Sandrine Nnanga : le chemin  est encore long

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La jeune et gracieuse chanteuse formée chez les Macase, tend à s’enfoncer, peut-être par suffisance, dans un créneau qui risque lui coûter les plumes. «Celle là, on l’a perdue même avant de l’avoir trouvée». Cette affirmation d’un opérateur culturel camerounais à l’adresse de Sandrine Nnanga

La jeune et gracieuse chanteuse formée chez les Macase, tend à s’enfoncer, peut-être par suffisance, dans un créneau qui risque lui coûter les plumes.    

«Celle là, on l’a perdue même avant de l’avoir trouvée». Cette affirmation d’un opérateur culturel camerounais à l’adresse de Sandrine Nnanga m’a confortée dans l’écriture de ces quelques lignes, pour le moins douloureux. La douleur vient du fait de revoir sa copie, par rapport à quelqu’un que je couvrais, il y a peu, de compliments. Qu’est-ce qui n’a pas marché Sandrine Nnanga ? Tu étais pourtant une «valeur» prometteuse. C’était en tout cas mon avis. Mais tu as viré, sur une mauvaise pente. Je te briefe ? D’accord, écoute.

Première note. Sandrine Nnanga feat Ben Decca. Dans les oreilles ça sonne bien, même si ce n’est pas du live. Les commentaires sont positifs. «Tu as écouté le featuring de Sandrine Nnanga et Ben Decca ? Waouh ! Elle a une belle voix. Elle a su la poser comme il fallait sur cette version de ‘‘Osi Dimbea’’. Sa voix est chaleureuse», disais-je des fois lors des échanges avec des confrères. Certains me trouvaient trop facile à satisfaire. Ils n’étaient pas convaincus du tout, mais je ressassais que Sandrine «a un large tissu vocal. Elle a juste choisi de nous présenter ce timbre pour cette chanson.» Aujourd’hui, je me demande si j’essayais de me convaincre moi-même ou si je suis aussi facile à satisfaire.

Désillusion !

Concert de Macase sur les planches de l’Ifc à Douala. C’est annoncé en grande pompe et c’est quand même notre Macase. J’accours. La salle est pleine à craquer. Je m’attends à avoir des frissons, à voyager sans décoller. Mais je suis restée là, sur mon siège, à me demander ce que fait Sandrine sur scène. Elle chante ou elle fait sa grande diva ? Elle a de très belles cuisses qu’elle sait exhiber. C’est tout à son honneur, mais c’est the voice qu’on veut. Offre du show à ton public, respecte-le, chante avec tes tripes, comme si c’était la dernière fois. Un spectateur a lancé à un moment du concert, je me souviens très bien, «bientôt on aura droit à tout un striptease». Sandrine a le mérite de tenir la note et puis c’est tout. Pas de nuances dans la voix, c’est plat pour ne pas dire soporifique. Quel ennui ! Sur la quatrième chanson, je me tire. J’apprends deux jours plus tard que la salle s’est vidée avant la fin du concert. C’est bien à cause de toi ma Sandrine. Peut-être que le public de Macase te demande un peu trop. Mais Macase, c’est du lourd.

Je suis tombée il y a peu sur ton dernier vidéogramme «Pour la vie». Ça m’a l’air du Daphné tout craché, avec son titre «Jusqu’à la gare». Ainsi, Daphné serait ta référence ?  Pouf ! Ça va de mal en pire Sandrine. Je ne sais pas si tu veux chanter ou si tu crois chanter. Pour sûr, dans ce titre, tu ne chantes pas. On dirait qu’un objet lourd de 100tonnes pèse sur ta voix. A croire qu’on t’a vraiment perdu, comme a dit l’autre. Quel gâchis. Si tu tiens tant à faire de la chanson «lotus», qu’on écoute et qu’on jette après quelques mois, tu es sur la bonne voie ma belle. Cramponne-toi.

Là encore je crois que tu peux travailler, sortir le meilleur de toi. Ecoute ma stratégie : on t’enferme dans un studio pendant deux mois et on te met véritablement à l’école de la musique, fouet à côté. Je t’assure, tu seras surprise de tes capacités. A côté de tes belles cuisses, de ton ravissant sourire, on aura enfin une signature vocale ma belle Sandrine.

Valgadine TONGA

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