Carnet noir : Super Makia, la fin d’une légende !

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L’ancien champion d’Afrique de catch et ex vice-président de la Fédération camerounaise de catch, s’est éteint à Yaoundé hier jeudi 1er août, des suites d’un malaise.

Incroyable mais vrai ! L’ancien champion d’Afrique a poussé son dernier soupir à l’hôpital militaire de Yaoundé où il a été conduit parce que se plaignant des douleurs au ventre, a-t-on appris de sources dignes de foi. Telle une traînée de poudre, la nouvelle s’est répandue sur la toile et dans les réseaux sociaux. Après avoir longtemps dominé les rings africains du catch dans la catégorie poids lourds, il est donc retourné auprès de ses pères. Le Cameroun dont il a valablement défendu les couleurs à chacun de ses combats garde de lui, le souvenir d’un patriote, un conquérant qui aura tout donné pour la survie de cette discipline. Lui dont les images déplaçant un véhicule avec des dents ou soulevant un 4X4 de ses puissants muscles, a marqué l’histoire du catch en Afrique centrale et même au-delà. En 2016, alors que nos confrères du Messager avaient ouvert leurs colonnes à cette « force de la nature », il confiait avoir fait une bonne carrière parce que évoluant hors du pays.

« La société Guinness m’avait recruté, associant mon image à ses produits. Ce fut aussi le cas avec Michael Power. J’ai presque fait le tour du monde. J’ai même passé cinq années à Londres. Mon salaire mensuel s’élevait à 600 000 Cfa, avec en prime un logement gratuit, une allocation spéciale pour mon alimentation et un véhicule. Des changements sont survenus plus tard dans la société. Le Directeur du marketing originaire d’Europe, a été remplacé par un camerounais. Un frère ! C’est ce dernier qui a décidé de modifier mon traitement salarial. Nous n’avons pas trouvé un terrain d’entente, d’où mon départ de Guinness. De manière générale ma carrière a été un succès. Je ne suis pas milliardaire, mais ne manque de rien aujourd’hui », expliquait Mbeng Jacob Makia de son vrai nom.

85 victoires en 86 combats

Après avoir fait ses adieux aux rings en 2014, son obsession était celle de trouver des voies et moyens pour que le catch camerounais ait un bon niveau. Interrogé sur la question, il avait répondu que son pays devrait calquer les exemples d’ailleurs. « Chaque athlète devrait avoir un sponsor. C’est ainsi qu’il connait une bonne évolution dans sa carrière. Au Cameroun les gens ne le savent pas. Les camerounais manquent de sponsors. Chaque catcheur doit en avoir un. Sinon les choses deviennent difficiles. En réalité, l’Etat ne s’occupe pas des débutants, mais des athlètes connus. L’athlète doit se prendre en charge dans un premier temps, avant d’espérer une certaine assistance de l’Etat. Les camerounais doivent le savoir », détaillait-il.

Son décès est « une grosse perte pour le catch camerounais dont il était l’icône presque irremplaçable », croit savoir Lindovi Ndjio, journaliste à la Nouvelle expression. Né le 28 février 1958 à Kumba, Makia revendique 85 victoires en 86 combats menés dans sa carrière. Aucune défaite. Juste un match nul contre le Nigerian Johny Clango en 1990. Quatre ans après avoir été sacré champion d’Afrique en terre nigériane où le Camerounais a battu le Nigerian Times Man Udo. Mais le champion d’Afrique était devenu une institution. Lui dont la résidence était en confondue à un moment au siège de la Fédération camerounaise de catch. Et le sportif à la retraite se donnait avec enthousiasme pour servir les rares jeunes intéressés par cette discipline sportive. Jusqu’à ce que ce fameux jeudi noir où la faucheuse l’emporta. Vas en paix champion !

Daniel NDING

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