Boxe : Francis Ngannou, the Démolition man !

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Après avoir battu Curtis Blaydes en 45 secondes en novembre 2018, le puissant boxeur camerounais a cette fois, pulvérisé Cain Velasquez en 26 secondes le 17 février dernier à Phoenix (Sud-ouest des Etats-Unis). 

Expédition punitive ! Le prédateur n’a fait que d’une bouchée de sa proie. Le retour tant attendu de Cain Velasquez s’est avéré manqué. La faute à un Francis Ngannou intraitable, affamé et supersonique. Le Predator s’est imposé par KO en 26 secondes! Touchant l’ancien champion de l’Ufc sur un 1-2, le boxeur camerounais n’a rien lâché et a poursuivi son effort, tout en bloquant une tentative de takedown. En tombant, Velasquez a semblé se blesser au genou. Après deux tristes défaites en 2018, Ngannou a repris sa fulgurante ascension au sein de l’Ultimate Fighting Championship (Ufc), la plus prestigieuse ligue d’arts martiaux mixtes (Mma) au monde. Celui qu’on surnomme « The Predator » avait en effet également écrasé Curtis Blaydes en 45 secondes, en novembre 2018. « J’ai beaucoup appris de ce qui s’est passé en 2018, a assuré le tombeur de Cain Velasquez. Je suis revenu en étant plus fort qu’avant. Je suis un combattant totalement différent de celui que j’étais avant. Plus dangereux que je ne l’étais auparavant ».

En attendant la couronne

Francis Ngannou espère désormais avoir une nouvelle chance de décrocher la ceinture de champion des poids lourds de l’Ufc, après avoir échoué face à l’américain Stipe Miocic en janvier 2018. Pour cela, il faut se frotter à Daniel Cormier, qui a vaincu Miocic en novembre 2018. Cette perspective n’effraie pas l’ancien conducteur de moto-taxis, même si Cormier est doué en lutte, ce qui est précisément le point faible du « Lion Indomptable ». « Cain aussi est un lutteur, a-t-il relativisé après son succès éclatant. Il y a beaucoup d’autres lutteurs à mon palmarès. Donc, je m’en accommode ». La balle est désormais dans le camp de l’Ufc. L’organisation basée à Las Vegas  pourrait toutefois préférer la tenue d’une revanche entre Ngannou et Miocic d’un côté, ainsi qu’un affrontement entre Cormier et l’ancienne star du Mma, Brock Lesnar.

Né à Batié au Cameroun en 1986, Francis Ngannou grandit dans une famille pauvre. À l’âge de six ans, ses parents divorcent et il est balloté chez des proches qui acceptent de l’accueillir. À douze ans, il abandonne l’école où il était mis de côté et travaille dans une carrière de sable. Armé d’une barre à mine, il casse les cailloux. Et s’illustre déjà par des qualités physiques hors normes. Des qualités physiques qui vont l’inciter à enfiler les gants, tardivement. Ce n’est qu’à 22 ans qu’il débute la boxe anglaise, sans expérience préalable. Mais ses qualités physiques (il faut dire que le colosse mesure 1m95 pour 117 kilos), son abnégation et son courage le décident à tenter l’aventure pour devenir pro.

Après avoir battu Curtis Blaydes en 45 secondes en novembre 2018, le puissant boxeur camerounais a cette fois, pulvérisé Cain Velasquez en 26 secondes le 17 février dernier à Phoenix (Sud-ouest des Etats-Unis).

Migrant en France et Sdf

En manque de perspective dans son pays natal, le Camerounais quitte son pays avec 100 euros en poche pour réaliser son rêve. Au terme d’un long périple, que le combattant refuse de commenter par pudeur, il arrive à Paris. Il dort dans la rue, squatte dans un parking. Il a 26 ans. Le rêve de s’élever socialement par le sport se transforme en cauchemar, mais il ne baisse pas les bras. Volontaire, le fan de Mike Tyson trouve refuge dans une association humanitaire qui prend en charge des migrants. Il y travaille en tant que bénévole à la préparation des repas, contre un peu de réconfort. Son destin bascule lorsqu’il rencontre le boxeur Didier Carmont. Le Français détecte en lui un talent certain et une puissance physique exceptionnelle. Et lui conseille de s’orienter vers le Mma, une discipline qui se pratique en cage, et dans laquelle son physique pourrait faire des ravages. En 2013, le directeur d’une salle qui enseigne les Arts Martiaux mixtes lui offre un équipement et un accès à sa salle dans le 12ème arrondissement de Paris.

Ngannou bouge bien dans la cage. Il s’adapte, évolue et travaille dur. Tellement dur que deux ans après ses débuts, il traverse l’Atlantique pour disputer son premier combat chez les pros et rejoint l’Ufc, la plus grande organisation dans le monde des Arts Martiaux. Le saint Graal de tout combattant de Mma. Un peu plus de deux ans après ses débuts aux États-Unis et un palmarès global de 11 victoires pour une défaite, le gladiateur continue tranquillement d’engranger les trophées et les lauriers Une belle revanche sur la vie.

Daniel NDING

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