Constitué de 41 intellectuels africains, ce Gouvernement panafricain veut servir de Think tank pour la résolution des problématiques africaines.
L’Afrique a d’incroyables talents, des intellectuels qui peuvent peser de leur savoir-faire pour impulser le développement du continent. C’est fort de cette conviction que des Africains portés par la société civile se sont réunis autour de ce qu’ils ont baptisé le Gouvernement panafricain. C’est une plateforme de réflexion, «un laboratoire d’idées qui se propose de donner de la réplique aux questions essentielles qui agitent l’Afrique», indique Banda Kani, le président du Nouveau Mouvement populaire, NMP. Devant la presse le mercredi 29 mars 2017 à Douala, les défenseurs de cette plateforme ont précisé les motivations du Think Tank. «Nous ne pouvons pas rester insensibles aux problématiques qui touchent notre continent : la dépendance de l’Afrique au Fcfa, la question de la Cour pénale internationale… Cette plateforme c’est l’espoir d’un avenir meilleur qui ne peut être construite que par les Africains eux-mêmes», insiste Joséphine Ndenha Abiosse, une des fondatrices du Think Tank et une de ses représentantes en Afrique Centrale.
Narcisse Mouelle Kombi
Le Gouvernement panafricain est présent dans les 54 pays africains, avec un siège à Johannesburg en Afrique du Sud. Ce premier gouvernement compte à ce jour 41 membres, avec pour premier ministre est l’Algérien Abdel Malek Sellal. On retrouve dans l’équipe des leaders tchadiens, angolais, sénégalais, égyptiens, marocains, équatoriens, togolais, congolais, éthiopiens, rwandais, gabonais, Botswanais, sud-africains, nigériens… Comme Camerounais on a l’actuel ministre des Arts et de la Culture, Narcisse Mouelle Kombi et Pierre Ismael Bidoung Kpwatt, ministre des Sports et de l’Education physique. Le Think Tank n’est pas un pays, rassure les panélistes. C’est une plateforme où les membres se donnent pour mission générale d’évaluer annuellement les actions des dirigeants et gouvernements africains à base de trois critères. Il s’agit des axes idéologique, philosophique et la gouvernance. Aux chapelets des autres objectifs, on note : faire émerger des sociétés civiles citoyennes capables de soutenir les dirigeants et les institutions ; travailler à la reconquête de la souveraineté politique, économie et culturelle de l’Afrique ; mettre un terme aux pressions extérieures, lutter contre les barrières territoriales ; constituer une force de propositions au service des dirigeants de chaque Etat.
Selon l’expert en stratégie Dalvaris Ngoudjou, «aucune société ne s’est développée sans think tank. Il existe en ce moment 3000 dans le monde. C’est à nous de lutter pour notre développement. La grande évaluation des gouvernants se fera en 2063. C’est la date choisie par l’Union africaine pour l’atteinte de ses objectifs. Nous ne serons plus de ce monde, mais ceux qui arriveront après nous continuerons le travail.» Tout Africain des deux sexes, issu des milieux intellectuel, épistémologique, scientifique, politique et culturel peut être membre du Gouvernement panafricain.
Valgadine TONGA