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Ben Decca : «Il y a de l’adversité gratuite en face de moi»

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Fils bien-aimé du canton Bon’Ebela encore appelé Deido, Ben Decca est une figure emblématique du Cameroun et une forte élite de Deido, de par plus de trois décennies de carrière musicale sur les épaules. Aujourd’hui, après d’âpres négociations, il a accepté d’être à la tête du Léopard Sportif de Douala, qui cherche à sortir la tête de la deuxième division. Pourquoi ce choix ? Quels sont les objectifs et les attentes ?…  Ben Decca a accordé l’exclusivité à votre journal La Voix Du Koat (LVDK) pour répondre aux questions qui taraudent le public. Il nous a reçus ce vendredi 28 août 2020.  

LVDK : Vous êtes le nouveau Directeur des opérations du Léopard Sportif de Douala. C’est quoi un Directeur des opérations ?

Ben Decca : Le directeur des opérations est celui qui sert de coordination entre le conseil d’administration et l’équipe en place, parce que le conseil d’administration de Léopard est à l’extérieur. Mais ce sont des jeunes gars de Deido qui constituent le conseil d’administration. Léopard est une équipe de canton, et le canton avait décidé de remettre l’équipe à la diaspora. Pour l’instant, je suis le Directeur des opérations, c’est à peu prêt le rôle de président de club.

LVDK : Quel est votre cahier de charge ?

Ben Decca : Faire en sorte que Léopard aille en Elite One cette année.

LVDK : Comment appréciez-vous le niveau actuel de Léopard ?

Ben Decca : Léopard est en deuxième division mais je pense que c’est une bonne équipe, et toute équipe dépend de l’encadrement et du recrutement. Cette année je vais essayer de tout faire pour avoir le meilleur recrutement.

LVDK : Vous aurez le financement pour vos ambitions ?

Ben Decca : Bien sûr. Nous n’avons pas ce problème, nous sommes les Deido. Impossible n’est pas Deido.

Lire aussi :Balafon Music Awards : “Souffrance d’Amour’’ de Ben Decca, chanson de l’année

LVDK : Est-ce que Ben Decca donnera des concerts pour financer le club ?

Ben Decca : Pas nécessairement, je n’en ai pas besoin. J’ai une bonne équipe et il y a la solidarité des Deido. Vous pensez que je peux aller voir un milliardaire comme Gabi Kondo et ne pas avoir de l’argent ? Si je vais le voir, il le sortira. Si quelqu’un d’autre y va, il ne s’en sortira pas. Il n’y a pas mal de personnes ici qui en me voyant, peuvent éventuellement subventionner Léopard, à cause de ma crédibilité. Je vois mal me pointer chez Gabi Kondo et ne pas avoir ne serait-ce qu’une partie.

LVDK : Petit Pays a été président de Caïman de Douala, Dinaly également avec Dynamo Fc, mais ils ont presque été poussés à la porte. Vous n’avez pas peur de connaître le même échec ?

Ben Decca : Primo, ce n’est pas moi qui ai demandé. C’est le canton qui est venu vers moi, c’est-à-dire les dirigeants eux-mêmes. Ça fait près de trois ans que je refuse. Akwa c’est Akwa, Dynamo c’est Dynamo. Le Léopard c’est Deido. Nous avons deux emblèmes dans notre village : notre pirogue et notre équipe. Avez-vous déjà vu une seule fois où les supporters décident de s’occuper de tout ce qui est eau durant toute une saison pour l’équipe ? Ce n’est qu’à Deido où les supporters cotisent pour l’équipe, où les propriétaires de ventes emportées ont le devoir de cotiser pour le Léopard. Avec tout ça, ce ne sont pas les fonds qui vont manquer, mais c’est la gestion qui est primordiale.

LVDK : Léopard de Douala est un club communautaire du canton Deido où tous les membres ont leur mot à dire. Et on connait la grande gueule des fils Deido. Les intrigues sous le fait de la passion du football ne manquent jamais. Ça ne sera pas lourd pour les épaules musicales de Ben Decca ?

Ben Decca : Il n’y aura pas d’intrigues. Je suis Deido, avec tout ce que ça comporte. Ce sang fort, cette grande gueule que vous dites, je suis né dedans. Je suis comme eux. Nous nous ressemblons. Ne serait-ce que pour ça. La gestion de l’équipe n’a rien à voir avec les supporters. Les supporters attendent de bons résultats. Il faut qu’ils s’arrangent à stimuler les joueurs à tout moment afin que les résultats soient bons. Quant au financement, il proviendra non seulement du conseil d’administration, de la fédération et des relations que j’ai. Mon carnet d’adresse va servir pour le Léopard. J’ai décidé que c’est un an. Si par bonheur je réussis à faire que le Léopard aille à l’élite cette saison,  j’arrive à la chefferie, je remets les clés de l’équipe au Chef supérieur et je lui dis ‘‘cousin Chef, voici ton équipe. Donne-la à quelqu’un d’autre’’. J’ose espérer qu’ils ne vont pas m’imposer de continuer, parce que j’ai autre chose à faire. J’adore les challenges, c’est peut-être pour cette raison que j’ai accepté. Je suis avec Universal, donc j’ai certaines latitudes. Mes concerts sont programmés. Tout ce que j’ai à faire c’est d’aller en studio sortir mes albums. Universal s’occupe de tout le reste. Ce n’est pas difficile et au niveau de Léopard, j’ai une bonne équipe. Elle est cohérente et c’est des gens responsables, donc il n’y aura pas de problème j’espère, parce qu’on ne sait jamais.

LVDK : Pour amener l’équipe en première division, allez-vous recruter d’autres joueurs, garder le même entraineur ?

Ben Decca : Côté entraineur, je pense que je vais garder le même, mais les joueurs non. Il y a certains joueurs qu’on va changer. L’équipe technique va s’occuper du recrutement. Je viendrai juste voir l’équipe constituée.

LVDK : Vous savez qu’un potentiel échec peut avoir un coup sur vos fans ?

Ben Decca : Non, je ne pense pas. La vie est une péripétie de succès et d’échecs. Tu ne peux apprécier le succès si tu n’as jamais eu d’échecs. Il faut de tout pour faire un monde. Mon évolution dans la musique vient aussi du fait que j’ai eu des échecs. Rien ne prouve que je vais commencer par un succès au foot. Peut-être que je vais commencer par un échec pour avoir envie de continuer. Mais si je commence par un succès, ce n’est pas pour autant que j’aurai la grosse tête. Mais j’aurai au moins le sentiment d’une mission accomplie. Comme j’ai l’habitude de dire, ce que tu fais pour toi disparait avec toi, et ce que tu fais pour les autres restera à jamais. C’est ce que j’ai envie de faire.

LVDK : Vous avez connu le succès dès le début de votre carrière. D’où vient la souffrance ?

Ben Decca : Il y a le côté caché de l’iceberg. Le succès ce n’est pas uniquement de l’argent. Derrière le succès vous avez la trahison, la solitude, des blessures et j’en ai reçu pas mal. Ça m’a endurci, ça m’a rendu plus fort, aussi parce que je me dis que tout ce que Dieu fait est bon. Peut-être qu’il fallait que je traverse tout ça pour être où je suis. Je sais qu’il y a des endroits où ma tête dérange et ça me plaît de savoir que je dérange. Ça me plaît de savoir qu’il y a de l’adversité gratuite en face de moi, parce que je sais qu’ils ne peuvent rien me faire. Quand Dieu vous donne quelque chose, ce n’est pas le commun des mortels qui peut vous l’arracher. C’est Dieu seul. Quand je me réveille chaque matin, je lui demande de continuer à me regarder, à me bénir. Mais le succès des autres ne me dérange aucunement.

LVDK : Notable, président de club, artiste, comment on fait pour ne léser aucune casquette ?

Ben Decca : Je suis Chef de foyer et de par mes origines de Bonatenè, je me retrouve notable de Bonadibo. Dans la tradition, mon père, mon grand-père, mon arrière grand-père ont toujours été les chefs de foyer et les notables. Au niveau de la tradition, la succession est linéaire. C’est à moi de prendre la place de mon père, comme mon père avait pris celle de son père, ainsi de suite. J’ai l’obligation de faire un certain nombre de choses.

Entretien avec Valgadine TONGA

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