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Apparition des mbeatowès : bientôt le beau temps…

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L’apparition en nappes de ces grosses écrevisses -encore appelées mbeatowès en langue locale- du côté de la Dibamba deux jours après les grandes averses abattues sur la ville Douala est, d’après certains traditionalistes Sawa, le grand signe annonciateur de la fin des pluies.

Personne n’y croyait. Même pas les riverains du fleuve Dibamba où il est annoncé l’apparition des mbeatowès. Tout le monde voulait se rassurer de la véracité de la nouvelle.  Bernard Diboti fait partie  de ces sceptiques. Ce chef de famille de 40 ans qui vit de l’autre côté de la ville à Akwa prend la peine d’appeler un de ses frères qui habite la zone de Japoma arrosé par la Dibamba pour vérifier l’information. «L’année dernière les nouvelles de ce genre ont circulé sur la toile avec images à l’appui alors qu’il n’en était rien», déclare-t-il. Cette fois-ci, l’information semble se rapprocher de la vérité.

Plusieurs riverains de Dibamba, à l’annonce de la nouvelle par les premiers pêcheurs dans la matinée de lundi 24 août 2020, se sont rendus eux-mêmes à l’embarcadère pour vivre de près la scène. «J’étais émerveillée à la vue des mbeatowès en mouvement dans une pirogue», nous confie sourire aux lèvres Bernadette Diba. «C’est quelque chose de très symbolique chez nous les Sawa. Je vais en prendre  un peu pour ma famille et pour  les amis», se réjouie-t-elle.

La même liesse doublée à la curiosité qui est  observée dans les villages Sawa dès l’apparition de ces grosses écrevisses. En effet, les mbeatowès ne se vendent pas. D’après Ebellè Wei dans son ouvrage Masoma Ndala, la commercialisation  de ces écrevisses des mbeatowès telle que observée aujourd’hui est relève de la profanation. «Arrivés en nappe comme une manne tombée du ciel et ramassés à la pelle sans grands efforts, ils sont appelés à être distribués gratuitement aux populations», écrit-il. Pour ce spécialiste de la tradition sawa, ce fruit de mer, signe de prospérité chez les Sawa est essentiellement spirituel.

Rivière des crevettes

Selon le pasteur Priso Mugonlè, personne ne maitrise la provenance ni la période de manifestation de ces crevettes «câlinasses» dont  leur présence massive dans les eaux du Wouri a émerveillé à l’époque les portugais de passages. Ils surnommèrent d’ailleurs ce fleuve, rivière des crevettes. Leur apparition peut être annuelle, biennale ou triennale. Pendant la pluie ou un jour ensoleillé, comme il en a été le cas dans la matinée lumineuse du 24 août.

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Les partisans de la thèse mystérieuse, selon cet expert en cosmogonie sawa, attribuent cette apparition à un phénomène divin. Une autre opinion dit que ces crustacés qui vivraient enfouis dans du sable font leur apparition suite à de fortes pluies, seules capables de les déloger de leur refuge. Comme cela a été le cas  ces derniers temps dans la ville. «Mais seulement qui pourrait le prouver ?», s’interroge cet expert. Et les principaux fleuves à jouir de ce privilège sont le Wouri et la Dibamba. «Un miracle !», s’exclame Priso Mungolè. Ces crustacés assureraient aussi aux Douala la vitalité et protection de leurs  disparus depuis l’autre monde sur les eaux de ces fleuves.

D’autre part, la remontée en colonies de ces crustacés vers de la fin du mois d’août et début septembre, est aussi un signe annonciateur chez les Sawa, de la fin de la saison des pluies. La réalité donne raison à cette thèse. Depuis que ces câlinasses ont apparu après les graves inondations, la ville de Douala n’a plus connu de véritables pluies malgré les prévisions alarmantes de la météo.

Félix EPEE

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