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Pouma : Alexis Ndjeng intronisé chef de 2ᵉ degré de Log-Hende

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Le 14 avril 2026 restera une date mémorable pour les populations des cantons Log-Hende et Bikok, dans l’arrondissement de Pouma. L’intronisation de SM Alexis Ndjeng  comme dignitaire traditionnel du canton Log-Hende, a marqué un instant alliant protocole coutumier et reconnaissance administrative.

 

L’esplanade du Grand Hangar de Pouma s’est érigée, le mardi 14 avril 2026, en théâtre d’une cérémonie d’une haute portée symbolique. Parée de ses plus fastueux atours, sous un ciel incandescent de saison sèche encore suspendu aux premières pluies, l’esplanade a accueilli l’intronisation de Sa Majesté Alexis Ndjeng comme chef de 2ᵉ degré du canton Log-Hende. Devant une foule dense mêlant populations, élites, associations et forces vives, l’événement a consacré bien plus qu’un homme : il a scellé un moment de tradition vivante, une alliance renouvelée entre la mémoire des ancêtres et l’autorité républicaine.

Dans une ferveur collective, populations, élites, autorités administratives, dignitaires traditionnels et forces vives ont convergé pour consacrer Sa Majesté Alexis Ndjeng comme chef de 2ᵉ degré du canton Log-Hende. Entre chants, danses et gestes rituels, l’événement a épousé une double temporalité. D’abord celle des ancêtres, puis de l’État, révélant une tradition désormais inscrite dans la sphère publique et institutionnelle.

Doctrine du pouvoir local

Parée de ses plus fastueux atours, sous un ciel incandescent de saison sèche encore suspendu aux premières pluies, l'esplanade a accueilli l’intronisation de Sa Majesté Alexis Ndjeng comme chef de 2ᵉ degré du canton Log-Hende
Intronisation de Sa Majesté Alexis Ndjeng comme chef de 2ᵉ degré du canton Log-Hende

Dès les premières heures de la matinée, le protocole a épousé une double grammaire, à la fois coutumière et administrative. L’arrivée du Préfet de la Sanaga-Maritime, peu après 11 heures, a donné le ton d’une cérémonie rigoureusement orchestrée par le maître de cérémonie Tony Nobody. Après l’exécution de l’hymne national et une séquence d’allocutions entrecoupées de danses traditionnelles, témoignant de la vitalité culturelle du terroir, le moment décisif est survenu. Notamment, la lecture de l’arrêté d’homologation. Par cet acte, l’administration reconnaissait solennellement Alexis Ndjeng comme autorité traditionnelle. Cyril Abondo, Préfet de la Sanaga-Maritime,  lui a alors remis les attributs administratifs, geste d’enoblissement institutionnel, avant de le présenter aux populations. Ainsi, sous le regard conjoint des dignitaires du Ngondo et des représentants de l’État, la double légitimité divine et républicaine s’est trouvée scellée.

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Dans son allocution, l’autorité préfectorale a posé les fondements d’une gouvernance imbriquée. « La présente cérémonie s’inscrit dans le cadre du renforcement continu de l’autorité de l’État et de la consolidation de notre organisation sociale traditionnelle », a-t-il affirmé, rappelant « la relation étroite, complémentaire et indispensable entre l’État et la chefferie traditionnelle ». Loin d’opposer modernité et héritage, le discours officiel érige leur complémentarité en principe structurant. Le nouveau chef, auréolé d’un parcours universitaire en lettres modernes et professionnel respectable, se voit désormais investi d’une « double casquette » : représentant des pouvoirs publics et garant des us et coutumes. À ce titre, il devra « assurer l’exécution des directives des autorités administratives », a prescrit le Préfet. Qui lui demande par ailleurs, « de concourir au maintien de l’ordre public et recouvrer les impôts de l’État. » Mais au-delà des prescriptions techniques, une injonction morale a résonné avec force : « La dignité dans votre manière de servir, dans votre comportement ». Symbole de cette alliance renouvelée, le drapeau de la République flotte désormais à la chefferie, consacrant l’imbrication du sacré et du républicain.

L’unité comme premier chantier

Cette vision descendante a trouvé un écho fervent dans les paroles des autorités locales. Le maire de Pouma, Dorothée Nyadog, a salué « un moment fort qui met en avant nos valeurs culturelles » et nous reconnecte à nos racines, tandis que le Président du Comité d’Organisation, Georges Francis Moutlen, a martelé : « Le premier chantier ? Cette unité. » Il a appelé à « préserver notre patrimoine culturel et foncier » et à soutenir les forces vives locales. Au nom de l’élite, Oum de Jon a exprimé une adhésion empreinte d’émotion et de norme : « C’est le symbole de la solidarité, de l’union et surtout de l’humilité. » Il a invité le chef à « être à l’écoute », à « apprendre à partager » et à incarner « l’amour des frères ». Ainsi, de la parole administrative à la voix des notables, une même exigence se dessine : celle d’un leadership de proximité, fondé sur la cohésion sociale, l’éthique et le développement inclusif.

Au terme de cette journée marquée par la chaleur du ciel et celle des hommes, Pouma n’a pas seulement intronisé un chef. Elle a consacré une vision : celle d’un pouvoir enraciné dans la tradition, encadré par l’État et porté par l’adhésion du peuple. Comme en filigrane de tous les discours, une certitude s’impose : la légitimité contemporaine du chef traditionnel naît donc de cette triple alliance : héritage, responsabilité et engagement collectif.

Cheikh Malcolm EPANDA

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