Face à la polémique grandissante sur les réseaux sociaux autour du marché d’installation de 21.500 lampadaires solaires autonomes au Cameroun, le président des Communes et villes unies du Cameroun (Cvuc), Augustin Tamba, a tenu une conférence de presse ce mercredi 3 février afin d’apporter des éclaircissements.
Au cœur des débats : le recours au gré à gré dans l’attribution du marché à l’entreprise française Sunna Design, dans le cadre du projet Lucam (Lumière Cameroun). Selon Augustin Tamba, président des Communes et villes unies du Cameroun, l’initiative de l’installation de 21.500 lampadaires solaires autonomes au Cameroun remonte aux Journées économiques des communes (Jercom) de 2023, où Sunna Design a signé un protocole d’accord avec les Cvuc pour accompagner les communes camerounaises dans le domaine de l’énergie solaire.
Les études techniques et financières qui ont suivi ont abouti, en novembre 2023, à la signature d’une convention officielle pour la mise en œuvre du projet Lucam.
Afin de s’assurer de la crédibilité du partenaire, le président des CVUC a conduit une délégation au siège de Sunna Design à Bordeaux, sous la coordination de l’ambassade du Cameroun en France. Cette mission, a-t-il indiqué, avait pour objectif d’évaluer les capacités techniques de l’entreprise et de définir un calendrier réaliste du projet, structuré en deux phases.
Augustin Tamba a par ailleurs souligné que Sunna Design dispose d’une réputation établie en Amérique du Nord et en Amérique latine, renforçant ainsi la confiance des parties prenantes.
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Le projet Lucam se décline en deux grandes phases : la phase 1 porte sur la fourniture et installation de 21 500 lampadaires solaires autonomes dans les 360 communes du Cameroun, la formation de 800 personnels techniques communaux, la création de 1 800 emplois directs et 2 000 emplois indirects.
La phase 2 quant a elle consiste à la fourniture de 85 000 lampadaires solaires supplémentaires, l’installation d’une usine de montage au Cameroun, pour assurer la pérennité du projet et le transfert de compétences
Quid du gré à gré ?
Sur la question la plus controversée, Augustin Tamba se veut catégorique: « Lorsqu’une entreprise étrangère apporte un financement assorti à son offre, la loi n’impose pas un appel d’offres. Le gré à gré est légalement autorisé. »
Il précise que le marché respecte scrupuleusement les lois et règlements camerounais, et que la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, maître d’ouvrage du projet, a été dûment autorisée à procéder selon cette modalité.
Pour le président des Cvuc, Lucam répond à une double problématique : l’éclairage public et la sécurité dans les communes, tout en ayant un impact économique et social majeur.
Il a tenu à remercier le gouvernement, notamment les ministres de la Décentralisation, de l’Habitat et de l’Urbanisme, des Finances et de l’Économie, pour leur accompagnement.
Blanchard BIHEL






