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Campagne électorale : le meeting et les électeurs

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Le meeting et les électeurs, c’est ainsi qu’on peut caricaturer l’ambiance des premiers jours de campagnes électorale pour l’élection présidentielle du 7 octobre prochain. Les foules que drainent les candidats au fils des descentes, l’accueil et la chaleur des populations, font entrevoir déjà des victoires à l’issue du scrutin, et soulève en même temps le problème de la participation au vote. Les personnes qui constituent les foules sont-elles celles qui iront voter ? « Est électeur, toute personne de nationalité camerounaise, sans distinction de sexe, âgée de vingt (20) ans révolus, inscrite sur une liste électorale et ne se trouvant dans aucun cas d’incapacité prévue par la loi. », selon l’article 45 du code électoral.
Entre faire foule et être électeur…
Cet article de la loi, quoique contesté de tout temps par les partis politiques de l’opposition et la société civile, à cause de la restriction imposée aux jeunes de 18 ans, est celui qui reste pour le moment applicable : toute personne qui n’est pas inscrite sur une liste électorale ne peut pas voter, il n’a même pas le droit de s’approcher d’un bureau de vote, n’ayant rien à y faire. Et comme le jour du vote toutes les activités sont à l’arrêt, boutiques fermées, voitures et motos garées, tous ceux en âge de voter qui ne se sont pas inscrits sur une liste électorale, n’ont rien à faire dehors, ils doivent rester chez eux. Ce jour-là en somme, ceux qui ne peuvent pas voter doivent en quelque sorte avoir l’impression d’être inutiles pour la nation. Ceci est rappelé pour souligner l’importance d’être inscrit sur une liste électorale, et faire comprendre à ceux qui pour quelques raisons que ce soit ne se sont pas inscrits sur la liste électorale quand il était encore temps, qu’ils ont commis une grave erreur. Ils doivent se rendre compte aujourd’hui que le pays est en train de prendre un tournant important de l’histoire à l’occasion de cette élection présidentielle, et qu’ils ne sont pas de la partie.

Malgré un arrêté d’interdiction, Maurice Kamto a rassemblé une foule immense sur deux sites différents de la capitale économique.
Au meeting du Mrc à Bonabéri.

Participer aux mouvements de foule sans être en mesure de prendre part au vote le moment venu, c’est comme se précipiter dans un champ de guerre les mains nues, dépourvue de l’arme, qui dans le cas d’une élection est la carte électorale, le récépissé d’inscription ou tout au moins une certitude d’être inscrit, même si la carte est momentanément introuvable. Il est vrai qu’il existe une communauté de personnes, convaincues pour des raisons religieuses qu’il ne sert à rien de voter. Mais là c’est un autre débat, puisque les membres de cette communauté font pourtant recours aux élus pour leurs actes d’état civil.
L’universalité du vote
A côté de ceux qui font foule et qui se sont délibérément mis hors course en refusant de s’inscrire sur une liste, il y a d’autres Camerounais qui vont malgré eux, assister impuissants aux évènements du 7 octobre. Le sentiment d’exclusion des élections concerne aussi aujourd’hui hélas, les déplacées internes du fait de la crise anglophone. Estimés à 200 000 aujourd’hui par un candidat, ils ne pourront pas voter, ce qui posera au passage le problème de l’universalité du vote.
D’après l’analyste politique et journaliste Jean Baptiste Sipa, tous ceux qui sont habiletés par la loi à voter doivent accéder au vote. S’ils ne peuvent pas y accéder du fait d’une force extérieure, le scrutin ne peut pas être dit universel, et c’est ce qui est redouté en ce moment en ce qui concerne l’élection du 7 octobre. A l’en croire, la situation sécuritaire dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest va en s’aggravant, et va faire en sorte que de nombreux électeurs ne puissent pas accéder au vote parce qu’ils ont quitté le chez eux et sont empêchés physiquement de voter. Et de relever que pour une élection présidentielle, on a une seule circonscription électorale constitué de 10 régions pour ce qui est du Cameroun. Si sur les 10 régions il y a une, deux ou même un demi qui ne peut pas accéder au vote, cela voudra dire que le vote n’est pas universel, et en tout temps il est reconnu que c’est l’universalité du vote qui lui donne une légitimité. Pour le cas d’espèce poursuit l’analyste, conduire les élections en excluant les parties anglophones comporte un risque de valider implicitement la logique de partition du pays. « Je ne crois pas que ce soit la meilleure manière d’organiser une élection qui consacre la cohésion d’une nation », conclut-il.
Exclus du vote malgré eux
Mais que peuvent y faire ces déplacés internes ? Rien du tout en ce moment. La participation aux meetings en masse est la seule issue qui leur reste pour se donner l’impression d’exister dans ce contexte, une sorte de guérison interne d’un mal profond qu’ils vivent mal, et malgré eux. Ces déplacés internes sont plus présents dans les villes le long la route nationale numéro 5, le corridor ouest du pays, de Douala à Mbouda en passant par Dschang et Bafoussam. Ils participent aux meetings avec beaucoup de passion, tout en regrettant intérieurement de ne pouvoir faire plus, parce qu’ils ne le peuvent pas.
De leurs côté, les candidats ne doivent pas se laisser tromper et confondre les foules à l’électorat. Dans l’histoire des élections au Cameroun, il y a des candidats qui se sont laissés bercer par ces foules, mais qui se sont retrouvés avec un score de moins de 2% à l’issue des élections. Les candidats de cette année doivent en tirer des leçons et retenir que le succès d’un ou de plusieurs meeting n’est pas la réussite à l’élection.
Roland TSAPI

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