rapportent nos confrères du quotidien Le Jour.  « Les enquêtes étant ouvertes, notre vœu est celui de l´ouverture d´un procès, afin que les assassins de la jeune femme, mère de quatre enfants, répondent de leurs actes devant la justice », fait savoir Me Dominique Fousse.

Daniel NDING      

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