Pénurie : La CDE assèche les robinets

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Dix jours que des quartiers à Douala n’ont pas d’eau.  Accusée d’avoir volontairement interrompu le service la CDE, se défend.

Dix jours que des quartiers à Douala n’ont pas d’eau.  Accusée d’avoir volontaire interrompu le service la CDE, se défend.

L’eau, une denrée rare.

«L’eau c’est la vie». Le message est inscrit en gras à l’entrée de l’agence de Ndokoti/Douala de la Camerounaise des eaux, CDE. A environ un kilomètre de là, dans les quartiers BP-Cité, Cité-Sic, la population se sent narguée par ce slogan. Ce lundi 29 mai 2017, cela fait exactement dix jours que leurs robinets sont à sec. Ceux qui n’ont pas de forage doivent se plier en quatre pour avoir de l’eau, bien que pas potable. «On nous a imposé de fêter l’unité nationale sans eau. C’est même un crime. On croyait que c’était une affaire de deux jours, mais là on dirait que ces personnes chargées de la fourniture d’eau nous ont oubliés», s’insurge Julie. Depuis dix jours, son quotidien a subi un amendement forcé. Avant, cette mère de famille se levait de bonne heure pour apprêter les enfants pour l’école, se rendre au travail, faire la cuisine au retour et s’occuper de sa famille. «Maintenant quand je rentre du boulot à 18h, je dois enfermer les enfants à la maison pour aller puiser de l’eau au forage. Je dois faire des navettes seule, et la distance est assez considérable».

Dix jours que des quartiers à Douala n’ont pas d’eau.  Accusée d’avoir volontaire interrompu le service la CDE, se défend.

Les bonnes affaires de la pénurie.

Dans d’autres familles, c’est tout le monde, jusqu’à l’enfant de cinq ans qui se met en route pour dénicher le précieux liquide. Les soirs, des fois dans la pénombre, c’est un défilé d’hommes qui, récipients à la main et à la tête anime les rues de ces quartiers. Pour les personnes véhiculées, il suffit d’un tour pour faire des réserves.  Les moins valides paient les services des plus jeunes. Qui louent des pousses et des brouettes pour multiplier la demande et se faire plus de beurre.

Entre accusations et contre accusations

«On ne comprend plus ce qui se passe dans ce quartier. Aucune information ne filtre dans les médias sur cette situation. On ne sait pas s’il s’agit d’une panne», regrette un résidant de BP-Cité. Las d’attendre, certains sont allés s’enquérir de la situation chez les ouvriers d’une entreprise en Bâtiment et travaux publics, en chantier dans la zone, au lieu-dit Stade Marion. «Nous avons expliqué aux gens que ce n’est pas nous qui avons coupé l’eau. C’est la Snec (l’ancienne appellation. Aujourd’hui c’est la CDE. Elle assure la production, la distribution, la gestion de l’eau au Cameroun depuis 2008, ndlr). Apparemment c’est parce que le Cameroun veut résilier le contrat avec cette entreprise. La coupure est d’ailleurs effective dans d’autres quartiers de la ville. Nous leur avons fait part de la situation mais elle croise les bras», renseigne un responsable sur le terrain. Non sans souligner que «la lenteur de la CDE ralentit nos travaux.» Joint au téléphone, le chef des travaux à la Camerounaise des eaux, Mr Ngouagoum réfute les accusations. «On ne peut pas couper l’eau.» Il jette l’anathème sur la société de BTP qui «a endommagé nos conduites d’eau. Ils ne sont pas sérieux. Le problème sera résolu, certainement cette semaine.» Pas très rassurant.

Valgadine TONGA      

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