Elles ont été sensibilisées sur le Protocole de Nagoya, adopté au Japon. Le séminaire du 1er juin 2018 à Douala était présidé par le ministre de l’Environnement.

Comment trouver, exploiter, commercialiser dans les règles les ressources génétiques dont regorgent le Cameroun ? Ce sont quelques préoccupations ayant justifié le forum du 1er juin 2018 à Douala. Un forum sur la sensibilisation des entreprises nationales au protocole de Nagoya sur l’Accès aux ressources génétiques et le partage juste et équitable des avantages découlant de leur utilisation (Apa). Initiée par le ministère de l’Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable (Minepded), la rencontre avait pour but de présenter aux acteurs, toutes les facettes du protocole de Nagoya. Il a été adopté le 29 octobre 2010 au Japon, et ratifié par le Cameroun en 2017. Selon le ministre Hele Pierre, «notre pays est très riche en biodiversité. Il faut que nous, Camerounais, puissions bénéficier des avantages qui découlent de ces ressources. La population est en contact avec la biodiversité. Nous sommes par conséquent venus, à travers ce forum, pour demander à nos entreprises nationales de prendre le relais pour aller vers la population, question de leur apporter la bonne nouvelle, leur dire qu’il y a des ressources très importantes à exploiter et que chacun court vers cette manne qui nous a été donnée.»
Au Cameroun, un projet d’exploitation est en cours. Celui des ressources génétiques de deux espèces végétales, à savoir l’ «Echinops Giganteus» et le «Mondia Whitei», respectivement dans les communautés de Magha-Bamumbu et Lewoh, département du Lebialem, région du Sud-ouest, permet au Cameroun d’accélérer la mise en place d’un dispositif d’appropriation et de gestion efficace. En ce moment dans le Lebialem, l’entreprise française V. Mane Fils extrait les huiles essentielles des racines des deux plantes en question, pour la production des parfums. L’exploitation des ressources génétiques a le mérite de profiter à toute une chaîne. Pour les racines d’’Echinops Giganteus’’, le kilogramme est vendu à 2 700 Fcfa est partagé entre plusieurs acteurs : collecteur (59,25% ou 1600 Fcfa), coopérative (11,11% ou 300 Fcfa), Fonds pour le comité de développement du village (18,51% ou 500 Fcfa) et commune de Wabane (11,11% ou 300 Fcfa).

Ce projet «vient d’une certaine manière rétablir la justice, l’équité, de manière à ce que l’utilisation de ces deux ressources génétiques puisse servir de référence, pour montrer comment les avantages peuvent être partagés pour renforcer le développement durable au niveau local », ponctue l’assistant au représentant résident du Programme des nations unies pour le développement (Pnud) au Cameroun, Martin Zeh-Nlo.
Valgadine TONGA