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Coronavirus : poussée de fièvre dans les prisons camerounaises

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Dans un document signé le 26 mars, le président de la Commission des Droits de l’Homme et des libertés de l’ordre des avocats craint que la survenance de la pandémie fasse des prisons, de véritables espaces dans lesquels les gestes barrières prévus dans le plan de lutte contre le Covid-19 ne soient pas possibles.

C’est à la fois un cri d’alarme, un S.o.s voire un coup de gueule que Me Christian Daniel Bissou exprime à travers le document de deux pages qu’il a baptisé « Appel (…) à la prise des mesures urgentes dans les prisons ». S’inspirant du Rapport du ministère de la Justice sur les droits de l’Homme de l’année 2018, le président de la Commission des Droits de l’Homme et des libertés de l’ordre des avocats du Barreau du Cameroun rappelle d’emblée qu’au 31 décembre 2018, les prisons camerounaises comptaient 31 815 détenus pour 17 915 places disponibles. Et de préciser que l’effectif total du personnel pénitentiaire était estimé à 4 674 personnes, sur ces 31 815 prisonniers, 18 435 étaient en détention préventive soit 57,9% de la population carcérale.

Pire, s’agissant de la couverture sanitaire, un médecin était affecté à 1 383 détenus. Tandis que le taux d’occupation  de  prisons dans la région du Centre à la même date était de l’ordre de 193% et  299% dans la région du Littoral. Des statistiques qui font dire à l’organe dont il préside aux destinées que « la survenance de la pandémie du Covid-19 fait donc des prisons de véritables espaces clos et confinés dans lesquels les gestes barrières  prévus dans le plan de lutte contre  ladite pandémie ne sont pas possibles ». Suffisant pour comprendre qu’en ces temps où le Coronavirus sévit avec à la clé, la liste des personnes infectées qui s’allonge, les pénitenciers du Cameroun sont en voie de devenir de véritables mouroirs.

Crise sanitaire et sécuritaire

En sus, poursuit Christian Daniel Bissou, « les mauvaises conditions d’hygiènes et les  services  de santé pratiquement inexistants dans ces centres nous amène irrémédiablement vers une crise sanitaire et sécuritaire inévitable ». Lui qui estime qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une menace éminemment prévisible, les prescriptions d’accès ayant été faites au personnel devant encadrer les activités dans les prisons et aux visiteurs. Par exemple, « le gel hydro alcoolique est interdit en milieu carcéral comme produit contenant l’alcool, les prisons sont un réel terreau pour la pandémie du Covid19 », fait-il remarquer non sans préciser au passage que l’Etat du Cameroun suivant des règles de Nelson Mandela est « obligé de garantir le droit à la vie, à la santé physique et mentale des détenus  par la prise en cette période de confinement des mesures d’urgence dans les prisons et tous les centres de détentions ».

Face à ces clichés qui en rajoutent à l’image hideuse que renvoient nos prisons, la Commission des droits de l’homme et  des libertés  du Barreau du Cameroun propose dans l’urgence d’ « accompagner ces restrictions des différentes mesures tendant à désengorger immédiatement les prisons, les problèmes sanitaires pouvant devenir les sources de létalité. Libérer les détenus malades et ou en détention irrégulière ; différer  la mise en exécution des courtes peines d’emprisonnement ; libérer les prisonniers les plus âgés, les femmes enceintes et les handicapés, de même que ceux en fin de peine ; limiter les recours à la détention provisoire durant cette crise sanitaire ». Et de s’interroger sur le décret sur l’application des peines alternatives.

Lire aussi :Lutte contre le Covid-19 en Afrique : UBA débloque 14 millions de dollars

La Commission craint que la rupture des contacts entre les prisonniers et leurs parents et amis conduise nécessairement à un assouplissement sur l’utilisation du téléphone, de la messagerie électronique, de la télé et internet …Qui sont des mesures  de précautions à intégrer  dans le plan d’action gouvernementale de lutte contre le Covid 19 devant en tout cas éviter les violences et mutineries dans ces prisons. Car à la croire, « il s’agit d’un ensemble de mesures de précautions nécessaires mais extrêmement urgentes, destinées à rendre visible les oubliés de notre société enduit dans la promiscuité ». La réponse de Laurent Esso, ministre de la Justice, garde des Sceaux est vivement attendue.

Daniel NDING

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