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AccueilCamerounGrève à Nexttel Cameroun : 50 employés licenciés

Grève à Nexttel Cameroun : 50 employés licenciés

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Les désormais ex-employés de Nexttel ont perçu leurs droits, excepté ceux que l’entreprise a  limogé pour faute lourde.

Respect du code du travail, respect de la convention collective. C’est au nom de ces principales causes, que des membres du Syndicat national autonome des travailleurs des nouvelles technologies de l’information et de la communication (Syntic), créé il y a quatre mois, manifestent devant la direction générale de Viettel Cameroun Sa (plus connue sous le nom commercial Nexttel Cameroun), sise à Douala. La grève qui bat son plein depuis le 11 juin dernier a écrit une nouvelle page de son histoire ce mardi 16 juin 2020.

Dans l’optique de calmer le jeu, le préfet du Wouri a tenu une séance de travail avec notamment au tour de la table,  les grévistes et le DRH, Ahmadou Maliki. Pendant les travaux, le DRH de l’entreprise que le magnat camerounais des affaires Baba Danpullo a su reprendre aux Vietnamiens, donne sa parole : «Les personnes déjà licenciées ne pourront plus réintégrer l’entreprise, et elles ont déjà perçu leurs droits. Il n’y aura pas d’autre licenciement. Les choses ne seraient même pas arrivées à ce stade si, au lieu de se lancer dans la grève, ces jeunes étaient venus me parler.» En clair, Ahmadou Maliki promet que les grévistes vont réintégrer les locaux de Nexttel. Coup de théâtre ! Sur le terrain, c’est le contraire.

Lire aussi :Fonds spécial contre le Covid-19 au Cameroun : Baba Danpullo offre 100 millions Fcfa

Faute lourde

«Pendant que nous sommes chez le préfet, nos camarades restés en entreprise nous signalent que l’entreprise est en train de servir des lettres de licenciement. Tout ceci parce que nous sommes dans un syndicat, parce que nous avons demandé que le code du travail soit respecté. J’ai l’impression qu’au Cameroun c’est la loi du plus fort, sauf que la loi existe dans ce pays et ils vont comprendre qu’il y a un gouvernement pour gérer nos problèmes. Nous ne quitterons pas d’ici, tant qu’ils ne respecteront pas nos exigences. Nous ne demandons pas grand-chose, juste que la convention collective et le droit du travail soient respectés. Ce sont des revendications élémentaires. Tous les syndiqués ont été licenciés, parce que dans cette entreprise, il n’est pas question qu’on appartienne à un syndicat», tempête un licencié qui a requis l’anonymat. Il rajoute : «Je suis à Nexttel depuis son ouverture en 2014.  Je suis licencié aujourd’hui pour faute lourde. Pourquoi est-ce qu’ils ne nous appellent pas autour de la table pour discuter, nous écouter ? C’est tout ce que nous demandons. Avec l’ancienne gestion des Vietnamiens, nous n’avions aucun problème. L’entreprise était en plein essor. Maintenant tout va en vrille

Ce sont au total 50 employés qui ont été mis à la porte. Directeur de la communication de Nexttel, Ousseni Moussa persiste et signe : «Nous n’avons aucun problème avec les syndiquées. Ils sont licenciés pour faute lourde». Ils sont une trentaine à être licenciée pour faute lourde. Dans faute lourde, l’entreprise cite l’abandon de poste, la perte de confiance, les détournements…  «Ces gens ne manifestent pas pour demander un salaire, parce qu’ils étaient très bien payés. Il y en a qui touchaient 500.000 Fcfa, 600.000 Fcfa… C’est donc quoi le motif de leur grève ? Maintenant, le licenciement est un droit. Il faut souligner que toutes les personnes licenciées touchent leurs droits, sauf celles qui ont intenté des procédures judiciaires ou contre qui nous avons porté plainte. Ce n’est plus de notre ressort», argumente le responsable de la communication, non sans préciser que «Baba Danpullo est le seul homme d’affaires qui n’a pas envoyé les employés en congé technique, du fait du coronavirus. Nexttel a plus de dix mille employés.»

Valgadine TONGA

En bref avec Ousseni Moussa, Dir.Com Nexttel

Les désormais ex-employés ont perçu leurs droits, exceptés ceux que l’entreprise a limogé pour faute lourde. le Pca de Nexttel
Ousseni Moussa.

Comment comprendre que devant le préfet, le PCA Baba Danpullo promet aux grévistes qu’ils vont reprendre du service, et par derrière, ils sont licenciés ?

Depuis la semaine dernière jusqu’à ce matin chez le préfet du Wouri, la direction générale de Nexttel Cameroun est toujours conciliante et privilégie le dialogue social.  La condition pour que ces employés regagnent leurs postes était de respecter le règlement intérieur de l’entreprise. Dans l’entreprise, généralement, le lundi les employés s’habillent aux couleurs de la maison. Ils ne l’ont pas fait. Nous sommes allés chez le préfet ce matin. Il leur a été conseillé que pour toute action, il faut la mener en famille. Il leur a été demandé de retirer le noir qu’ils arborent depuis, et que l’entreprise trouve une solution pour les personnes qui n’ont pas encore été licenciées. Ceux qui sont licenciés aujourd’hui sont accusés de faute lourde. Je ne vous apprends pas la loi. Vous savez que dans une entreprise, privée de surcroît, lorsque la perte de confiance est avérée entre l’employeur et l’employé, c’est la conséquence d’une faute lourde. De deux, depuis près d’une semaine, il y a vacance aux postes. Ça été constaté par voie légale. Le préfet leur a demandé de regagner leurs postes, mais rien. L’abandon de poste est une faute lourde.

Les grévistes soutiennent que vous les licenciés parce qu’ils ont adhéré au syndicat…

Nexttel Cameroun ne licencie pas ce personnel du fait de l’adhésion à un syndicat, d’ailleurs,  c’est un droit fondamental. Vous avez plusieurs collègues dans les bureaux qui sont tout aussi syndiqués. Nexttel Cameroun licencie une partie de son personnel par rapport à la performance, parce qu’il n’y a plus de rendement, par rapport à certains agissements douteux que nous avons constatés il y a plus de sept mois. Certains parmi eux sont accusés de vol. Actuellement il y a une procédure en cours pour détournement. Il y a d’ailleurs des plaintes à ce sujet.  Si nous avions toujours voulu garder le calme, c’était dans l’optique de préserver l’emploi dans notre beau pays le Cameroun, et aussi de leur donner la chance de se rattraper. Près de 1000 personnes travaillent chez Nexttel mais il n’y a qu’une quarantaine de personnes qui s’agitent et une vingtaine officiellement identifiée.

Les grévistes ont comme l’impression qu’il y a une volonté manifeste de l’employeur à renvoyer le personnel…

Lorsqu’on crée une entreprise c’est pour donner de l’emploi. On n’a aucun intérêt à licencier le personnel. Mais si par erreur de ce dernier, nous sommes obligés de licencier, nous le ferons tout en payant leurs droits. Actuellement, un recours a été introduit au niveau de la cour d’appel. On devrait normalement tous attendre le verdict afin de palier au problème. Mais nous avons servi les lettres de licenciements à ceux qui ce sont avérés plus dangereux, parce qu’ils ont refusé d’appliquer toutes les recommandations des autorités administratives, invitant à l’accalmie. C’est normal que nous les renvoyions. Mettez vous à la place de l’employeur, monsieur Baba Danpullo. Il est le seul homme d’affaires aujourd’hui, qui n’a pas envoyé les employés en congé technique, du fait du coronavirus. Il a plus de dix mille salariés.

Décrypté par V.T.

 

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