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Couverture santé universelle au Cameroun : le prix de la vie à 6000 francs Cfa à l’Est

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Du suivi des grossesses à la dialyse, en passant par la lutte contre le VIH, le chèque santé sauve des milliers de vies humaines.

 

Hôpital régional de Bertoua. Il est un peu plus de 10 heures ce vendredi 12 décembre 2025. Dans une salle de la maternité, un couple est visiblement heureux. Tangui Xavier Mitongo Ntsoung, le regard rivé sur ses nouveaux-nés jumeaux blottis contre leur mère Edwige Etong ne peut contenir son émotion. « C’est la deuxième fois que le chèque santé m’aide. La première fois, c’était en 2023, toujours des jumeaux ! », s’exclame-t-il avec un large sourire aux lèvres. Son histoire, simple et forte, résume à elle seule le bouleversement en cours dans les foyers les plus modestes de la région. Pour 6 000 francs CFA (environ 9 euros), sa femme a bénéficié d’un suivi complet de grossesse, d’une césarienne imprévue prise en charge sans surprise financière, et d’une couverture post-natale. « Quand on a entendu parler de la césarienne, sans argent, on ne pouvait pas supporter. Mais le chèque santé s’est occupé de tout. Je remercie notre père, le président de la République, Son Excellence Paul Biya, pour cette initiative », témoigne-t-il, soulagé et reconnaissant. Ce soulagement, partagé par des milliers de familles, est le fruit tangible de la mise en œuvre progressive de la Couverture santé universelle (Csu) à l’Est du Cameroun. Depuis près de trois ans déjà, l’initiative redessine le paysage de l’accès aux soins dans cette région.

Lire aussi : Couverture santé universelle : l’Hôpital de District de Bangue sensibilise la population   

Au chevet des femmes enceintes et mères d’enfants, le personnel soignant constate le changement. « Depuis que nous sommes entrés dans la danse de la Couverture santé universelle en 2023, nous recrutons beaucoup plus de patients », confirme Babette Alekou Houmpatou, major de la maternité de l’hôpital de Bertoua. « Même les plus démunis, qui ne pensaient même pas venir à l’hôpital, prennent sur eux de venir maintenant. Grâce à 6 000 francs seulement, on est pris en charge de la grossesse jusqu’à 42 jours après l’accouchement. C’est une bénédiction pour les populations et une facilité pour nous ». Un constat corroboré en périphérie, au Centre de santé intégré de Mokolo1. « Nous sommes passés de 60 femmes en consultation prénatale en 2023 sans chèque santé, à plus de 200 aujourd’hui », explique Gilbert Manaouda, le chef de Centre. L’adhésion est massive pour ce coupon unique qui couvre consultations, échographies, accouchement et suivi post-natal. « La fréquentation a vraiment augmenté, tout comme pour les enfants de 0 à 5 ans. La Csu est vraiment connue et acceptée par la population », affirme t-il.

Lire aussi :Offre sanitaire : le Centre hospitalier régional de Bertoua inauguré   

Prise en charge élargie

L’impact de la Csu dépasse largement le cadre périnatal. Au Centre de traitement agréé (Cta) de l’hôpital régional de Bertoua dédié au VIH, l’infirmière principale Marie Chantal Ntsassou salue cette révolution silencieuse. « Avec la Csu, notre file active a augmenté. Les patients viennent sans hésitation car les consultations, les dépistages, les ARV et même les charges virales sont gratuites du prélèvement au résultat ». Le bénéfice est majeur pour la prévention de la transmission mère-enfant : suivis réguliers, pas de rupture d’ antirétroviraux, diagnostics précoces gratuits pour les enfants exposés. « Les femmes enceintes bénéficient aussi de nombreux examens biologiques (NFS, glycémie, créatininémie…) qui étaient auparavant payants », ajoute-t-elle.

Lire aussi : Couverture santé : les médecins s’assurent  

Au service de néphrologie, le Dr Arnaud Kamgia explique comment la Csu a changé la vie des patients dialysés. « La Csu permet à chaque patient d’avoir au moins ses deux séances de dialyse hebdomadaires, avec une exonération des frais à 15 000 francs par an pour les séances. Les examens biologiques et les transfusions sanguines sont également pris en charge ». Une bouffée d’oxygène pour une trentaine de patients traités régulièrement au centre d’hémodialyse, pour qui la maladie n’est plus systématiquement synonyme de faillite personnelle. A l’Est Cameroun, la Couverture santé universelle n’est plus un concept politique abstrait, mais une réalité qui, jour après jour, sauve des vies et préserve la dignité des familles.

Ange-Gabriel OLINGA BENG

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