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Afrique de l’Ouest : lâché par la Cedeao et l’Uemoa, le Mali ferme ses frontières

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Les deux institutions des États d'Afrique de l'Ouest ont pris une série de sanctions sévères pour forcer la main à Assimi Goïta. Le Colonel dénonce une instrumentalisation de puissances étrangères.

Les deux institutions des États d’Afrique de l’Ouest ont pris une série de sanctions sévères pour forcer la main à Assimi Goïta. Le Colonel dénonce une instrumentalisation de puissances étrangères.

Le sommet extraordinaire de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a été lourd de conséquences pour le Mali. Dimanche 9 janvier 2022, les dirigeants des quatorze pays membres (sur quinze avec le Mali) ont décidé notamment de : la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre le Mali et les pays membres de la Cedeao, le gel des actifs maliens au sein de la Banque Centrale des États d’Afrique de l’Ouest, la suspension des transactions sauf pour les produits de première nécessité et pharmaceutiques. Coupure des aides financières, rappel des ambassadeurs des pays membres au Mali. Le sommet extraordinaire de l’Union économique et  monétaire Ouest-Africaine (Uemoa) a fait de même.

Les deux institutions des États d'Afrique de l'Ouest ont pris une série de sanctions sévères pour forcer la main à Assimi Goïta. Le Colonel dénonce une instrumentalisation de puissances étrangères.

La Cedeao et l’Uemoa sanctionnent le Mali parce que disent-elles, il ne va pas tenir les élections présidentielles et législatives en février 2022. Le gouvernement de transition dirigé par le Colonel Assimi Goïta n’a eu de cesse de démontrer que l’insécurité causée par les terroristes empêche la tenue d’élections sûres, sécurisées et fiables. Pour le président de transition, “la sécurité des Maliens n’est pas à marchander”. Raison pour laquelle le gouvernement, à l’issue d’assises nationales, a vu sa période de transition être prolongée de cinq ans, pour rétablir la paix dans le pays avant toutes joutes électorales. La Cedeao et l’Uemoa ne l’entendent pas de cette oreille. Djihadisme ou pas, elles veulent leurs élections. De quoi faire comprendre au gouvernement malien que les organisations sous régionales se laissent «instrumentaliser par des puissances extrarégionales aux desseins inavoués.» C’est ce que dénonce le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, porte-parole du gouvernement, Colonel Abdoulaye Maiga.

Lire aussi :https://www.france24.com/fr/afrique/20220109-la-junte-propose-un-nouveau-calendrier-pour-le-mali-avant-un-nouveau-sommet-de-la-c%C3%A9d%C3%A9ao 

Dans le communiqué datant du 9 janvier 2022, le porte-parole du gouvernement de transition souligne le caractère «illégal» des sanctions prises par ces organisations pourtant basées sur la «solidarité et l’idéal panafricain». Des sanctions qui ne «sont fondées sur aucun texte communautaire».

Le Mali ne compte pas croiser les bras face à ce qui est perçu comme une trahison des Etats frères, avec des sanctions «inhumaines» pour un peuple déjà durement asphyxié  par le covid. Le pays «prendra toutes les mesures nécessaires en vue de riposter à ces sanctions malencontreuses.» Pour l’heure, le pays a, sur la base de la réciprocité, annonce le rappel de ses ambassadeurs accrédités dans les Etats de la Cedeao. Il ferme également ses frontières terrestres et aériennes avec les Etats de la Cedeao. Le gouvernement rassure «l’opinion nationale que des dispositions ont été prises pour assurer l’approvisionnement normal du pays par tous les moyens appropriés».

Le gouvernement du Colonel Assimi Goïta appelle l’opinion nationale à témoin et craint un «déploiement des forces étrangères contre notre pays… Le gouvernement du Mali appelle à la solidarité et à l’accompagnement des pays et institutions amis.» Les forces de défense et de sécurité et la population sont invitées à rester mobiliser et vigilants. Certains observateurs Camerounais soutiennent que la tenue en cette période d’élections présidentielles serait l’opportunité d’installer par la force quelqu’un à la tête de l’Etat.

Valgadine TONGA

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